4.30.2006

Résumé de "Turbulente Europe et nouveaux mondes 1914-1941" (Girault, Frank) Troisième Partie

LES RELATIONS INTERNATIONALES EN CRISE ET EN GUERRE (1929 - 1941)

Chapitre VII
La crise économique mondiale et les politiques extérieures

Réalités et perceptions par les contemporains de la crise économique mondiale
La crise dépasse le domaine économique. Elle a des effets politiques mais aussi des conséquences dans le domaine social et culturel. Elle touche tous les pays mais de manières différente. Elle s’abat sur les contemporains qui la « subissent sans bien en comprendre les causes ; du coup ils sont encore moins capables d’y porter rapidement remède. On saisit mieux en sachant cela l’extrême poussée des égoïsmes nationaux qui partout prévalent sur une solidarité internationale pourtant mieux adaptée à résoudre un problème d’ordre global.»

La crise de 1932-1933
On date souvent le début de la crise au krach boursier du 24 octobre 1924 mais ce n’est qu’une origine à une multiplicité de causalités interdépendantes. De même pour la répercutions vers l’Europe, il ne faut pas oublier que dès avant 1929 les indices de la prospérité étaient en baisse. Pourtant il y a un moment ou tout les indicateurs sont dans le rouge : 1932-1933, la crise est alors mondiale.
C’est aussi en 1933 qu’échoue la conférence internationale de Londres. La France, la Grande-Bretagne, et les Etats-Unis ne trouvent pas de compromis. C’est alors la porte ouverte à de nouvelles perspectives telles l’autarcie Allemagne et Italiennes, la préférence impériale britannique ou l’isolationnisme américain.
Les Etats-Unis semblent le plus touchés par la crise. Les indicateurs du chômage, de la production industrielle, des prix de gros du commerce sont les plus affectés aux Etats-Unis. Pourtant elle conserve le stock d’or le plus élevé. L’Allemagne est plus touchée aussi que ses voisins. L’industrie subit une sévère secousse, le chômage est considérable et surtout elle perd une grande partie de son stock d’or. La France parait relativement épargnée. La production industrielle faibli, mais n’étant pas très développée le chômage reste plutôt bas. Surtout elle augment rapidement son stock d’or, les spéculateurs internationaux considérants que le Franc est déjà trop dévaluer pour risquer une autre baisse. La Grande-Bretagne par contre doit annoncer le 21 septembre 1931 la fin de la convertibilité-or de sa monnaie. En avril 1932 la livre se stabilise après une baisse de 33% de sa valeur antérieure. Une autre tradition britannique s’efface avec la mise en place en mars 1932 d’un tarif général des douanes. Les pays du Commonwealth en sont épargnés (conférence d’Ottawa, 1932). Mais un tel changement eut des effets prolongés ; il aboutit notamment à la dévaluation du dollar de 40% en 1934. Les pays neufs, exportateurs de matières premières et importateurs de produits manufacturés, déjà atteints par la chute des prix de gros depuis 1929, subissent les manipulations monétaires. Le prix de coton indice 100 en 1929 atteint l’indice 35 en 1933 ; de même le sucre descend jusqu’à 48% de sa valeur de 1929. En 1932 le commerce mondial baisse de 36% par rapport à 1929. Les pays neuf sont pourtant inégalement touchés selon leur attache à une métropole colonisatrice ou non. Ainsi, les pays d’Afrique sont moins touchés que les pays d’Amérique latines ou le Japon. Ce dernier avait doublé son commerce entre 1913 et 1929, il chute de 35% en 1932 pour retrouver son niveau de 1929 en 1936.

La perception de la crise par les contemporains
Les contemporains sont attentifs aux aspects spectaculaires de la crise que sont le chômage et la destruction des produits agricoles, devenus invendable avec la baisse des prix. Ainsi avec quelques exemples symboliques tels le café brésilien brûlé dans les locomotives ou la destruction volontaire du blé dans les Grandes Plaines américaines, une symbolique du désordre mondial s’installe. Au font les opinions publiques sont plus marqués par les conséquences sociales. Les décideurs politiques agissent et interprètent du coup aussi la crise sous ce point de vue. L’incapacité des experts à donner des solutions viables et l’ignorance de la majorité des responsables accentuent les réponses politiques données à la crise.
Dans les démocraties les effets négatifs des deux solutions disponibles, la déflation et la relance par l’Etat, sont systématiquement reprochées à l’adversaire politique. La seule explication à la crise qui créé le consensus est finalement que le problème vient de l’extérieur. Chaque pays se replie donc progressivement sur soi. L’autarcie, partielle ou totale devient le remède. Inconsciemment, les hommes retrouvent les réaction réflexe de repli sur soi : le nationalisme.
Le Krach étant considéré comme le la cause de la crise et celui-ci ayant eu lieu aux Etats-Unis, il s’installe en Europe un certain antiaméricanisme. Vice-versa en Amérique on reproche l’ingratitude européenne. Devant la baisse des prix on accuse le voisin de pratiquer le dumping, ce qui aboutit finalement les milieux syndicaux et patronaux à soutenir le protectionnisme avec des slogans tels « Achetez Français ! » ou « Guy British ! ». On en vient même à vouloir exclure les minorités du droit du travail. La campagne contre les « métèques » en France et les vagues d’antisémitisme en Europe ou les attaques contre les immigrants prolétaires aux Etats-Unis le montrent bien.
La crise nourrit la xénophobie et le racisme et l’égoïsme national prime toujours sur une quelconque solidarité internationale.

L’impossible concertation internationale (1930-1933)

Contrairement à l’idée que la crise internationale naît suite à la chute de la bourse new-yorkaise, on remarque en fait que des facteurs concomitants aggravent la crise. Pour résumer :
- l’incapacité des grands Etats riches et puissants à organiser un système cohérent des échanges internationaux, en acceptant de jouer collectivement les règles du libre-échange et en aidant les pays en difficulté ;
- le mélange de considérations purement politiques et de considération économiques qui interdit certaines solutions pourtant bénéfiques ;
- la médiocrité et la confusion des analyses théoriques économiques et monétaires, incapables de proposer des schémas claires et efficaces, adaptés à l’ampleur du séisme, d’où de multiples tâtonnements dans le choix des solutions.

Le serpent de la crise se déroule : Etats-Unis, Allemagne, Autriche (1930-1931)
La crise aurait pu avoir des effets salutaires si elle avait débouché sur un assainissement des pratiques boursières. Cette tendance eu bien lieu mais elle fut accompagnée d’autres effets beaucoup plus pervers. Contrairement aux espoirs de la conférence économique mondiale de 1927 les Etats-Unis mirent en application le tarif Smoot-Hawley en juin 1930. Cette décision protectionniste entraîna non seulement une diminution du commerce extérieur américain, et donc des difficultés chez les pays producteurs, mais aussi une vague des hausses tarifaires dans tout le monde.
La France élève ses droit de douane à trois reprises en juillet 1931, mars 1932 et juillet 1933. La Grande-Bretagne se donne les moyens de moduler ses tarifs selon les zones et les produits avec l’Import Duties Act de février 1932. En Europe centrale chacun tente de se barricader par le protectionnisme et le contingentement. La politique adoptée par les dirigeants allemands ne fut pas plus adaptée. Brüning arrivé en mars 1930 au pouvoir décide un active politique de déflation. Conséquence : de 2 millions de chômeurs en 1929, l’Allemagne passe à 3 millions de chômeurs début 1931. Le chancelier dissout alors le Reichstag, ce qui permit aux extrêmes de faire un bon en avant (le NSDAP passant de 12 à 107 sièges). Les épargnants retirent leurs dépôts et les américains retirent leurs investissements. Ces comportements dévoilent la faiblesse de la structure économique de l’Allemagne. En mai 1931 la Kredit-Anstalt fait faillite et en juillet c’est au tour de la Danat, entraînant avec elles d’autres faillites. Le moratoire d’un an sur les dettes intergouvernementales décidé Hoover le 20 juin 1931 ne réussit pas à arranger la situation.

La Grande-Bretagne prend le large (1931-1932)
Depuis quelques semaines, au printemps 1931, pour se prémunir contre la perte de change, des banques d’Europe du nord et celles du Benelux ont converti leur avoir en sterling contre de l’or. De plus les experts critiques le budget du gouvernement travailliste de MacDonald, trop déficitaire. Certains critique les français pour n’avoir rien tenter pour venir en aide à la Grande-Bretagne. Mais en fait personne ne croit que la livre, alors beaucoup trop surévaluée, puisse se maintenir. L’inévitable su produit le 21 septembre 1931, le nouveau gouvernement d’Union nationale décide de ne plus reconnaître la convertibilité-or. Vingt cinq autre pays suivent la Grande-Bretagne (Commonwealth, Etats scandinaves, Argentine, Portugal, Egypte…). La livre perd 25% de sa valeur en quelques jours.
Comme les américains la Grande-Bretagne refuse de jouer le rôle qui lui à été assigné (réguler les échanges mondiaux en tant que première puissance commerciale) pour se concerter sur ses intérêts nationaux. Pendant l’été 1931 la crise est en effet devenue « incontrôlée ». Malgré de vaines négociations menées à Paris et à Londres, le fossé se creuse entre les puissances européennes. Les Français ont obtenu le retrait du projet d’union douanière austro-allemand. Les anglais aussi bien que les allemands les considèrent comme des égoïstes attachés au Traité de Versailles, incapables de sauver l’Europe malgré l’or amassé par la BDF. => soupçons réciproques. Les États-unis pour leur part refusent la demande française d’abandonner les remboursements des dettes de guerre. La Grande-Bretagne, soucieuse de ses relations avec les États-unis continue à rembourser ses dettes (un versement en décembre 1932).
En 1932 l’impasse est complète tout le système financier construit pendant les années 20 s’écroule.

L’impossible concertation pour sauver les Etats danubiens (1932)
[…]

L’échec décisif : la conférence économique internationale de Londres (1933)
A l’échelle mondiale on ne parvient pas d’avantage à trouver de solution globale négociée. Vu les avis et les priorités différents de chaque pays on ne peut réalistement croire en une telle solution.
La France forte de ses stocks d’or veut que les monnaies soient définies sur l’or afin de revenir au système de libre-échange des années 20, tout en refusant d’abaisser ses barrières protectionnistes et de payer ses dettes de guerre. Les États-unis sont farouchement attachés au paiement des dettes de guerre et veulent laisser baisser le dollar pour relancer la hausse des prix sur leur marché intérieur. La Grande-Bretagne débarrassée du libéralisme entend protéger « sa » zone de commerce face à la concurrence « déloyale » des États-unis. Les Allemands comptent sur leur dynamisme industriel pour s’imposer avec des accords économiques bilatéraux ou par la formation de cartel. Les Italiens et les Japonais veulent construire une zone privilégiée, respectivement dans les Balkans et en Chine.
Aussi la conférence débute le 12 juin 1933 dans un pessimisme généralisé. De fait chacun tient à exprimer ses vues et à laisser aux autres la responsabilité de la rupture. Ce sont les Américains qui font finalement échouer la conférence : Alors que la France et la Grande-Bretagne sont sur le point de trouver un accord, Roosevelt envoi un message faisant savoir que, pour lui, la stabilisation monétaire devait se faire à partir de critères intérieurs et non pas sur une base internationale négociée. Le 27 juillet la conférence prend fin sans solution.

La crise nourrit les crises : Mandchourie et désarmement

L’affaire de Mandchourie
Septembre 1931 : l’armée japonaise occupe la Mandchourie. Octobre 1931 : le Japon refuse d’obéir à une résolution de la SDN lui enjoignant de retirer ses troupes de la Mandchourie. 27 mars 1933 : le Japon, unanimement condamné par la SDN un mois plus tôt, quitte la SDN.
L’initiative japonaise trompe les observateurs contemporains car le Japon avait l’air d’un Etat modernisé ayant adopté les principes démocratiques (SU masculin en 1925 ; occidentalisation de la société avec l’essor économique et démographique) et une politique étrangère conciliante depuis la conférence de Washington en 1922 et les accords de 1922 remettant à la Chine T’sing Tao et une grande partie du Shandong. La politique nippone était de poursuivre sa pénétration économique chez ses voisin certes mais de manière pacifique en suivant le credo américain de la porte ouverte. Encore en 1930 le Japon accepte de réduire sa flotte lors de la conférence navale de Londres.
C’est la crise économique qui inverse en fait la donne. Elle dura relativement peu mais fut brutale, pour ce pays très ouvert sur l’extérieur car les marchés extérieurs se fermèrent. Les exportations de soie qui représentaient 36% des exportations japonaises s’effondrèrent de moitié entre 1929 et 1930. Durant la même période le revenu des agriculteurs est divisé par deux. La crise économique et sociale intérieure révéla la fragilité extrême de la « démocratie » japonaise. Les paysans, les ouvriers, les intellectuels étaient déçus du régime politique qui avait selon eux amené la misère. Ceci facilite l’installation d’un nationalisme ardent, par les groupes aristocratiques. Les « sociétés patriotiques » n’avaient jamais cessées d’exister, elles trouvèrent dans la crise un nouveau souffle.
L’ultra-nationalisme se manifestait surtout dans l’armée qui prenait de plus en plus d’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Ainsi en septembre 1931 sans prendre l’avis du gouvernement l’armée basée dans le sud de la Mandchourie (malgré le traité de 1922 reconnaissant la pleine souveraineté de la Chine sur la région) occupent la ville de Moukden, puis bientôt toute la mandchourie. La Chine incapable de parer l’initiative nippone s’adresse à la SDN. Mais la chute du gouvernement libéral au Japon en décembre 1931 et l’arrivée au pouvoir du conservateur Inukaï puis du général Araki bloque toute solution négociée. En janvier 1932 le Japon attaque la ville de Shanghai. En même temps il met en place en Mandchourie un gouvernement fantoche à la tête d’un Etat lui étant en fait soumit : le Mandchoukouo. En mars 1933 il poursuit son avancée dans la province du Jehol au nord de Pékin. Finalement un armistice est conclu le 31 mai 1933.
L’autorité de la SDN qui ne peut rien entreprendre est directement mise en cause. Elle se voit en fait pour la première fois confrontée à une politique de force de la part d’une puissance. Seule l’intervention des autre puissances pourrait forcer le Japon à reculer. Or les Hoover ne peut admettre l’agression du Japon mais sa force navale est trop faible, il se contente de ne pas reconnaître le Mandchoukouo (csq : élévation du budget pour la flotte de guerre en 1933 et 1934 aux États-unis). De son côté l’Angleterre hésite à se heurter à ses anciens alliés. L’Allemagne est divisée entre pro-chinois et pro-japonais et l’URSS n’est pas membre de la SDN et ne veut se mêler des affaires impérialistes.
Au final le Japon garde la Mandchourie et la SDN est affaiblie. La guerre est de nouveau à l’ordre du jour.

Les conférences sur le désarmement
Dans cette situation tendue le désarmement devient encore plus important, cependant toute tentative est un échec.
A la fin de la WWI le retour à la paix aurait du être synonyme de désarmement. L’article 8 du pacte de la SDN prévoyait en effet une diminution contrôlée des armements. En réalité seul les Etats vaincus avaient été contraint de réduire leurs forces armées. Dès lors on assiste à un dialogue de sourds : les vaincus demandent aux vainqueurs de désarmer pour aboutir à une égalité pendant que les vainqueurs attendent une reconnaissance formelle de leur sécurité par les vaincus avant de baisser leur niveau d’armement.
Les accords de Locarno en 1925 avaient paru constituer un début de véritables négociations ; mais la crise économique complique la donne.
La question du désarmement touche toutes les sphères de la société : les militaires qui ne sont prêt à réduire quantitativement leur stock qu’à la condition d’acquérir des armes plus efficaces, les financiers privés ou étatiques dont le commerce d’arme représente des intérêt non négligeables et enfin elle pose des questions morales et psychologique dans une société fortement touchée par l’hécatombe de la WWI (cf. anciens combattant et mouvement pacifistes) (en mai 1932 lors des élections française 88% des candidats prennent position sur le problème). C’est donc un problème clé des RI durant les années 30.
La France en apparence épargnée au début de la crise est suspectée de vouloir profiter de sa situation pour renforcer sa suprématie militaire. Mais à y regarder de plus près elle n’est plus dans la position de force dans laquelle elle avait été en 1914, « les observateurs lucides découvrent une armée désarticulée, dépourvue d’une stratégie cohérente et mal équipée » (Vaïsse). L’Allemagne sont principal adversaire, ne veut négocier qu’à la condition d’obtenir une révision du traité de Versailles. En contrepartie de son annulation ils proposent aux Français une collaboration économique en Europe. Ils ont aussi l’appui des Anglo-Saxons, prêts à abandonner les réparations et résignés à la Gleichberechtigung. Mais en France personne ne veut aller si loin. Elle est accusée de non coopération et isolée. Dès lors le désarmement est un sujet récurent à la SDN. Les Français qui savent que l’Allemagne se réarme clandestinement essayent de l’en empêcher (plan Tardieu en février 1932, « plan constructif » de l’été 1932, tentative de bonne volonté de Herriot après).
La conférence générale sur le désarmement qui s’ouvre en février 1932 à Genève voit donc la France épaulée des Etats de la Petite Entente essayer de retarder le réarmement allemand. Durant la conférence Hitler arrive au pouvoir en Allemagne. Le 14 octobre 1933 il fait savoir que son pays ne participera plus à la conférence et cinq jours plus tard il quitte la SDN (geste symbolique approuvé par 95% des Allemands lors d’un plébiscite). Dans le domaine militaire le règne du chacun pour soi a (aussi) commencé.

Finalement fin 1933, après quatre ans de cris le paysage des RI est bouleversé. La SDN est affaiblie (Mandchourie, quatre des grandes puissance n’y siègent pas : États-unis, URSS, Japon, Allemagne). Le traité de Versailles est caduc (sauf pour les clauses territoriales). La crise a facilité la destruction du fragile équilibre. Un monde incertain est désormais à la merci de ceux qui sont résolus à l’action.



Chapitre VIII
Les défis fascistes et les reculs des démocraties (1934-1936)

Les dictatures et la politique internationale

Les dictateurs « nationaux »
En 1934 la liste des dictatures est considérable. Sous des formes différentes et usant d’idéologies variées elles s’étendent sur une grande partie de l’Europe :
La Hongrie de l’Amiral Horthy (1919), l’Italie de Mussolini (1922), la Turquie de Mustafa Kemal (1923), la Lituanie de Voldemaras (1926), et le Portugal du professeur Salazar (1926) sont le premier groupe de dictature.
La Yougoslavie du roi Alexandre (1929), la Pologne du maréchal Pilsudski (1930), l’Allemagne de Hitler (1933), l’Autriche du chancelier Dollfuss (1933), la Lettonie du président Ulmanis (1934), l’Estonie du général Laidoner (1934) et la Bulgarie du général Georgief (1934) les rejoignent dans un second temps.
Enfin la Grèce du général Metaxas (1936), la Roumanie du roi Carol (1938) et l’Espagne franquiste (1939) s’ajoutent au groupe.
Il ne faut pas oublier l’URSS stalinienne dont la dictature se renforce après l’assassinat de Kirov (déc. 1934).

Pouvoir personnel et nationalisme
Une telle monté en puissance des dictatures change la donne des relations internationales. Les leaders cherchent une légitimation de leurs pouvoirs sans limites dans une politique extérieure qui exalte les aspirations profondes de leurs peuples respectifs. Les Etats vaincus en 1918 cherchent la révision des clause des traités de paix ; pour les Etat à « minorité remuante » il s’agit de souder la Nation en un bloc uni ; pour les Etats estimant ne pas avoir encore acquis l’unité du territoire national il s’agit de « délivrer » les frère vivant hors des frontières. Le chef devient ainsi l’incarnation de l’idéal national ; sa politique extérieure se fonde par principe sur le nationalisme.
Ainsi Mussolini exprime sa latinité par le retour au mythe de l’Empire romain ; Kemal se veut turc et non ottoman ; le roi Alexandre est d’abord serbe même s’il est aussi le souverain, en théorie, des Croates et des Slovènes ; le général Pilsudski ne reconnaît pas les Ukrainiens, les Biélorusses et les Juifs peuplant son pays ; Hitler élève en dogme le mythe de l’Arien et fait du racisme l’axiome de toute sa politique. A sa manière aussi Staline privilégie le national car le mouvement communiste international est subordonné à la défense de l’URSS.
La politique extérieure pour l’exaltation de la nation semble prendre le dessus. Cette volonté est naturellement accompagnée d’une militarisation accrue. D’ailleurs la plus part des « conducteurs » (Führer, Duce, Caudillo, Conduttore, Voïvode…) s’il ne sont pas déjà des généraux, aiment à se montrer en tenue militaire. L’armée pour autant est toujours bien subordonnée au pouvoir politique (cf. purges de l’Etat major allemand par Hitler en 1937 et les purges des généraux en URSS la même année). Mais la préparation des forces armées est souvent bien moins avancée que ce que laisse entendre la propagande.
Dans les relations internationales c’est le camps des dictature qui mène le jeu en n’hésitant pas à recourir à la menace armée, donnant un poids décisif au rapport de forces militaires.

Le rôle de la propagande
Afin de recueillir l’assentiment de la majorité, les dictatures usent d’une nouvelle méthode : la propagande. Déjà expérimentée pendant WWI, elle est ici utilisée en temps de paix. Elle passe par le cinéma, la radio, la censure des journaux, les associations paramilitaires pour la jeunesse. Elle est ponctuée par des énormes rassemblements populaires ou défilés militaires, qui à Nuremberg, qui sur la Plaza del Popolo à Rome, qui sur la place Rouge de Moscou.
La propagande a aussi un impacte fort sur les populations des pays voisins, notamment les démocraties qui sont émerveillée d’une telle « efficacité », d’une telle « adhésion » des foules à leur régime alors que l’on voit justement les difficultés du parlementarisme. D’autre part les dirigeants français ou anglais (interchangeables) semblent ridicules par rapport à Hitler, Mussolini ou Staline chefs irremplaçables. L’organisation de « voyage d’information » ou l’exposition internationale de Paris en 1937 sont d’autre occasion de propagande de la part des dictatures (cf. Hitler et Mussolini)

La « diplomatie-spectacle »
Le chef prédestiné, l’homme d’action, a besoin à tout prix de réussite rapide et spectaculaire ou au moins d’apparente réussite. On dramatise donc les enjeux pour donner un résultat plus brillant et on n’hésite pas à utiliser l’outrance dans les termes de la négociation.
Les dictateurs sont beaucoup plus portés à user d’une diplomatie « ouverte » en affirmant haut et fort leurs intentions que la diplomatie classique. Les discours devant de larges rassemblements humains sont aussi l’occasion de faire « ratifier » leurs politiques. La politique est devenue spectacle.
D’autre part les tactiques changent. N’ayant plus à répondre de leurs actes devant un parlement et leurs décisions, en tant que chef, étant toujours la bonne, les dictateurs peuvent facilement opérer des virages dans leurs stratégies. Jouant ainsi sur le bluff et prenant à revers les adversaire les dictateurs changent les règles du système international : la stabilité laisse place à l’irrationalité.

Hitler temporise, Mussolini s’interroge : les illusions de la négociation

La politique extérieure hitlérienne
Lorsque Hitler est devenu légalement chancelier du Reich le 30 janvier 1933 de nombreux observateurs ont cru qu’il serait manipulé par la droit allemande et suivrait la politique menée jusque là, c'est-à-dire la révision du Traité de Versailles et le rétablissement de la puissance de l’Allemagne. Pendant un an il se tient en effet à cela et joue le jeu des négociations.
Mais dès le début Hitler à en tête la réalisation d’un gigantesque plan. Il le dévoile déjà le 3 février devant les chefs militaires et le 8 février au Conseil des ministres. Il s’agit d’abord de donner au Reich un espace vital suffisant (Lebensraum). Celui-ci comprend l’Europe de l’est jusqu’à la Russie et l’ancien empire Austro-Hongrois. Dans cet espace la race allemande doit domestiquer les races locales. Deuxièmement il s’agit d’éradiquer le communisme (ce qui permet d’acquérir un territoire très vaste par la même occasion). Et enfin il faut « purifier » la race allemande par l’expulsion et l’élimination des juifs.
Est-il dès lors dans la continuité de Bismarck ou de Guillaume II ? Certes on retrouve le programme d’expansion hégémonique sur l’Europe continentale déjà présent dans l’idée de Mittel-Europa. Mais cette volonté est poussée à l’extrême par l’emploi de la force et la composante raciste est neuve. Sur le point de l’emploi de la force armée la détermination de Hitler est immédiate dès février 1933 la Wehrmacht est placée au centre du système politique, économique et culturel nazi. Trois conséquences en découlent. 1) il faut redonner à l’armée une capacité d’action. Il décide en décembre 1933 de porter ses effectifs de 100 000 à 300 000 hommes et lorsque la France refuse de continuer les vaines négociations sur le désarmement (déclaration du 17 avril 1934) il donne six mois à l’Etat major pour réaliser ceci. 2) Il faut placer l’économie au service de l’armée. La Wehrwirtschaft suppose une prise en main de certain secteur de l’économie par l’Etat. Enfin 3) La propagande doit permettre à l’armée de retrouver son prestige auprès de la population. Dès mai 1933 les ouvrages pacifistes sont brûlés sur la place publique.
Avec ces décisions Hitler peut encore paraître comme un continuateur. Bon nombre d’Allemands sont satisfait car ils croient assister à l’achèvement rapide de la politique révisionniste précédente (sortie de la SDN et réarmement). L’armée est satisfaite. Le patronat aussi avec l’épuration des syndicats. Hitler a les mains libres à l’intérieur pour mener sa politique extérieure.
Dans un premier temps il fait preuve de modération. Mussolini avait proposé en 1932 une sorte de concertation entre les quatre grands (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie) pour maintenir la paix tout en admettant la possibilité de révision des traités de 1919. Hitler approuve cette proposition (discours au Reichstag du 23 mars 1933). Ainsi lorsque la France, elle, refus il passe pour un champion de la paix.
En fait Hitler poursuit un double objectif : éviter l’isolement en cherchant des allié durables en Europe et ne pas se faire encercler militairement. Sur le premier point les alliés potentiels sont l’Italie et la Grande-Bretagne. Sur le deuxième objectif il faut empêcher la France de trouver des appuis militaires réels (Pologne, Petite Entente), notamment en faisant clairement comprendre que tout rapprochement avec l’URSS serait un obstacle définitif au rapprochement franco-allemand. Même si Hitler sait depuis le début que la réalisation du Lebensraum ne peut se faire qu’avec un France affaiblie, il évite dans un premier temps les provocations car son réarmement n’est pas encore effectif.

Patte de velours et coups de griffes : réarmer d’abord (1934 – 1935)
Durant ces deux années Hitler continue officiellement de mener une politique conciliante. Mais il profite en même temps de ce calme pour réarmer.
D’abord en janvier 1934 il signe avec la Pologne une déclaration de non recours à la force. Le dictateur Pilsudski se sent en effet plus proche de l’Allemagne que des Français dont l’alliance est perçue comme stérile. (Du coup les français pensent à une alliance avec l’URSS ce qui les éloigne encore plus de la Pologne).
Si Hitler agit de la sorte c’est qu’une politique de force est encore prématurée. Une vaine tentative d’Anschluss en juin 1934 le montre. [Au printemps 1934 Hitler veut accélérer la prise de pouvoir de l’Etat allemand par le parti nazi. Pour cela il faut éliminer les opposants au sein de sa coalition et ceux de gauche. C’est chose faite après la « nuit des long couteaux » (30 juin 1934).] Les nazis autrichiens conforter par le « processus révolutionnaire » allemand essayent de prendre le pouvoir en Autriche. Ils assassinent le dictateur Dollfuss le 25 juillet 1934. Mais contrairement à leurs attentes von Schuschnigg lui succède immédiatement et leur tentative échoue. Résultat : Mussolini place deux divisions aux frontières de l’Autriche pour la protéger face aux « barbares » allemands.
Pas encore assez forts les nazis poursuivent leur politique de temporisation. En février 1934 Hitler donne son accord à un plan de MacDonald autorisant une armée allemande de 200 000 hommes. S’en suit une proposition allemande de limiter le tonnage de sa marine en novembre 1934. En réalité Hitler réarme à tour de bras, mais il ne veut pas être celui qui déclanche la spirale. Ainsi il attend le 16 mars 1935, après le vote de la chambre français d’une prolongation du service militaire et la publication d’un livre blanc britannique justifiant l’augmentation des dépenses militaires, pour, lui aussi, « à contre cœur », instituer le service militaire.
Les négociations de « rapprochement » avec la Grande-Bretagne ne cessent pas. Après l’accord de clearing de novembre 1934, un accord naval est signé le 18 juin 1935. Ainsi Hitler peut dépasser les moment critiques où la faiblesse militaire est trop criante.

Mussolini en position d’arbitre
L’Italie semble devenue une puissance dont il vaut mieux cultiver l’amitié. Mussolini hésite longtemps entre la France et l’Allemagne.
Débarrassé des opposants, emprisonnés ou exilé, et réconcilié avec l’église depuis les accords de Latran en 1929, Mussolini doit encore faire face en 1932-33 à la crise économique et sociale. Il mène une politique de grands travaux, d’assistance sociale et d’encouragement à la natalité. Parallèlement il pratique l’autarcie économique. Toutes les branches de l’économie sont insérées dans un système corporatiste afin d’éviter un désastre commercial et monétaire. On essaye alors de masquer les faiblesses intérieures (1,1 million de chômeurs fin 1933) par des buts expansionnistes sensés assurer la réussite économique. Pratiquement la logique revient à dire : Expansionnisme → conquête territoriales → besoin de forces → « hommes nouveaux ». Mais où faire porter cette volonté expansionniste ? Sur la mediterrannée orientale (ancien empire ottoman, de la Palestine jusqu’au Balkans) ou sur la « corne de l’Afrique » ? Ce qui est sûr c’est qu’il opte pour une politique révisionniste sans laquelle aucune action n’est possible.
Jusqu’en 1934 l’Italie semble s’intéresser aux balkans. Elle dispose déjà d’un « protectorat » sur l’Albanie (traité de Tirana en 1926-27) et mène une politique hostile à la Yougoslavie (revendication de la côte dalmate). Mussolini voudrait profiter des difficultés économiques des Balkans pour s’imposer. Mais c’est d’une part sans compter que lui aussi est en difficulté (baisse de 28% des réserves d’or italiennes depuis 1929) et d’autre part oublier les intérêts que la France et l’Allemagne portent sur la région, respectivement avec la Petite-Entente et le Lebensraum.
Lors de la tentative d’Anschluss Mussolini fais explicitement le choix de l’Afrique pour s’arroger la protection de la France et de la Grande-Bretagne et ainsi éviter que Hitler s’empare de l’Autriche qui est pour l’instant une barrière de protection. La politique de rapprochement entre la France et l’Italie est interrompue par la mort du ministre des affaires étrangère Barthou, victime indirecte de l’attentat perpétré contre le roi Alexandre de Yougoslavie à Marseille par des nationalistes croates aidés de fascistes italiens, le 9 octobre 1934. (Pierre Laval reprend les relations avec le Duce en janvier 1935.)

Les démocraties tentées par l’apaisement

La politique extérieure de Pierre Laval
Pierre Laval est ministre des affaires étrangère de 1934 à 1936. Il se détourne un peu de la politique d’entente avec l’Europe de l’est menée jusqu’à là.
Pendant la durée de ses fonctions on assiste à une résurgence des cartels qui avaient plus ou moins disparus avec la crise de 1929. Début 1933, nouveaux accords de l’Entente internationale de l’acier (EIA) ainsi que d’autre accords sur les quote-parts à l’exportation, sur les comptoirs, ou sur les catégories de produits (Fr, All, B, Lux). 1935 : face au succès rencontré, adhésion de la Grande-Bretagne à ces accords. 1935 : le cartel européen de l’acier est élargi à la Pologne, en 1936 à la Tchécoslovaquie. Laval semble décidé à la conciliation avec les puissances dites fascistes. Dès 1934, Laval dit son « désintéressement » pour la Sarre. Le retour de la Sarre à l’Allemagne après le plébiscite apaise le contentieux franco-allemand. Avec l’Italie la discussion est plus difficile mais finalement Laval est près à payer le prix qu’il faut pour s’attirer le soutien de Mussolini. Lors de leur rencontre en janvier 1935 Laval «laisse les mains libre » à son homologue pour intervenir en Afrique (Abyssine). Les chefs d’état major des deux pays élaborent des accords militaires (jamais signés). Mussolini fixe la date d’intervention en Afrique à l’automne 1935. (NB : les régimes autoritaires ont besoin d’une politiques extérieure expansionniste pour se légitimer)

Les sources de « l’appeasement » britannique
La politique extérieure britannique ne freine pas non plus Mussolini. Octobre 1931 : élection législatives : 56% des voix pour les conservateurs à gouv. d’Union Nationale. Il à 3 principes :
- éviter un affrontement social à l’intérieur car période de tension socialeà le fossé entre riche et pauvres est grand, la relative reprise économique de 1935 ne profite pas à tout le monde à il faut éviter une lutte des classes (remonté des travaillistes aux élections de novembre 1935 : ils passent de 30 à 38%)
- Renforcer la cohésion du Commonwealth et de la zone Sterling.
- Éviter un engagement militaire en Europe où les volontés de changements allemands sont compréhensibles.
Le dernier point est notamment justifié par l’opinion anglaise profondément pacifiste. En 1935 l’Union pour la SDN lance un référendum privé avec 5 questions concernant la SDN : c’est le « peace ballot ». Le résultat est reprit par Baldwin dans sa campagne pour les législatives : « oui à toutes les sanctions, sauf la guerre ». De plus les trois autorités que sont les Foreign Office, le Treasury et les chefs militaires regroupés dans le Commitee of Imperial Defence pensent que la Grande-Bretagne n’a pas les moyens financiers, économiques et militaires pour répondre à une guerre. L’apaisement est le reflet des mentalités et des moyens disponibles.
Il y a aussi des choix qui sont fait : la priorité est donnée à la reprise économique intérieure. Les demandes de crédits des militaires sont repoussés ou amoindries jusqu’en 1935. De plus à partir de 1935 le réarmement est concentré sur l’aviation pour éviter une attaque aérienne allemande et sur la flotte de guerre pour sécuriser les routes maritimes. La préparation d’un corps expéditionnaire pour aider l’Europe continentales est plus ou moins abandonnée : Un nouveau Locarno vaut mieux qu’une entente cordiale renforcée.

La campagne d’Ethiopie (octobre 1935-juin 1936)
La Grande-Bretagne est soucieuse de conserver l’amitié italienne pour freiner l’avancée allemande. Les dirigeants britanniques abandonnent donc leur idée de maintenir un statu quo dans la corne de l’Afrique. Officiellement la Grande-Bretagne dénonce fortement l’attaque de l’Ethiopie le 3 octobre 1935. Mais elle n’est prête à réagir que si la France e la SDN la soutiennent. Finalement aucune sanction militaire n’est prise. On adopte seulement le 11 octobre à Genève un embargo économique vers l’Italie ; mais celui-ci ne touche pas les matières essentielles destinées à la poursuite du combat (fer, acier, pétrole). De plus les États-unis et l’URSS déclarent ne pas tenir compte de l’embargo. à On accepte de laisser tomber l’Ethiopie pourvu que les apparences fussent respectées.
En secret les ministres des Affaires étrangères P. Laval et Samuel Hoare élaborent même en décembre 1935 un plan de partage de l’Ethiopie en zone d’influences économique Italienne, françaises et britanniques. De plus la Grande-Bretagne savait pertinemment qu’elle n’avait pas les moyens de mener une action militaire.
Le 9 mai 1936 le roi d’Italie devient « Empereur d’Ethiopie » et le 4 juillet 1936 la SDN lève les sanctions appliquées à l’Italie.
CSQ : Mussolini abandonne sa politique favorable à un équilibre entre l’Allemagne et le couple franco-britannique + Il se tourne vers Hitler car il a apprécié sa neutralité dans cette affaire. (NB : il lui renvoie l’ascenseur et se garde bien de protester quand celui-ci remilitarise la Rhénanie en mars 1936). In fine il nomme Ciano, conciliant envers l’Allemagne, au ministère des Affaires étrangères le 11 juin 1936.

Les limites économiques du réarmement allemand et le tournant de 1936
Après une période de tâtonnement pendant laquelle il s’agit de relancer l’économie. En septembre 1934 le ministre de l’économie, Schacht, propose un « nouveau plan » pour assurer les bases industrielles de la Wehrwirtschaft réduire les importations et exploiter pleinement les ressources internes. En quatre ans l’Allemagne devait sortir de la crise économique. Dès 1934 la moitié de 6 millions de chômeurs ont retrouvé du travail et la politique de grands travaux (autoroutes, chemins de fer, ports) relance l’économie. Or, malgré l’ingéniosité de Schacht qui maintient une politique des changes stricte, maintient l’autarcie, met en place un système de « speermarks » (ouest) et de troc (est) l’économie allemande se dirige vers l’impasse (le déficit budgétaire double presque entre 1934 et 1936). Il faut trouver une solution à la politique relativement « modérée » de Schacht.
Deux solutions : 1) détendre l’économie de guerre pour relancer le pouvoir d’achat et la consommation des ménage, 2) renforcer encore la Wehrmacht au prix de pénuries pour les civils. En avril 1936 Hitler tranche : se seront «les canons au lieu du beurre ». La politique extérieure du Reich change alors de visage. Non seulement l’économie doit être au service de l’armée mais puisque celle-ci ne suffit pas le territoire doit être agrandi. (Hitler est encouragé par l’exemple de Mussolini)
7 mars 1936 : remilitarisation de la Rhénanie. C’est une initiative personnelle car ces généraux ne le lui conseillent pas. Il gagne le coup de poker car la France ne réagit pas. Certes Sarraut affirme : « Nous ne laisserons pas Strasbourg sous le feu des canons allemands » mais ce ne sont que des paroles. Hitler met à jour la faiblesse française. La puissance militarise est en effet isolée et affaiblie militairement. De toute façon qui à cette époque aurait voulu s’opposer au « fascisme » ? Pour beaucoup d’historien la faiblesse française est le commencement de la fin.

Politiques extérieure et politique intérieures dans les démocraties
Au milieu des années 1930 les faiblesses des démocraties posent la question de la voie à suivre en politique extérieure. Elle prend de plus en plus de place dans le débat politique intérieur. Notamment aux élections législatives (novembre 1935 en Grande-Bretagne, février 1935 en Espagne, mai 1936 en France). Même à l’intérieur des partis il s’opère des séparations quant à la question de savoir quelle attitude adopter vis-à-vis des « fascismes ».
En Grande-Bretagne on assiste à un affrontement dans la presse pour savoir quelles csq tirer de l’échec de la SDN. Le parti libéral et les travaillistes dans l’opposition reviennent sur une position intransigeante contre les fascismes, mais la majorité reste fidèle à l’idée d’une politique isolationniste (non intervention sur le continent) ou d’alliances traditionnelles. La voie des concessions est d’autant plus large que les militaires britanniques sont pessimistes quant à leur force. Le réarmement est essentiellement conçu pour la défense de l’île. On réfléchit même à une alliance avec l’Allemagne. En tout cas lors de la remilitarisation de la Rhénanie en mars 1936 la réaction du Colonel Pownall secrétaire au Comité impériale de Défense est : « Je ne vois pas pourquoi notre pays devrait entrer en guerre parce que quelqu’un a occupé son propre territoire, aussi indécent soit sa manière de le faire. »
En France si Laval est mis en minorité la 22 janvier 1936 c’est certes pour sa politique déflationniste menée contre les fonctionnaires, mais le poids des questions de politique extérieure grandi aussi. On distingue trois positions qui ne recoupent pas les clivages politiques traditionnels :
- Les partisans d’un régime politique autoritaire (version française du fascisme) qui sont prêt à une alliance avec Rome et Berlin quitte à se payer sur l’URSS. Ils sont conscients que la France, vu ses faiblesses, ne peut plus être le gendarme dans l’Europe de l’Est. Cette position est soutenue à droite par P. Laval, A. Tardieu ou Pierre-Etienne Flandrin. Elle intéresse une minorité du parti radical autour de Emile Roche, Joseph Caillaux et Georges Bonnet (sans la remise en question du régime)
- Les défenseurs d’un pacifisme fondé sur la sécurité collective et sur le désarmement (SDN). Il pensent que seule la SDN peut concilier les aspiration françaises à la sécurité et au désarmement. La gauche et la majorité du parti radical suivent cette option. (Mais une fois au pouvoir Herriot, Daladier ou même Blum admettent la nécessité de réarmer)
- Un troisième groupe très hétérogène veut clairement s’opposer à Hitler. Il comprend, à droite Louis Barthou, Paul Reynaud, Luchaire ou le journaliste Henri de Kérillis ; à gauche Pierre Cot, Jean Zay. Or pour eux le choix des alliance était restreint : la Grande-Bretagne se maintenait dans sa position isolée et une alliance avec l’URSS était problématique.
En effet une telle alliance pour peux qu’elle est signée par un homme politique de gauche est taxée de pacte avec le diable. Les militaires aussi sont divisés sur la question. En septembre 1935 le général Loizeau rentre de Moscou favorable à un accord. Mais les généraux Colson et Gamelin sont d’un autre avis (notamment favorable à une alliance avec l’Italie). Dès lors le pacte d’assistance mutuelle signé le 2 mai 1935 à Paris par Laval et Potemkine et sans réelle valeur, faute de majorité pour le soutenir. Il a tout de même un avantage : le changement de position des communistes français qui soutiennent à partir de là la politique « belliciste » (≠ sabotage de l’armée). Mais cet accord va être repris par les uns et les autre comme moyen de propagande. L’Allemagne prend le prétexte de l’encerclement pour justifier la remilitarisation de la Rhénanie. Et la droite française pour discréditer le Front Populaire.
En Belgique aussi les divisions internes sont criantes. Le 6 mars 1936 le gouvernement belge décide d’abandonner sa politique d’amitié franco-britannique pour une position de neutralité totale calculant sur le fait que la passivité face aux puissances fasciste sera payante.

Les début de la guerre d’Espagne
[...]


Chapitre IX
La course vers la nouvelle guerre civile européenne (1937-39)

Les égoïsmes des nouveaux mondes : URSS, Etats-Unis

La stratégie stalinienne
Staline décide en 1928 de quitter la NEP pour foncer vers l’industrialisation de la Russie soviétique au détriment de la campagne. Le plan qui se prépare en 1927-28 exclu un recours à des capitaux étrangers mais opte pour l’exportation de matière première à grande échelle pour pouvoir importer des machines et de l’équipement. Des accord commerciaux dans se sens sont signés en avril 1930 avec la Grande-Bretagne, en avril 1931 avec l’Allemagne, avec l’Italie en août 1931.
Un autre élément qui doit servir à financer cette industrialisation à grande vitesse : la richesse des paysans. Les koulaks sont présentés comme des paysans enrichis, ennemis de la révolution. Les campagnes de dékoulakisation débutent avec le premier plan quinquennal en 1929-30.
Mais puisque l’on fournit un effort à l’intérieur il ne faut pas risquer de se voir engagé dans un conflit à l’extérieur. Le slogan « classe contre classe » adopté lors du 6ème Congrès du Komintern empêche les PC de s’allier à des Fronts Populaire ce qui évite en même temps l’URSS de devoir se lier à un quelconque pays.

La tactique stalinienne
Pendant les années 1920 l’URSS s’était rapprochée de l’Allemagne par une volonté de révision du traité de Versailles. Leurs relations politique et économiques sont cordiales. Encore en 1931 un nouvel accord germano-soviétique vient conforter cette entente. Mais avec la venue qu pouvoir d’Hitler et l’accélération du réarmement allemand il s’agit de se méfier un peu plus. L’URSS multiplie les signes de rapprochement avec les autre pays de l’Europe de l’Est. En 1933-34 beaucoup de pays dont les Etats-Unis reconnaissent le régime soviétique. Staline propose une convention de défense mutuelle à la France, la Belgique, la Pologne, la Tchécoslovaquie et les Etats Baltes.
En décembre 1933 le comité central du PCUS avait en effet admit le principe de la signature de pactes de défense mutuelle et même une éventuelle entrée dans la SDN. Voilà comment Staline compte maintenir la paix en 1933-1935.

Vers le front anti-fasciste ?
L’URSS entre à la SDN en septembre 1934.Lors du 7ème Congrès du Komintern En août 1935 une nouvelle stratégie est définie, le rapprochement avec les autres parti de gauche est maintenant possible afin de former des fronts anti-fascistes. On a déjà vu la tentative de rapprochement avec la France. Mais face aux coups de forces des régimes autoritaires et à la passivité des démocraties l’URSS semble toujours menacée.
S’ouvre alors en 1936 une grande vague d’épuration et d’arrestations en 1936-37.

La neutralité payante
Dès lors la tactique soviétique évolue sur deux plans. D’un coté face aux agressions nazies et japonaise l’URSS participe à toutes les organisation de défenses susceptibles d’enrayer les empiètement à condition toute fois d’être assuré de faire partie d’un mouvement généralisé. Car en effet d’un autre côté l’URSS évite tout geste de déclaration officielle qui susciterait un prétexte d’action de la part des pays fascistes.
Or plus le temps passe et plus la faiblesse des démocraties se fait jour. En Chine l’attaque du Japon en juillet 1937 n’entraîne que de molles réactions. L’Anschluss en mars1938 est accepté sans broncher et la conférence de Munich marque le sommet du « défaitisme » des démocraties. De plus l’URSS est de plus en plus inquiète face au Japon. En juillet août 1938 une guerre localisé avec les forces nipponnes a lieu en Corée. En mai-août 1939 un autre affrontement a lieu en Mongolie-Mandchourie. Comme en Espagne Staline est prêt à aider ceux qui luttent en évitant toute fois de se faire engager dans un conflit. Moscou à en fait peur de se voir attaquée sur deux fronts. Lors du 19ème Congrès du PCUS en mars 1939 une nouvelle ligne est perceptible : l’URSS n’ira pas « tirer les marrons du feu » à la place des démocratie. Le 3 mai 1939 Litvinov, qui était favorable à un rapprochement avec les démocraties, est remplacé, au ministère des Affaires étrangères, par Molotov. Moscou initie une nouvelle politique illustrée par les négociations commerciale qu’elle entreprend alors avec l’Allemagne. Un retour à Rapallo est possible, tout dépend de Hitler.

L’isolationnisme de l’Amérique rooseveltienne
L’égoïsme sacré se manifeste aussi aux Etats-Unis. Pendant les années 1930 les Américain font preuve d’un isolationnisme inégalé. Ils sont peu conscient de la responsabilité qui leur in combe et se conduise comme une puissance régionale à l’échelle de leur continent. Face à la crise Roosevelt à le choix : soit comme Cordel Hull (secrétaire d’état) il relance la machine économique par une concertation internationale ; soit comme le lui conseille son conseillé Raymond Moley il opte pour la ligne « nationale » selon laquelle les Etats-Unis se débrouillent seul et sans se soucier des autres pour résorber la crise. C’est la deuxième solution qui est choisie. Elle est appuyée par
- le Congrès dont les élus sont soucieux de répondre aux intérêts de leurs électeurs (fermiers du Middle-west, cotonniers, métallurgistes).
- Le Sénat le enquête en 1934 sur le rôle de l’industrie de l’armement dans l’entrée en guerre de 1917 à nombreux procès de banquiers et de marchand de canons.
- Loi Johnson de 1934, interdisant tout prêt à un pays qui n’a pas au préalable remboursé toute ses dettes.
Alors que le pacifisme des années1920 semblait être motivé par un non retour à la guerre, celui des années 1930 semble trouver sa légitimité dans l’isolationnisme.
De plus les problèmes européens semblent très éloignés :
- Certaine minorité soutiennent leurs pays (Italiens, Allemands)
- Accueil en héros de Charles Lindbergh
- L’arrivée de réfugiés politique ou raciaux émeut les intellectuels mais ne touche que peu la masse.
- Roosevelt est avant tout préoccupé par la politique intérieure.

Neutres, sauf en Amérique latine
Même si le Président Roosevelt pourrait se permettre une politique extérieur après son triomphale réélection de 1936 il préfère laisser sa majorité adopter une série de lois de neutralités.
- Première loi de neutralité (31 août 1935) : embargo complet sur les ventes d’armes à tout Etat, agresseur ou agressé.
- Seconde loi de neutralité (1er mai 1937) : guerre civile et guerre traditionnelle sont assimilées à pas de vente d’armes à l’Espagne.
- Loi de Cash and carry : toutefois les transactions étaient autorisées pour la vente de produits d’approvisionnement (matières premières, pétrole) pourvu que l’acheteur paye comptant (cash) et qu’il transporte lui-même les marchandises dans son pays (carry).
- Janvier 1936 : loi interdisant tout prêt à un Etat belligérant.
àToute les précaution semblent prise pour éviter un engagement militaire.
Sur le continent américain la logique est autre. Roosevelt veut poursuivre la politique de bon voisinage amorcée par Hoover (mais là aussi c’est pour éviter tout risque de conflit). Le rapprochement sera basé sur deux innovation : en Amérique centrale, le retrait des « marines » et en Amérique latine, le recours aux conférences inter-américaine pour régler les litiges (non intervention étasunienne). Et effectivement l’armée américaine se retire du Nicaragua en 1933 puis de Haïti. En ce qui concèrne Cuba, le Congrès annule le symbolique amendement Platt un traité américano-cubain permet juste le maintien de la base de Guantanamo.
Si lors de la conférence panaméricaine de Montevideo en décembre 1933 la méfiance se sent encore et l’adoption d’un projet d’accord commercial de libre-échange échoue, en décembre 1938 la conférence de Lima montre la solidarité des Etats américains qui décide de s’aider mutuellement si l’uns d’entre eux se voyait agressé.

Assurer la sécurité
Même si dès sont arrivée au pouvoir Roosevelt montre son intérêt pour la stratégie maritime (il fut secrétaire d’Ettat à la marine), au milieu des années 1930 la flotte américaine n’avait pas atteint les plafond fixés par les conférences de Washington en 1922 et de Londres en 1930.
La menace japonaise et les accords navals passés entre la Grande-Bretagne et le Reich en juin 1935 incitent à la prudence. Dès le printemps 1936 demande un gros effort dans le but de renforcer la flotte de guerre. Au début de l’année 1938 il obtient un milliard de dollars de la part du Congrès auxquels s’ajoutent encore un demi milliard après la conférence de Munich.
(La récession de 1937-38 peut aussi expliquer l’intérêt porté au réarmement).

L’apaisement à l’américaine
Pourquoi les Etats-Unis devraient-ils intervenir pour soutenir une France décadente et injuste par sa volonté de maintenir l’ordre de Versailles ? Et pourquoi aider la Grande-Bretagne qui fait de l’ombre au commerce américain en n’ouvrant pas son empire ? Enfin la situation économique des Etats-Unis à l’échelle mondiale s’est un peu dégradé depuis 1929. (Pour cela, création de l’Export Import Bank en 1934 en vue d’aider l’expansion commerciale yankee)
Répartition du commerce mondial en 1935 :
Europe : 50% des exportations mondiales et 55% des importations mondiales
Amérique latine : 8% du commerce mondial
Asie : 15% du commerce mondial
Amérique du Nord : 17% des exportations mondiales et 13% des importations mondiales

Volonté de maintenir la paix par l’entente économique mondiale et la réforme de la SDN. Echec.

De crise en apaisements (1938-1939)

1937 : Les choix silencieux
Après 1936, l’année 1937 apparaît comme un moment de répit. Certes la guerre civile en Espagne continue. Mais si le coût humain est élevé la menace de « dérapage » du conflit reste minime. Après la conférence de Nyon Mussolini qui est peut-être le plus intéressé dans un e action directe renonce à la piraterie dans la Méditerranée. Hitler non plus ne veut pas s’engager pour lui il s’agit plutôt d’une « répétition générale ». La guerre d’Espagne est le théâtre de l’affrontement des idéologies, c’est plus un symbole qu’un véritable enjeu dans les stratégies des puissances européennes. (Illustration par les deux immenses pavillons allemand et soviétique qui se font face à l’exposition universelle de Paris au printemps 1937.)
Quels sont alors les buts de Hitler. Il les exposes lors d’une réunion organisée par le colonel Hossbach le 10 novembre 1937 : Vu que l’autarcie devient problématique et que un rapprochement des démocraties est exclu. Vu que la France et la Grande-Bretagne ne tolérerons pas très longtemps la prédominance allemande en Europe. Il faut continuer la politique de réarmement et prévoir un conflit armé. Cette conférence marque la fin de la politique de prudence. Hitler annonce la nécessité d’édifier par la violence un espace vital sur le continent européen, et révèle à ses généraux ses plans d’annexion. Il fixe la guerre au plus tard en 43-45.
La France est affaiblie et ne peut vraiment gêner Hitler. Chautemps Bonnet et Flandrin ne sont même pas forcement opposés à l’expansion allemande à l’Est. Le problème des relation avec le Royaume-Uni est plus complexe. Von Neurath veut s’en rapprocher alors que Ribbentrop prône une politique plu s radicale. Lord Halifax (ministre des Affaires étrangères) se montre conciliant lors de sa visite à Berlin en novembre 1937. Finalement le 4 février 1938 Hitler choisi von Ribbentrop comme ministre des Affaire étrangères. Alea jacta est. L’Anschluss, début 1938, constitue un bon « test » de la réactivité franco-britannique et puis les gains potentiel valent bien les risques encouru.
Les raisons de l’ « apeasment » :
- Pessimisme des chef militaires : un large accord se dégage des décideurs pour préconiser une stratégie défensive et sans intervention sur le continent.
- Dirigeants politiques acquis à l’ « apeasment » (Antony Eden secrétaire au Foreign Office depuis 1935, remplacé par lord Halifax en février 1938 ; Chamberlain)
- Intérêt économique de la relation avec l’Allemagne : l’Allemagne est un des principaux partenaires économique de la Grande-Bretagne (accords sur les ventes de charbon 13 avril 1933, sur les dettes allemandes, 25 juin 1934, sur le commerce, 1er novembre 1934, reconfirmés en juillet 1938)
La stratégie anglaise repose sur le fait que, divisés entre « modérés » et « fanatiques » l’Allemagne s’assagira si on mène une politique conciliante envers elle. Mais c’était se baser sur une vision erronée de l’hitlérisme et sur une mauvaise interprétation du seuil à partir duquel l’apaisement devient un leurre.
La reconstitution des empires centraux sous domination allemande

Anschluss 13 mars 1938, grignotage de la Tchécoslovaquie septembre-octobre 1938, absorption le 15 mars 1939 + Proximité avec la Hongrie du Général Horthy dont les vue sur la Roumanie oblige cette dernière à signer un accord avec Berlin le 23 mars 1939 à l’alliance de 1914 est à nouveau sur pieds.

L’Anschluss :
- Début 1938 la voie est libre (accord de Mussolini, apaisement britannique certain)
- Faiblesse française : le gouvernement Chautemps est en difficulté il démissionne le 9 mars
- Schuschnigg est isolé parmi des dirigeants favorables au rattachement.
- 12 février : Hitler convoque Schuschnigg et lui ordonne de modifier le gouvernement et d’y faire entrer le chef du parti nazi autrichien Seyss-Inquart.
- Schuschnigg veut organiser un référendum sur l’indépendance autrichienne
- 11 mars : Hitler contraint Schuschnigg de se retirer au profit de Seyss-Inquart
- 13 mars : deux lois, l’une allemande, l’autre autrichienne consacrent juridiquement l’annexion.
- 10 avril : plébiscite ratifiant le coup de force à 97% des voix.

Crise tchécoslovaque :
[…]

Le « chef-d’œuvre de l’apaisement », la conférence de Munich
[…]

1939 : l’année des doubles jeux
Les accords de Munich ont aboutis à deux résultats :
1) le triomphe de le la direction nazie, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. En Allemagne l’opposition est en effet muselée, incapable de contredire un chef qui réalise les souhaits allemands. Les personnes « indésirables » sont éliminées (nuit de cristal du 9 au 10 novembre 1938). La mentalité collective suit à présent totalement Hitler. A l’extérieur chacun se presse pour rallier l’Allemagne. Certains se servent de son appuis pour accéder à leurs revendications. Ainsi la Tchécoslovaquie cède Teschen à la Pologne le 2 octobre 1938 et la Hongrie récupère une bonne partie de la Slovaquie le 2 novembre 1938. La Yougoslavie de son côté accepte le principe de la « porte ouverte » pour le commerce allemand. En Espagne Franco accepte d’augmenter les concessions faites aux Allemands sur le terrain industriel-minier afin d’obtenir un renforcement de l’aide militaire. La légion Kondor joue un rôle important lors de la bataille décisive de Catalogne au début 1939. Et lorsque la guerre se termine en mars 1939 Franco signe directement le pacte anti-Komintern. En février la Hongrie avait fait de même.
2) La France est définitivement abaissée aux yeux de ses habitants mais aussi des étrangers.