4.30.2006

Résumé de "Turbulente Europe et nouveaux mondes 1914-1941" (Girault, Frank) Deuxième Partie

LES RELATIONS INTERNATIONALES DANS L’APRES-GUERRE


Le 11 Novembre 1918 la guerre officielle entre Etats est terminée, pourtant le sang coule encore. Les guerres civiles, révolutionnaires, contre-révolutionnaires prennent le relais. La grande guerre a imposé aux populations d’énormes sacrifices et a surtout réveillé de nouvelles forces. Les dirigeants ne se renouvellent pas et ont du mal à percevoir le nouvel équilibre qui se met en place ; puissances des vainqueurs, humiliation des vaincus et frustrations des populations ont en effet abouti à un nouveau « système des RI ». Avec ces données la paix ne peut qu’être fragile.
Certains imputent la fragilité des RI au système mis en place par le traité de Versailles, ses failles et ses injustices. D’autres mettent le doigt sur le contexte économique troublé par la crise de 1929.
En tout cas on peut découper cette période en trois temps :
- Jusqu’en 1924, reconstruction.
- De 1924 à 1929/30, retour à la prospérité
- Après 1929, crise économique et déstabilisation politique qui débouche sur la WWII.

Chapitre III
La mutation des forces profondes

Conceptions géopolitiques et réalités démographiques

La WWI a contribué à la naissance d’un nouvel ordre dont le centre s’éloigne de l’Europe. La WWI a vraiment mondialisé les RI. Rien d’étonnant si le pdt Wilson propose une nouvelle diplomatie gérée non plus par le vieux continent mais par une organisation qu’il voulait universelle.

L’Europe au centre du monde ?
Mais dans un premier temps il semble que tout tourne encore autour de l’Europe. En effet le 19 mars 1920 le Congrès des EU refuse de signer le traité de Versailles, à cause notamment du pacte de la Société des Nation qui lui parait trop dangereux pour l’indépendance du pays. Le théâtre des querelles se situe tjs en Europe entre les « satisfaits » et les « mécontents »
o Satisfaits : France, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie fraîchement crées, la Roumanie et la Pologne qui voient leurs territoires agrandis.
o Mécontents :l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie , la Turquie, la Hongrie vaincues mais aussi l’Italie qui se sent insuffisamment récompensée.
Les nouvelles obsessions :
La France : sécurité => encercler l’All et la Russie. C’est chose faite en s’alliant avec la Pologne, la Tchécoslovaquisme, la Roumanie et la Yougoslavie. En effet elle crée ainsi d’une part un encerclement de l’All et d’autre part un « cordon sanitaire » contre la Russie. En général ils sont fiers d’eux et se repose sur leur « force noire » dont ils viennent de découvrir les avantages.
Les Italiens : ils ont les yeux rivés sur le terres promises par les alliés en1915 et que Wilson ne leur a pas accordées en 1919.
L’Allemagne : elle est privée de ces ambition de Weltpolitik.
La Russie enfante difficilement de la révolution. Le nouveau régime se voit attaqué de tout part (anglais et fr sur la Baltique, la mer blanche, Noire Caspienne ; et les Japonais et les Américains sur la côte Pacifique.) => complexe d’assiégés, menacés par les ennemis de l’extérieur et les traîtres de l’intérieur. Ils doivent renoncer à exporter la révolution.
Russie + All sont tentés de s’allier comme par le passé pour court-circuiter l’encerclement.

La vision anglo-saxonne
Les Britanniques sont conformes a leur théorie de « balance of power » : une fois l’hégémonie germanique stoppée ils s’emploient a ce que la Fr ne s’étale pas trop. Il s’agit pour eux aussi de maintenir leur suprématie maritime et de gérer la paradoxale concurrence/coopération avec les EU devenus la première puissance mondiale. Ils gardent une vision globale alors que leur force diminue.
A l’inverse la puissance naissante américaine se replie sur elle. Les américains jugent a posteriori la WWI inutile. Leur sécurité est assurée par les barrières naturelles que sont les océans. Seul souci : limiter l’expansion Japonaise. Ils prônent des valeurs libérales présentées comme universelles et pouvant assouvir le BE de tous. Mais ceci est aussi de l’opportunisme pour la nouvelle puissance (^) économique.

Une réalité : la redistribution des forces démographiques
L’Europe perd près de 9 millions d’hommes à cause de la WWI. A ceci s’ajoute la « grippe espagnole » qui provoque la disparition de 1 million de personnes. Toute une génération manque, c’est la « classe creuse ». => Déficit des naissances. L’Europe n’est plus le moteurs démographique du monde. Pourtant globalement qd même croissance démog.
Aux EU la vague d’immigration reprend (800 000 en 1921, contre 1 200 000 avant WWI) et l’Etat instaure des loi de Quotas restrictives (1921 et 1924).
Le cas de la Fr est particulier. Elle perd 10.5% de sa population càd 1,4 millions de personnes. Elle souffre donc de son déclin démographique amorcé à la fin du XIXème. C’est un pb car face à l’All l’armée ne reçoit plus grand monde pour le service militaire + elle a un taux de natalité de 28‰ alors qu’en Fr il n’est que de 18‰. La Fr accueille donc des immigré pour faire face à ce pb (2 890 000 en 1931 [7% de la population] contre 1 160 000 en 1911).

Les bouleversements économiques

Plus important encore sont les mutations économiques qui transforment le rapport de force sur la scène internationale.

La puissance économique des Grands
Aux E-U : déjà première puissance industrielle en 1914 les E-U sont après WWI les premiers sur le plan commercial et financier. Avant le R-U les devançaient à cause de leur force navale, mais en 1920 leur tonnage triple atteignant 16 millions de tonne alors que le R-U stagne avec 18 millions de tonnes. De même au niveau financier après WWI s’est imposé. Ils accumulent un stock d’or tjs plus grand et le dollar est pour qq. années la seule monnaie convertible. Dans le même temps les valeurs américaines détenues par l’étranger diminuent de moitié alors que les invest US à l’étranger doublent.
Les avoirs es pays européens dans le monde fondent. Une partie sert à couvrir les importation une autre est perdue dans la révolution bolchevique. Ainsi les All perdent 83% de leurs avoirs étrangers, les Fr. en perdent 58%, la GB 25%.
Comment les E-U vont-ils gérer cette nouvelle puissance ? A ce moment ils n’ont en fait pas encore pas la conscience de leur force (comme ce sera le cas après WWII). Ils sont encore imprégnés du passé isolationniste. De plus ils surestiment la force de l’Europe. Cette dernière n’est non plus pas encore totalement à terre. Elle totalise encore 45% des exportations mondiales et 52% des importations pour respectivement 15% et 12% pour les E-U. La supériorité US n’est ni écrasante ni celle d’une superpuissance.
Le réflexe défensif US est à l’origine de certains déséquilibres. Les capacités de prod se sont sensiblement accrues et la question des débouchés commence à émerger. L’agriculture par exemple s’est endettée pour fournir le marché européen et en plus l’inflation voit le jour. Pour eux il n’est pas question d’exonérer les pays européens de leurs dettes.

Le commerce mondial aux prises avec les nationalismes
Si la prod globale a augmentée, le commerce mondial lui, stagne. Pendant la guerre chaque Etat a protégé son économie. Après 1918, malgré les « 14 points de Wilson » le protectionnisme reste la règle.
Aux E-U les taxes douanières sont portées de 21 à 38% en 1922. Le président s’autorisant même à passer à 50% pour les nations qui ne lui accorderaient pas la clause de la nation la plus favorisée. D’un autre côté ils essayent de pénétrer sur les marchés étranger : incohérence entre les pratiques protectionnistes et un discours libre-échangiste.
De même en Europe la Fr. le tarif douanier est élevé deux fois de 30% en 1926 (car il est ad valorem et compte tenu de l’inflation…). La GB, pourtant championne du LE maintient le tarif McKenna. Le cas de l’All est particulier car sa souveraineté douanière a été écornée par le Traité de Versailles. En général le commerce intra européen diminue, d’une part car le poumon allemand est blessé et d’autre part à cause des nouvelles frontières apparues avec la disparition de l’Autriche –Hongrie.

Sources d’énergie et relations internationales
La question de l’énergie qui était déjà une préoccupation stratégique au XIXe siècle devient une affaire d’Etat.
Le traité de Versailles l’illustre bien en ce sens que la France s’attribue les mines de la Sarre. Initialement la Haute Silésie devait être cédée à la Pologne. On citera aussi les livraisons de charbon à titre de réparations.
Enfin l’utilisation de chars, d’avions… donne une place de plus en plus importante au pétrole : le M-O ce fait une nouvelle place dans les RI.


Capitaux en mouvement et monnaies incertaines
Détenteurs de capitaux les E-U ont été jugés sévèrement car d’une par ils n’ont pas redistribué (tt de suite) les capitaux et d’autre part car leurs frontière sont restées fermées, de telle sorte que les pays du vieux continent ne pouvaient pas faire redémarrer leur économies.
En effet l’apparition de l’inflation et de l’instabilité des monnaies en Europe rend risqué tout investissement. Privés des capitaux US l’Europe doit emprunter sur le marché intérieur et faire marcher la planche à billets. La masse monétaire est multipliée par 6 en Fr. par 9 en All. Csq : les monnaies ne sont plus convertibles en or et l’inflation fait rage à tour de rôle dans tt les pays. (En 1914 un dollar vaut 4.2 marks, en novembre 1923 il en vaut 4200 milliards)
La stabilisation monétaire s’opère en 1924 pour le mark, en 1925 pour la livre et en 1926-28 pour le franc.
Surtout la monnaie tient à présent une place nouvelle et centrale dans les RI. Elle est un enjeu de puissance, avoir une monnaie convertible permet d’être créancier. Elle est aussi source de rivalité et une arme pour les impérialismes. Elle donne enfin un rôle de premier plan aux banquiers, en particulier les directeurs des grandes banques centrales. Qui sont confrontés aux choix de politiques monétaires divers qui ont forcement leurs avantages et leurs inconvénients.
La restauration d’une monnaie (comme en GB) contente les banquiers mais implique des sacrifices à cause des mesures de déflation (restrictions). Sur le plan extérieur une monnaie forte attire les capitaux mais rends la production nationale moins attractive à l’étranger car chère. A l’inverse une monnaie faible érode l’épargne mais peut faire baisser le chômage et relancer l’économie. Les politiques de déflation créent du chômage ; l’inflation ruine les rentiers. Le dilemme est de taille surtout que tout responsable doit aussi tenir compte de la crise des opinions publiques.

L’ébranlement idéologique et psychologique.

Durand le conflit, la mobilisation des esprits par les états, les « unions sacrées » et les joies de la victoire ou les humiliations des défaites ont fortifié le sentiment patriotique. Mais la mort, la « fatigue des peuples » à partir de 1917, et les promesses imprudentes des gouvernants ou aussi créés des déchirures et des remises en questions dans le tissu des consciences nationales.
Pour comprendre l’évolution des psychologies collectives et leurs influences sur les RI il faut passer en revue qq unes de ses composantes essentielles :
- Les idéologies : (nationalismes, pacifisme, libéralismes, socialisme…) réservoir d’idées structurées ou s’abreuvent les « agitateurs » pour influencer leurs contemporains.
- Les sentiments collectifs : très stables mais aussi assez diffus ils jouent un rôle puisqu’ils puisent dans l’inconscient collectif toute une série d’émotions enracinées, de valeurs morales, de préjugée ou de stéréotypes culturels.
- Les opinions publiques : nourries par les idéologies, les sentiments profonds, les impressions laissées par les événements, c’est l’état chimique de toutes ces attitudes mentales à un moment donné.
Les systèmes représentatifs sont donc bouleversés par WWI. La violence a fait naître deux « culture » opposées et pourtant imbriquées : la culture de paix et la culture de guerre. Ce couple engendre des antagonismes entre libéralisme et autoritarismes, nationalismes et pacifismes, totalitarisme et démocratie. Lequel des éléments va-t-il l’emporter.

Triomphe du libéralisme et de la démocratie ?
La chute du régime tsariste et des dynasties séculaire en Allemagne et en Autriche-Hongrie sonne le déclin du monarchisme. La victoire de 1918 semble être celle de la démocratie et du libéralisme politique.
En effet la république s’installe en All, en Fr. elle se montre triomphante et récupères les provinces perdues par Napoléon III. Les derniers obstacles au SU sautent en It. et en GB ou le vote des femmes est institué.
Pourtant la démocratie est sérieusement concurrencée par les idéologies nouvelles nées de la guerre.

Nationalismes et mouvements nationaux
Le nationalisme prend différentes forme si l’on se place du côté d’un Etat-nation déjà constitué où il fait appel à une rhétorique ultra-conservatrice ou si l’on se place du coté de peuples aspirants à un état et ou on doit plutôt parler de « mouvements de nationalité ». Les uns dde à entrer dans le jeu des nations les autres veulent affirmer leur supériorité.
Hors d’Europe l’essor des mouvements nationaux sont annonciateurs de troubles futurs.
En Europe ces mouvements ont conduit à la dislocation de L’A-H, la restauration de la Pologne, l’agrandissement de la Roumanie, l’indépendance de la Finlande et des Etats Baltes. Mis à part l’Irlande toutes ces nationalités se transforment en Nation constituées.
Une fois les Nations constituée c’est là que le sentiment nationaliste change et ne vise plus à acquérir qqch mais à le maintenir voir à l’étendre (Pologne vs Russie 1920-21)

Le nationalisme des Etat constitués : idéologie et sentiments.
Le nationalisme, au delà d’un sentiment patriotique, devient une mystique qui s’oppose au parlementarisme jugé faible et qu socialisme, traître de la patrie. Il sert à justifier les ambitions extérieures comme les objectifs intérieurs.
Illustrations :
En It. Gabriele d’Annunzio exploite le thème de la « victoire mutilée » et s’empare en sept 1919 de la ville de Fiume que Wilson se refuse d’attribuer à son pays. En All on développe le mythe du « coup de poignard dans le dos », l’armistice est un « diktat ». En Fr. on entretient la peur du bolchevique, la haine du « Boche » et la colère contre la GB qu’on accuse de prendre le partit de l’All (ces idées sont notamment véhiculées par Charles Maurras et Maurice Barrès). Enfin en GB on s’en prend aux ambitions navales des E-U.

Le cas américain.
Les citoyens US, et en premier lieu les agriculteurs, ne voient pas pourquoi ils devraient par les impôts rembourser eux-mêmes l’argent prêté aux Européens. Ils estiment avoir assez consentis de sacrifice en étant entré ds une guerre qui ne leur a rien rapporté. Pour eux tt les avantages sont allés aux financiers et aux industriels. Aussi le traité de Versailles qui comprend le pacte de la SDN est –il mal accueillit par l’opposition républicaine (avec Henry Cabot Lodge à sa tête) et par la presse dirigée par W. Hearst. Malgré les efforts de Wilson pour sensibiliser l’opinion, le vote en faveur du la SDN ne réunit pas les 2/3 du Sénat le 19 mars 1920. Il y a donc un puissant courant nationaliste aux E-U, tt à fait original dans sa forme et dans son contenu : l’isolationnisme. Cet isolationnisme est très populaire de telle sorte que les E-U vont voir leur marge de manœuvre réduite à l’extérieur.

Les nationalismes sont donc différents : « de colère et d’humiliation chez les All et les Hongrois, de frustration et de revendications chez les italiens de hargne et d’inquiétude mêlées chez les Français, de replis chez les Américains : l’idéologie y souvent un moindre rôle que la passion. »

Les Pacifismes
En effet si comme idéologie nationalisme et pacifismes s’opposent souvent, comme sentiment, ils sont encore moins contradictoires qu’avant la guerre.
Le pacifisme sentimental : le refus de la guerre se trouve au cœur des nationalismes. Aux E-U comme en Fr. il faut éviter la guerre car celle si ne serait qu’une guerre de revanche All. L’ex des anciens combattants le montre bien, ils sont très nationaliste mais tiennent la guerre comme une horreur. Tt les monument aux mort expriment plus le deuil et la pitié que la gloire. « Plus jamais ça ! » c’est leur seul cri. (Bien sur le nationalisme révisionniste All des Casques d’acier n’est pas pacifique).
Le pacifisme idéologique est tout autre. Il propose une philosophie internationaliste en matière de politique extérieur. Les pacifistes proprement dits font pression sur leurs gouv. pour le désarmement, ou du moins la baisse du budget militaire, et la sécurité collective à travers le respect du pacte de la SDN. (Art 10 : germes de la sécurité collectives). Le pacifismes idéologique est porté par la gauche en général (syndicaliste, socialistes, radicaux, socio-démocrates, travaillistes…) par les protestants et , fait nouveaux après la WWI par les catholique que Pie XI a su convertir après l’échec de Benoît XV durant la guerre (l’Eglise condamne par ex l’Action Française de Ch. Maurras).

Nationalismes et pacifismes étaient déjà connus avant guerre mais cette dernière favorise l’éclosion de deux nouveaux courants totalitaires : le communisme et le fascisme.

Le totalitarisme communiste : l’horizon de la révolution.
La révolution bolchevique influe sur la diplomatie au moment des accords de paix et est annonciatrice de temps nouveaux et d’un nouvel ordre international. Elle laisse des traces dans les mentalités collectives aussi bien par les espoirs que par les peurs qu’elle suscite.
Nombre d’ouvrier, d’étudiants etc. déçus par la guerre et les injustices sociales adhèrent à cette nouvelle vision. Pourtant ils ne voient pas l’Etat totalitaire qui est en germe à travers les liquidations etc. posées par Lénine dès le dbt de la Russie soviétique. Leurs espérances se confortent par les événements de 1919 à Berlin (révolution spartakiste), à Munich (création d’une république des conseils, à Budapest (mouvement communiste de Béla Kun). Des grands mouvements de grèves parcourent la Fr. et l’It. en 1920.
Ces événements confortent aussi les bolcheviks qui pensent que finalement (car ils se sentent attaqués de tt les côtés) la révolution peut prendre une ampleur européenne. Lénine veut coordonner le mouvement et créé la IIIe Internationale en mars 1919. Au cours de la deuxième réunion en juillet-août 1920 il édicte les « 21 conditions » pour adhérer au Komintern : rupture avec le réformisme, nécessaire dictature du prolétariat, obéissance aux directive de l’Internationale…
Cependant le mouvement d’expansion est vite combattu. Avant la fin de 1919 les insurrections all et hongroises sont écrasées. Les mvt ouvriers en Fr. et en It. sont affaiblis par les scissions entre communistes qui acceptent et socialistes qui refusent la IIIe Internationales (congrès de Tours en 12/1920 et de Livourne en 01/1921). Dès lors le Komintern et les partis communistes deviennent plus un relais de propagande pour l’URSS (créée en 1922) que pour l’idéologie communiste.
Le phénomène créé aussi des réactions hostiles. En Hongrie la violence révolutionnaire déchaîne la violence contre-révolutionnaire et l’amiral Horthy instaure un régime autoritaire. De même l’extrême droite s’installe dans les pays frontaliers de l’URSS ce qui facilite les Occidentaux qui cherchent à l’isoler.

Le totalitarisme fasciste et nazi : l’horizon de la guerre.
Produit indirect de la guerre et des insatisfactions que celle-ci suscite en Italie le fascisme est créé au début des années 1920 par Mussolini. Il inspire beaucoup le nazisme. L’existence de cette nouvelle idéologie montre les conséquences des lacunes de la gestion politiques, sociales et diplomatiques de l’après-guerre.
Le fascisme = thèmes du nationalisme d’extrême droite (exaltation de la patrie + militarisme + antiparlementarisme + antisocialisme) moins le coté élitiste de la droite traditionnelle. En fait le fascisme s’adresse à la Masse.
P. Milza distingue 3 phases dans le fascisme :
· Tire pari de l’humiliation de la guerre, déstabilise le pouvoir libéral en place, combat à la fois les socialistes et les milieux des affaires pour recruter dans la classe moyenne frustrée
· Se rallie aux décideurs économiques en vue de pouvoir arriver au pouvoir
· Une fois installés au pouvoirs (légalement) mise en place d’un Etat totalitaire qui va au-delà d’une simple dictature : « embrigadement des masse, adhésion à la fois forcée et volontaire au culte du chef, du régime et de la patrie par la propagande, la terreur et l’action psychologique le but final étant de créer un « homme nouveau » ». Le nazisme allemand rajoute à cela le racisme.
Le fascisme exalte la grandeur de la patrie et est de ce fait dépendant des réalisations en politique extérieure : son caractère belliqueux le rend dangereux pour la paix.
Le fascisme exerce un pouvoirs d’attraction mais on ne créé pas d’organisation internationale semblable que chez les communistes.

Culture et Nation : le rôle des médias
Les représentations mentales deviennent un enjeu important pour les dirigeants. Ils ont en effet appris durant la guerre que les esprits devaient être mobilisés. Le conflit terminé il faut maintenir la cohésion intérieure, les médias sont une nouvelle arme pour atteindre l’opinion qui ne se résume plus aux seuls intellectuels mais devient un phénomène de masse.
La presse : elle joue un gr rôle ds la construction de stéréotypes. Les campagnes d’information peuvent prendre de l’ampleur considérable (Hearst vs Wilson 1919/20). Elle permet à l’Europe de découvrir l’Américain. En Italie et en Russie elle prend un caractère de propagande. De plus les pays payent les journalistes pour s’attirer leurs faveurs.
La radio : elle devient peu à peu un moyen d’information politique. En 1923 le pdt Harding est le premier à faire un discours radiodiffusé. Le nombre de poste passe de 50 000 en 1921 à 10 millions en 1929 aux E-U. En Europe on est moins rapide, en 1929 la GB a 3 millions de poste et la Fr. en a 600 000. A partir de 1924 les « journaux parlés » sont quotidiens. En Russie les premier programmes apparaissent en 1922 Lénine voyant dans ce média un bon moyen de propagande sans frontière. Néanmoins il faut attendre les années 30 pour que la radio ait un réel impact sur l’opinion publique.
Déjà avant la guerre il est devenu une industrie (Ch. Pathé et L Gaumont en Fr. ; W Fox et les frères Warner aux E-U) A travers les western l’Amérique se forge une image mythique. En URSS le cinéma permet de populariser la révolution. (Eisenstein : La grève, 1924 ; Le cuirassé Potemkine, 1926) En All le cinémas exprime à travers l’art expressionniste les angoisses d’une sté (Métropolis, et Nosferatu, le vampire, 1922) Le cinéma parlant qui s’impose au début des années 30 permet de développer les actualités cinématographiques, puissant moyen d’influence sur les opinion publique.
En littérature il y ceux qui se font l’écho des haines populaires. Ainsi René de Touches (Pages de gloire et de misère, 1917) et Henry Malherbe (La flamme au poing, prix Goncourt 1917) pour la France. D’un autre côté certains écrivain comme Henri Barbusse (Le Feu, prix Goncourt 1916) sont pacifiste ou bien simplement réaliste, décrivant les horreurs des carnages (R. Dorgelès, Les croix de bois, prix Femina en 1919 ou Maurice Genevoix, Sous Verdun, 1916). En fait le nombre croissant de traductions contribue à connaître mieux l’étranger et donc à moins procéder des amalgames, il naît en fait une distinction entre une All militariste et belliqueuse et une autre romantique et libérale.
Le monde scientifique reste plus rigide. Les rancoeur contre les anciens ennemis persistent Ainsi lorsque est créé le Conseil International de Recherche en juillet 1919 les puissances centrales ne sont elles pas invitées. Seul Einstein, invité à présider la Commission internationale de la coopération intellectuelle de la SDN, fait exception.
Le sport, loin de se conformer à l’idéal formulé par P. de Coubertin en 1896, il est devenu un moyen d’expression de la puissance des nations. L’All n’est admise aux JO qu’en 1928. Et le premier match de foot France-All en 1931 provoque de vifs incidents entre supporters.
Le tourisme international permet aussi de former les images que les gens se font d’un pays. En Fr. ont voit affluer les Anglo-Saxons sur les champs de bataille.

Les images des autres
La révolution Russe donne une image menaçante du Bolchevique (cosaque avec un couteau ensanglanté entre les dents). En Fr. on se souvient de la trahison de Brest-Litovsk. Et on ne pardonne pas la non reconnaissance des dettes. Avec la fin de la guerre civile les contacts se « normalisent » et chacun voit en Russie ce qu’il aimerait y voir selon ses affinités politiques.
L’image des All n’est pas la même en Fr. qu’en GB on l’a déjà évoqué.
Les Anglais n’ont pas bonne presse à l’étranger. En Fr on leur reproche leur proximité avec l’All. Aux E-U la GB est une rivale en matière navale. Et enfin l’extrême gauche dénonce la puissance de la City et l’empire colonial (notamment la répression en Inde)
L’image des Fr. est changée par la guerre. En plus de la réputation intellectuelle s’ajoute maintenant la ténacité guerrière. L’intransigeance envers l’All et l’occupation de la Ruhr donne lieu à des interprétations diverses selon les bords politiques.

La politique culturelle, partie intégrante de la politique
Dès la fin de la WWI les Etats prennent conscience de l’importance de leur image de marque dans le monde. D’où l’intérêt qu’ils portent à leur politique culturelle.
En Fr. le Service des œuvres françaises à l’étranger doit assurer « l’expansion intellectuelle fr au dehors ». La même année est fondé le Service de presse et d’information. En 1922, création de L’association française d’action touristique liée au Quai d’Orsay. La GB suit l’exemple et fonde en 1934 le British Council.
A la propagande de guerre succèdent des initiatives privées pour diffuser la langue, ouvrir des écoles… C’est une des armes de l’impérialisme des grandes puissances.


Chapitre IV
La nouvelle vie internationale

Emergance des E-U, isolationnisme de l’opinion américaine, déclin économique de l’Europe, eurocentrisme des Européens, irruption du communisme et du fascises, exaspération des nationalismes et aspirations profondes à la paix voilà qq unes des mutation provoquées par WWI. Les responsables politiques ont du mal à se faire à cette nouvelle donne et à redéfinir leurs politiques extérieures et leurs ambitions.

Le redéploiement des impérialismes

Qu’est –ce qu’une grande puissance ? Ou le club des sept.
· La puissance : « capacité d’imposer sa volonté aux autres »
· Une puissance : « Etat capable de modifier la volonté d’individus, groupes ou Etats étrangers » A la limite tt Etat est une puissance puisqu’il peut imposer son existence.
· Une grande puissance : « Etat qui à lui seul assure sa sécurité contre tout autre puissance prise isolément » Mais la grande puissance n’est pas que militaire et diplomatique il faut aussi prendre en compte des critère économiques, et culturelle. De plus ses dirigeants doivent manifester leur volonté de peser sur la scène internationale.
En 1914 huit pays pouvaient prétendre à ce titre : la GB, l’All, la Fr, l’A-H, la Russie, l’It, le Japon et les E-U. En 1918 ce chiffre est descendu à cinq ou sept selon que l’on enlève la Russie et L’All en plus de l’A-H ou pas. Comment ces puissances ont-elles adaptées leurs ambitions nationales après les bouleversements provoqués par la guerre.

Les puissances vaincues ont-elles des ambitions ?
La Russie soviétique connaît de phases ds sa politique extérieure : Jusqu’en 1920/21 elle est révolutionnaire, encourageant les autres pays la révolution et défensive, puisque attaquée. Après cette date la révolution s’apaisant, le réalisme s’impose. Elle tente de rentrer à nouveau ds le jeu des puissances en normalisant ces relations diplomatiques. Le mot d’ordre pour Tchitcherine est la « coexistence pacifique ». Pour se faire entendre la Russie n’hésite pas à lier des liens avec l’All.
L’All de son côté veut briser le carcan du traité de Versailles et retrouver sa position de 1914. Ne pouvant espérer une révision des traités sur les questions territoriales et de limitation de la souveraineté (Sarre, militaire…) ils sont pourtant tous d’accord de se battre contre le diktat de l’article 231. Deux techniques s’offrent à eux : la politique de résistance refuse tout compromis (soutenue par H. Stinnes) et la politique d’exécution (soutenue par W. Rathenau). Jusqu’en 1923 c’est la résistance qui prévaut (sauf lorsque Rathenau est ministre).

Ambitions italiennes et japonaises.
L’objectif des vainqueurs est de profiter de la guerre. Cependant l’It et le Jap doivent se résigner à revoir leurs objectifs à la baisse.
L’Italie est frustrée de la tournure que prend le règlement de la paix. Les promesses ne sont pas tenues malgré les sacrifices consentis. On distingue les « dalmatiens » qui revendiquent l’application du traité de Londres de 1915 (annexion de la Dalmatie + protectorat sur une partie de l’Albanie) et les « renonciateurs » qui prônent un rapprochement avec la Yougoslavie et réclament en échange la ville de Fiume. Entre 1919 et 1922 les gouvernements se résignent à la conciliation.
N’oublions pas que la dislocation de l’A-H, permet aussi de nouvelles ambitions économiques. L’impérialisme italien peut suivre d’autres voies que celle des revendications territoriales. D’ailleurs en arrivant au pouvoir Mussolini hésite à adopter la politique extérieure qu’on lui connaîtra plus tard.
La guerre renforce la puissance du Japon. L’industrie profite de l’éclipse des Occidentaux dans la région durant le conflit. Le Japon voit dans la Chine la solution à tout ces problèmes (matière première, produits alimentaires, débouchés pour la prod…). Sa position est déjà forte par sa présence économique en Mandchourie, militaire en Russie et dans les anciens comptoirs all et son influence sur la Corée. Les japonais espèrent transformer la Chine en un protectorat par l’application du « traité des 21 dde ». Mais lors de la conférence de Washington en 1921-22 les puissances occidentales donnent un coup d’arrêt à l’expansion japonaise qui doit se limiter à des ambitions économiques pacifiques.

La Grande-Bretagne ou la puissance satisfaite.
Le RU peut être considéré comme le principal bénéficiaire du règlement de la paix. Ces objectifs sont tous atteints : la fin de la suprématie économique de l’All, le désarmement naval de Reich, une grande influence ds la SDN, l’obtention de nombreuses colonies en Afrique et surtout une position de force au M-O. En plus du contrôle de l’Anglo-Persian et de la Turkish Petroleum datant d’avant la guerre, la GB obtient les mandat sur la Palestine, la Mésopotamie (accords de San Remo et traité de Sèvre) et sur la Perse (accord avec Téhéran). Certain ont parlés de « pax britanica ».
En fait malgré le début du déclin de la GB (la prod manufacturière de 1929<1914) align="justify">Le mythe de l’isolationnisme américain.
Les E-U doivent résoudre la contradiction inverse : l’opinion est profondément isolationniste alors que les E-U ont acquis la force de pouvoir intervenir.
Si le principe de base est dès lors le non-entanglement (le fait de n’être lié à personne) la politique US n’est pas isolationniste ds las faits, la devise de Harding est « America first ». L’impérialisme américain est musclé en Amérique du sud. Ils arrivent à imposer leur volonté lors de la conférence de Washington (égalité navale avec Gb notamment). Au M-O le bras de fer avec la GB permet aussi aux entp US de profiter du pétrole à partir de 1928.
Ce n’est qu’en Europe que les E-U semblent vouloir éviter tout engagement. Non ratification du traité de Versailles, intransigeance quant aux remboursements de la dette compromet le redressement de l’Europe. Si bien sur les E-U agissent sous la pression du Congrès et du « Farmer bloc » c’est aussi pour marquer leur supériorité face à la GB. La faiblesse de l’Europe (dollar gap notamment) permet aux E-U de substituer la diplomatie du dollar à celle ouverte.

La France entre sécurité et puissance.
En 1919 la Fr est victorieuse, elle est perçue comme confiante et sûr d’elle-même à l’étranger. Mais de l’intérieur les dirigent trouvent leur situation trip précaire. Le refus de signer le traité de Versailles annule les garanties des frontières fr par les E-U et la GB. De plus l’All est intacte et sa population est largement supérieure à celle de la Fr : La supériorité de la Fr risque d’être temporelle. L’objectif de sécurité devient prioritaire, il faut à tout prix maintenir l’All ds une position de faiblesse.
Pour y parvenir deux méthodes sont utilisées. Jusqu’en 1924 la droite au pouvoir adopte une politique d’intransigeance face aux all demandant l’application totale du traité de Versailles. Ceci comporte un risque : donner une image impérialiste de la Fr et l’isoler. Aussi à partir de 1924 le cartel des Gauche privilégie une politique plus conciliante. Il s’agit aussi de s’assurer la sécurité mais par une autre méthode.
Un trait commun persiste : la volonté d’encercler l’All. La Fr se rapproche pour cela des pays voisins de l’All (Belgique, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Roumanie). Pour autant elle ne développe pas l’armée mobile qui devrait compléter cette politique. (Ligne Maginot !)
En dehors de la recherche de sécurité la Fr a une incontestable volonté de puissance e d’expansion économique. 4 domaines d’illustrations :
· Elle développe un « projet sidérurgique » qui doit asseoir son hégémonie dans le domaine. Pour cela elle compte tirer tout les profits possibles du traité de Versailles qui lui ouvres les porte de l’All pendant cinq ans (l’All doit céder les mines de la Sarre, lui livrer près de 27 tonnes de charbon, lui accorder pendant cinq ans la clause de la nation la plus favorisée)
· La Fr a des ambitions économiques en Europe centrale. En effet en plus de la dislocation de l’A-H le traité oblige la liquidation des entp all sur ce territoire. Les Fr en profitent : la firme Schneider se constitue un véritable empire avec 73% de Skoda, la majorité des mine d’Ostrawa et des usines métallurgiques de Trinec, enfin elle pénètre aussi le milieu bancaire (Bodenkrédit, Autriche et Banque générale de crédit hongrois)
· La troisième action est pétrolière. Le commissaire aux Essence Henry Bérenger remarque la dépendance néfaste de la France sur le plan énergétique. Après de longues négociations le s accords de San Remo donnent les parts que la Deutsche Bank détenait de Turkish Petroleum à la Fr. Cela lui assure dore et déjà 25% de la production, de pétrole qui pourra être découverte en Mésopotamie. En Roumanie 12.5 % de la Steauna Romana sont détenus par des capitaux fr. En 1924 la création de la Compagnie fr des pétroles sous l’impulsion de Poincaré, démontre la volonté d’échapper aux directives des Anglo-saxons.
· La quatrième ambition est un projet d’impérialisme colonial. Il ne s’est pas vraiment concrétisé mais on en voit les traces. La Fr, contrairement à la GB ne s’appuie pas complètement sur les ressources des colonies pour développer l’économie de la métropole. Pourtant avec la guerre on commence à entrevoir les possibilités qu’offre l’Empire. Albert Sarraut ministre des colonies prépare en 1921 un plan de 4 milliards de francs-or pour équiper et mettre en valeur les colonie au profit de la métropole. Le plan Sarraut est sans lendemain. L’engouement des capitaux privés reste extrêmement ciblé (Indochine, Maroc, Syrie, Liban). En 1928 les importations coloniales représentent seulement 12% des importations totales, pour les exportations ce chiffre est de 16% (cf. chiffres de la GB)

Le redéploiement de l’impérialisme français.
Après WWI aux horizons perdus, russes et ottomans, succèdent, à la faveur de la victoire, les espaces nouveaux de l’Europe centrale. Pour Schneider « Skoda doit remplacer Poutilov ». D’autre part alors qu’avant WWI on pouvait parler d’un impérialisme bancaire fr, le conflit profite aux industriels. En effet grâce aux commandes militaires leurs moyens sont considérablement accrus et leurs liens avec le pouvoir se sont renforcés. Ce sont eux, et non les banquiers, qui accueillent avec enthousiasme la baisse du franc qui fav les exportations.
Le Parti colonial et les Partisans de l’expansion en Europe centrale sont des groupes de pressions qui se forment alors pour faire coïncider la carte des alliances militaires avec la pénétration industrielle. A la différence de la GB ou des E-U l’impérialisme fr est par contre très dirigé par l’Etat. Le rôle du Quai d’Orsay et du ministère des finances est primordial alors pour établir les stratégies.
Finalement les capitaux fr tiennent la première place en Yougoslavie et en Pologne (quoiqu’ils soient à peine plus nombreux que ceux US), ils occupent la deuxième place derrière la Gb en Tchécoslovaquie et dans le pétrole roumain.
(Relation parfois difficiles entre administration et industrielle car buts différents : sécurité et puissance)

Une nouvelle diplomatie ?
Le 1er des « 14 points de Wilson » montre l’idée de s’acheminer vers une nouvelle diplomatie, ouverte, déployée au grand jour et sans alliance secrète. La diplomatie connaît certes des changements, mais ils sont bien plus lents que ne l’aurait voulu le père spirituel de la SDN.

Les diplomates : traditions et changements.
Après WWI un certain nombres de défis attendent les diplomates : l’écroulement des Empires, l’émergence de nouveaux Etats et de nouvelles idéologies, l’irruption de l’inflation sur la scène internationale, la pression de plus en plus forte de l’économie et des finances sur les négociations internationales et la mise en place de la SDN. Si ils ne se sont pas entièrement adaptés il serait faux de prétendre qu’il n’y ait eu aucun changement.
En France la formation des diplomates reste la même. Ils sont recrutés par le grand et le petit concours du Quais d’Orsay créé en 1877. Deux langues sont requises et les « notes de stage » permettent de vérifier les « bonnes manière » des futurs diplomates. De plus les dédommagements accordés aux diplomates étant peu élevés il était important de disposer d’une fortune personnelle pour pouvoir tenir bonne table à l’étranger. Ainsi on recrute dans l’aristocratie, la haute bourgeoisie. L’attachement aux traditions ne favorise pas les changements. Malgré cela Béranger (ambassadeur aux E-U) était parlementaire, Francois-Poncelet (en All) était agrégé de lettre et fonctionnaire et Herbette (URSS) publiciste.
De même en GB, en All et en It l’aristocratie reste globalement en poste. En Russie soviétique les changements sont plus radicaux.
Rôle des diplomates change en ce que les chefs d’Etat et de gouvernements voyagent plus et traitent directement entre eux. Les ambassadeurs prennent alors de plus en plus le rôle d’informateur à l’étranger. Ils sont pour cela aidé par des attachés militaires et financiers. Les diplomates qui restent dans la capitale assurent la continuité de la politique étrangère face aux changements de ministres. En Fr ce sont en particulier le secrétaire général du Quai d’Orsay.

La naissance de la SDN.
L’idée d’une organisation supranationale qui puisse régler les conflits est ancienne. La conférence de La Haye de 1899 décide la fondation d’une Cour permanente d’arbitrage. Ces compétences restent limitées car les Etat sont libre d’avoir recours ou non à sa juridiction. La notion de « société des nation » apparaît lors de la seconde conférence de la Paix à La Haye en 1907 mais elle n’a alors qu’une signification morale. Elle prend une sens politique et juridique précis dans l’ouvrage de L. Bourgeois Pour la Société des Nation (1910). Le conflit mondial donne de la force à son idée qui est soutenue par Wilson depuis 1916. En 1918 le dernier des quatorze points porte sur la formation d’une « association générale des nations ». La même année lord Robert Cecil prend la tête de la League of Nation Union qui regroupe des assoc fav au projet. De même en Fr. L. Bourgeois fonde L’Assoc fr pour la SDN.
Le pacte de la SDN est adopté à la conférence de Paris le 28 avril 1919. Ce texte est incorporé à tous les traités de paix. Le Conseil se réunis pour la première fois le 6 janvier 1920 à Paris alors que l’assemblée est convoquée en novembre à Genève, siège de l’organisation.
Dès le départ la SDN doit faire face à deux faiblesses :
· Le refus des E-U d’y adhérer en mars 1920 efface l’universalité de la SDN qui devient une organisation européo centrée. L’absence des E-U, de la Russie soviétique et de l’All nuisent à se représentativité. Pourtant les 42 membres originaire (vainqueurs plus 13 neutres) regroupent ¾ de la population mondiale. Plus tard l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud resterons marginalisées, d’autant plus avec l’entrée des vaincus (entre 1920 et 1922, l’All en 1926) l’entrée des Etats Baltes et de la Finlande en 1920-21, de l’Irlande en 1923 et de l’URSS en 1934.
· Les autres faiblesses résident dans ses institutions et son mode de fonctionnement. L’unanimité requise par l’art 5 donne un droit de veto à tous les membres petits ou grands ceci menace son efficacité. La SDN n’a donc pas de pouvoir supranational elle reste une simple alliance d’Etats souverains. Les compétences reparties entres l’Assemblée et le Conseil ne sont pas bien définies.
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SDN

Le Secrétariat Le Conseil L’Assemblée
Prépare les documents - Membres permanents Se réunis tous les
les rapports et les réunions. GB, FR, IT, JAP, (US) ans en septembre
(ALL en 1926, URSS en 1934) à Genève
- Membres non permanents
4 à l’origine, 6 après 1922,
9 après 1926, élus par l’Assemblée

Article 5 : les décisions doivent être prise à l’unanimité
Article 10 : garantie mutuelle de la sécurité entre les membres de la SDN
Article 16 : prévoit des sanctions pour tout Etat qui ne respecterait pas les règles du pacte
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Le rôle principal des organes est d’inciter au désarmement sur les bases de l’article 10. Mais d’une part même si les sanctions économiques sont obligatoires les sanctions militaires sont que facultatives, les Etats ne sont pas obligés de les appliquées. D’autre part les vision de la GB et de la Fr diverge : la première prône le désarmement immédiat alors que la Fr craignant une attaque allemande veut la « sécurité d’abord ! »
En 1922 l’Assemblée adopte la résolution XIV qui affirme que le désarmement est subordonné à la sécurité des pays. En 1924 le protocole de Genève semble résoudre le problème en introduisant l’arbitrage obligatoire. Mais le projet avorte avec le retour des conservateurs au pouvoir en GB. Dans ce domaine la SDN est notoirement inefficace, elle ne peut empêcher les nombreux conflits entres 1920 et 1923 : les guerres russo-polonaises et greco-turques, la crise de Fiume, l’annexion de Vilno par les Polonais et celle de Memel par les Lituaniens.
Les mandats ne lui posent pas trop de problème en ce sens qu’elle n’y prête pas un œil très attentif.
L’administration de la Sarre est une tache délicate mais relativement bien remplie.
L’administration de la ville de Danzig est plus laborieuse.
En revanche l’arbitrage pour le partage de la Silésie de Nord qui aboutit en 1921 est une réussite.
La SDN n’a en effet pas faillit dans tous les domaines. Ses succès sont pour la plupart pendant son age d’or de 1925 à 1930. Un nouveau type de fonctionnaires est né dont Jean Monnet est le prototype. Il y en a 120 en 1919 et 700 en 1931. Il faut aussi souligner le rôle qu’est joué par les organismes auxiliaires comme l’OIT avec son secrétariat permanent le BIT, le HCR, l’Organisation économique et financière. Très vite la SDN eu aussi une vocation économique. La conférence de Bruxelles en septembre 1920 n’arrive pas unir les pays pour tenter de freiner la crise financière. Pourtant la SDN réussi à sauver l’Autriche de l’effondrement monétaire en 1922

Les délaissés ou les relations internationales hors de l’Europe

La dépendance coloniale
Même si WWI a commencé à secouer les équilibres coloniaux la marque de la dépendance est encore très forte. Elle se voit dans les domaines politiques, économiques, et culturels. Devant chaque gestion et devant chaque réaction des « indigènes » différente, bref face à la diversité des situations les historiens ont tendance à parler des impérialismes au pluriel.
Un trait demeure constant pourtant c’est le fait que les habitants des colonies sont considérés comme des « mineurs » qui n’ont pas droit de citer. La remise en cause de la colonisation par les intellectuels ou par les partis communistes affecte peu les consciences.
Pour les mandats la SDN crée une commission permanente des mandats qui doit veiller à ce que l’acheminement vers l’indépendance se fait mais la majorité de ces membres sont issus des grandes puissances coloniales. La GB donne par exemple un semblant d’indépendance à l’Irak qui peut gérer des chemins de fer qui ne lui appartiennent pas ou qui doit demander l’autorisation de la puissance britannique pour effectuer des mouvements militaires. Pour les mandats A de la Fr sur la Syrie il faut attendre la révolte sanglante des Druzes en 1925 pour qu’on commence à réfléchir à la question. En fait les puissances coloniales on acceptées le principe de self government de Wilson sans penser le mettre réellement en pratique.
Les premier remous se font sentir dans les colonies ou les structures traditionnelles sont restées très présents, ou la religion est puissante et ou les cadres locaux formés aux principes démocratiques les retournent à leur avantage.
C’est le cas en Inde ou Gandhi organise une nouvelle forme de lutte : la désobéissance civile qui réuni les paysans et les castes supérieures. En Indonésie le Sarekat Islam, créé en 1912, et le Parti national indien, créé en 1927, et dirigé par Soekarno demandes aux Néerlandais de participer à l’administration du pays. En Indochine l’industrialisation est plus avancée et les revendications sont appuyées par les idées socialistes (mouvement dirigé par Nguyên Ai Quôq, futur Hô Chi Minh) mais les résultats sont encore faibles. En Egypte l’arrestation de Zaghloul Pacha leader du parti indépendantiste Wafd en 1919 entraîne un soulèvement national durement réprimé. Finalement Londres reconnaît l’indépendance de l’Egypte en 1922 (mais elle y maintient des bases militaires et contrôle le canal !!)

Secousses au Moyen-Orient
En Turquie les Grecs essayent de conquérir du terrain mais le Général Kemal avec son mouvement de libération –unité repousse les Grecs. En avril 1920 une Grande Assemblée nationale réunie à Ankara consacre la naissance de la nouvelle Turquie. La consécration de la victoire est obtenue lors de la conférence de Lausanne qui fixe les frontières du nouveau pays en juillet 1923. Certes cette libération ne se fait pas sans douleurs et de haine => grands déplacements de populations turques et grecques avec la mise en place des nouvelles frontières.
En Afghanistan et en Perse les jeunes chefs Amanulah (nouvel émir de Kaboul) et Reza Kahn (devient shah en 1925) font jouer les rivalité entre les bolcheviques et la GB pour obtenir l’indépendance politique. Les accords sur le retrait des troupes européennes sont signés en 1919-1920 pour l’Afghanistan et en 1920-1921 pour la Perse.
La libération économique de la zone par contre ne se fait pas dans les années 20. En effet les compagnies pétrolière usent des rivalité locales pour asseoir leur hégémonie, alors que les locaux ne sont pas encore à même de faire jouer les rivalités entre les firmes pétrolières pour les affaiblir. En général les européen maîtrisent la zone malgré l’intérêt grandissant de l’URSS.

L’Extrême-Orient s’éveille
Cette région (Chine et Japon) parait beaucoup plus susceptible d’engendre des conflits.
· Situation du Japon : dès le début de WWI le Japon entreprend son ascension vers le statu de grande puissance et la guerre va aider ce mouvement grâce à la paralysie de l’Europe qui favorise le commerce nippon. L’indice de production industrielle passe de 10 en 1910-1914 à 160 en 1915-1919. Le nombre d’ouvriers a augmenté de 60% et le commerce extérieur qui représentai 15% du revenu national avant guerre passe à 20% à la fin du conflit. Malgré les conflits sociaux de 1920-1921 l’importante hausse démographique ne ralenti pas, le taux de natalité est tjs supérieur à 30‰. Dès lors la question est de savoir où est ce que le Japon va écouler sa production industrielle et ou est ce qu’il va chercher la nourriture et l’espace pour la population grandissante. Il a des vues sur la Chine. Mais les Anglo-saxon se méfie de cette puissance grandissante. Le japon a multiplié les bases dans le Pacifique ce qui inquiète les américains aussi bien que la GB traditionnelle puissance maritime dominante. C’est pourquoi le pdt Harding organise la conférence de Washington. Durant cette conférence ils arrivent à freiner le Japon, mais surtout les E-U obtiennent l’égalité des forces navales avec la GB qui doit abandonner son Two Power Standard. Cette conférence consacre les nouvelles puissances Américaine et japonaise.
· Situation de la Chine :
Depuis la chute de la dynastie manchoue en 1911, les rivalités entre seigneurs affaiblissent le pays. Elle n’a aucune raison de s’engager dans le conflit. Finalement les Alliers obtiennent son entrée en guerre (envois de 200 000 coolies en Europe) contre une dispense de payer ses dettes pendant cinq ans. Là est justement le pb de la Chine : elle est très endettée, principalement envers le Japon. Par les 21 demandes de 1915 le Japon s’octroi un quasi protectorat sur une partie du territoire de la Chine et aussi sur la police, l’armée et la marine et dans de vastes domaines économiques.
Le sentiment national de la Chine s’exprime lorsqu’elle est reléguée au deuxième plan lors des délibérations de paix à Versailles. Le 4 mai 1919, à Pékin se déroulent une puissante manifestation étudiante qui s’étend dans le pays dénonçant l’occupation japonaise et les impérialismes occidentaux. Ces troubles n’ont pas beaucoup de résultat et la Chine reste soumise à des traités inégaux. Ce qui lui profite par contre c’est la peur qu’ont les occidentaux de l’expansion nippone. Lors de la conférence de Washington (nov. 1921-fév. 1922) la coalition anglo-saxonne réussit freiner les ambition Japonaises sur la Chine (il doit notamment restituer le Shandong à la Chine).
A partir de 1924 le Guomindang, coalition hétéroclite de communiste, de bourgeois et de nationalistes, réussit à fédérer le pays en s’affirmant contre les seigneurs de guerre et les impérialismes occidentaux. Le mouvement révolutionnaire est soutenu par l’URSS qui instruit les cadres du parti. Pourtant la bourgeoisie n’entend pas trop bouleverser les rapports sociaux et alors que le leader du mouvement, le général Tchang Kaï-chek a presque unifié les pays on assiste à une rupture entre les nationalistes et les communistes. Le gouvernement de Tchang reste le seul maître. Mu par le nationalisme la Chine réussit à obtenir l’autonomie douanière et la souveraineté pour la levée de l’impôt. Les grandes puissances commencent à la prendre en compte sans pour autant s’en inquiéter.
· Les autres régions :
Des mouvements indépendantiste ou nationaux naissent mais ils ne sont pas encore assez puissants pour remettre en cause l’hégémonie du colonisateur et en particulier la GB. L’Inde est plus remuante, les promesses de self-government ne sont pas tenues (massacre d’Amristar du 13 avril 1919) ce qui pousse le Congrès Party à ne plus coopérer. A la fin des années 20 : campagne de désobéissance civile. La crise économique des années 30 renforce encore le mouvement.

L’Afrique oubliée
L’Afrique est un territoire partagé entre les grandes puissances les territoire des perdants de la WWI sont redistribué par la SDN (Mandats A, B, C) et personne ne conteste le « découpage » donc ce continent reste en dehors des troubles. Les quelques soulèvement (guerre du Rif en 1925 et parti Wafd en Egypte) ne parviennent pas à contaminer le continent.

L’Amérique latine sous tutelle
L’Amérique latine est le terrain de chasse privé des yankees. Les E-U croient encore à la doctrine Monroe selon laquelle la destinée des E-U est de contrôler l’évolution du continent. En Amérique du sud la présence économique des E-U est prédominante. Les capitaux US sont deux fois plus élevés que ceux de la GB et 15 fois plus que ceux de la Fr. De plus ils entretiennent le commerce en achetant des matières premières et en vendant des produits manufacturés. En 1928 les E-U achètent 37% des exportations d’Amérique latine.
La domination est aussi politique la SDN manque d’autorité pour gérer les conflits entre le Chili et le Pérou et entre la Bolivie et le Paraguay et c’est une commission américaine qui joue les négociateurs. Du coup plusieurs pays quittent la SDN.
Dans les Caraïbes les E-U agissent sans complexe : c’est la politique du « Big stick ». Les marines interviennent directement au Nicaragua, au Salvador, à Honduras… Pourtant on sent une volonté de changer de méthode. On créé un tribunal de l’Amérique centrale qui a pour mission de régler pacifiquement les litiges. Le pdt Hoover déclare lors de son élection vouloir ouvrir un désengagement et une politique de bon voisinage.

En résumé les relations Internationales dans les années 1920 sont relativement paisibles. Les mouvements d’indépendance ne donnent pas encore lieu à des décolonisations mouvementées. C’est seulement en Europe que les relation restent vivent et déterminantes.


Chapitre V
La faillite de l’ordre versaillais (1920-1924)
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Chapitre VI
L’Europe stabilisée par le dollar (1924-1929)
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