4.06.2007

Avant toute chose...

Ce blog rassemble des travaux (dissertations, exposés, fiches, cours...) d'histoire.
Vous trouverez les énoncées et les liens vers les travaux dans la colonne de droite sous Previous posts (parfois tout en bas de la page).

Les travaux sont de qualités différentes. Certains sont rédigés sous formes de notes, d'autres sont soigneusement mis en forme. Il se peut évidement que certaines erreurs se soient glissées entre les lignes. Finalement la rédaction (découpages des parties, orthographe...) compte moins que les informations contenues dans les travaux (bibliographies, axes de réflexions...). Je tiens aussi à faire remarquer que les puristes de l'orthographe seront peut-être déçus ici!

Les travaux rassemblés sur ce blog ont tous fait l'objet d'une lecture de ma part. Les annotations en rougemarquent les incohérences notables ou le besoin de précision. Cependant ce sont des travaux qui ont nécessité une étude non négligeable (pas de copié-collé à partir de la toile à moins que ce ne soit clairement spécifié). Je tiens par conséquent à vous faire part de ma confiance en leur contenu.

Les auteurs des travaux ne seront pas connus. Les auteurs sont 'ils des lycéens? des étudiants? des doctorants? des professeurs? des amateurs d'histoire? A vous de juger. Tous les travaux sont par contre publiés avec l'autorisation de leurs auteurs.

4.30.2006

Résumé: "Turbulente Europe et nouveaux mondes" (Girault-Frank) Première Partie

LES RELATIONS INTERNATIONALES FACE A L’EPREUVE DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Chapitre 1
De la guerre courte à la guerre longue

Les illusions de l’été 1914

Les plans prévus
Les responsables militaires prévoient un schéma en trois phases :
- mobilisation et regroupement des troupes aux frontières
- choc des armées dans une guerre rapide
- exploitation décisive de la victoire
Le tout serait réglé dans un délai de 6 semaines à 3 mois. Les lois militaires allemandes, françaises et russes de 1912-13 ont organisé une armée de métier active.
Théories de l’offensive : Allemagne à plan Schlieffen. France à plan Joffre. Seuls les grands sont pris en compte ds les prévisions d’un choc frontal. Il n’y a par exemple pas de négociations franco-italiennes car on suppose la neutralité de l’Italie (accords de 1902)

L’Union sacrée
Partout les mobilisations sont réussies. Malgré les craintes (congrès de Stuttgart en 1907 et Bâle en 1912 : création de la IIème Internationale ouvrière. Liste B en France …) il n’y a pas de manifestation pacifiste notable ni de refus d’aller au combat.
Néanmoins il n’y a pas que de l’allégresse et de l’enthousiasmeà plutôt sens du devoir à accomplir « sans forfanterie et sans faiblesse » (Becker). On se mobilise contre une agression extérieure illégitime. La défense de la patrie l’emporte sur l’internationalisme.
Partout la guerre est justifiée face à une menace d’agression à Danger russe en Allemagne, danger allemand en France, invasion de la Belgique, répétition de 1870… L’entrée en guerre est donc un réflexe naturel de défense pour des peuples dont les consciences ont été préparées au patriotisme (rôle de l’école, de l’armée, de la presse et du sport…)
Ainsi peut on aisément expliquer le vote des crédits militaires par l’ensembles des partis, notamment la SFIO et le SPD à Union sacrée = Burgfriede. Dans tous les pays : les unités nationales l’emportent au début de la guerre

La diplomatie de coalition et les buts de guerre
Rappel des épisodes militaires entre août et novembre 1914 :
· A l’ouest : victoire des allemands aux batailles des frontière et de Charleroi (20-24 août). L’Allemagne atteint l’Aisne et la Marne. 5-9 septembre : bataille de la Marne : succès français, le générale Joffre poursuit les Allemands qui refranchissent l’Aisne et la Marne le 25 septembre. En novembre le front se stabilise. Exit la guerre de mouvements.
· A l’est : Offensive accélérée des Russes en Prusse orientale. Mais fin août le général Hindenburg reprend l’initiative et détruit deux armées russes, une à Tannenberg (27-30.08) et l’autre aux lacs mazures (8-9.09). Parallèlement les russes repoussent une offensive austro-hongroise en Galicie et repoussent les troupes impériales vers les Carpates. En sept/oct une guerre de mouvements oppose les trois armées en Pologne. Au bout de trois moins de guerre nul ne l’emporte et on sait que la guerre va durer.
Les buts de guerre : la propagande affiche partout une lutte pour la défense de la Patrie, du Droit et de la Justice. Mais parallèlement il est clair que la France veut l’Alsace-Lorraine, qu’on veut sortir la Serbie de sa vassalité et libérer la Belgique. En Allemagne les plans pour la victoire sont déjà évoqués. Bethmann-Hollweg a prévu la « Mitteleuropa » durant la bataille de la Marne, et Solf (ministre des colonies prévoit une « Mittelafrika » dès septembre 1914. Du coté des alliés on se borne à signer un accord (5 sept. 1914) qui interdit toute paix séparée avec les empires centraux. Néanmoins en France et en Russie on imagine le règlement du conflit bien au-delà du simple retour à la situation antérieure : il s’agit d’instituer un « ordre nouveau »

L’élargissement des enjeux : la guerre au Proche Orient
Faut-il en fini avec le dogme de l’intégrité de l’Empire ottoman ? En effet malgré le sursaut du nationalisme turc (les « jeunes turcs » sont au pouvoir depuis 1909) l’Empire ottoman reste « l’homme malade » dans les RI. L’Empire est donc au centre des préoccupations des puissances belligérantes :
Partenariat avec l’Allemagne dans l’armée ottomane grâce à Enver Pacha, l’homme fort du régime. La Russie espère sa neutralité pour pouvoir se concentrer sur son font ouest. La France et la Grande-Bretagne espère une coopération ou la neutralité : les Britannique ont peur d’une « guerre saint » dans le nord de l’Afrique et les Français veulent maintenir leurs intérêts financier dans le pays.
Conscient de ses faiblesses l’Empire ottoman essaye de rester en dehors du conflit le plus longtemps possible. Mais en sept/oct l’Allemagne pousse à l’entrée en guerre. (Une entente politique secrète avait été nouée peu avant le début de WWI). La flotte ottomane bombarde par surprise les ports russes en mer noire (fin octobre). Le 1er novembre la guerre est déclarée. La guerre dépasse l’Europe, elle se mondialise.
L’Empire ottoman, allié des centraux est condamné à la victoire s’il veut garder son intégrité territoriale. L’entente projette déjà le partage par les accords Sykes-Picot en novembre 1916 à la Grande-Bretagne annexerait l’Egypte, les Russe prendraient les détroits, la France prendrait des intérêts en Syrie et en Palestine, neutralisation de Constantinople voulue par le Tsar.

Le cas japonais ou la guerre en Asie
Le Japon déclare la guerre à l’Allemagne le 23 août 1914. Son intervention se limite au théâtre des opérations en Asie/Océanie. Le Japon fait « sa » guerre. Il assure la sécurité nationale et son expansion dans la région (annexion de la Corée déjà en 1910) mais refuse d’envoyer des soldats en Europe.
Depuis 1898 l’Allemagne possède des concessions en Chine qui lui assure une autorité sur la presqu’île de Shandong. Les Japonais, alliés aux Britanniques depuis 1902 lacent un ultimatum à Berlin pour lui concéder ses concessions. Le 7 novembre 1914 l’Allemagne capitule à prise de possession par le Japon de l’archipel des Mariannes, de l’archipel des Caroline et des îles Marshall.
A l’automne 1914 la guerre est mondiale.

L’interminable guerre européenne : le passage à la guerre longue

Vers une diplomatie nouvelle
Après 6 mois de combats, seule certitude : la guerre va durer. Situation : d’un côté Empires centraux + Empire ottoman. De l’autre, France (+empire), Grande-Bretagne (+empire), Russie, Serbie, Monténégro, Belgique et Japon. On utilise la diplomatie classique (alliances et forces militaires) mais on a aussi recours à de nouveaux procédés de luttes ce qui débouche sur la guerre totale.
Guerre totale = mobilisation et engagement de toutes les forces disponibles (àforces militaires classiques + puissances économique, commerciale et financière + influences idéologiques et culturelles) en vu d’un succès total sur l’adversaire. Elle mène à une paix dictées et non négociée.
Le propagande est à double tranchant : on érige en dogme des idées simplistes dont il n’est pas facile de se défaire. D’où le recours à une diplomatie ultra-secrète, en dehors des Parlements. Les élus de la nation ne sont plus informés par le gouvernement.
Pb d’adaptation des dirigeants aux nouvelles exigences de la situation de guerre longue. Ils ont tous été élevés au XIXème siècle et restent souvent prisonniers des raisonnements de leur époque.

1915 : guerre et diplomatie en méditerranée
Mai 1915 : une forte offensive allemande, épaulée par l’Autriche-Hongrie, perce les lignes russes en Galicie. En juillet c’est la Pologne centrale qui est conquise. En août/sept le front s’établit en Lituanie/Biélorussie.
Les Alliés, sur l’initiative de Churchill 1er Lord de l’Amirauté, tentent une expédition dans les détroits pour faire la jonction avec les Russes. Mais la politique de « petits paquets » envoyés au combat sur la presqu’île de Gallipoli est un échec. L’expédition des Dardanelles échoue et la Russie reste isolée.
L’attention se porte alors sur 4 pays restés neutre qui apparaissent dès lors comme stratégiques : l’Italie, la Grèce, la Bulgarie et la Roumanie. L’Espagne et le Portugal sont trop excentrés par rapport aux combats, ils restent neutres.
L’Italie a deux options : rester neutre ou se joindre aux alliés. Ses revendication (Trentin, Trieste, côtes Dalmates…) l’empêchent en effet de se joindre à l’Autriche-Hongrie ; d’autant plus que l’expansion autrichienne dans les Balkans inquiète l’Italie. Au contraire un engagement aux côtés de l’Entente permettrait de dépouiller l’Autriche-Hongrie et offrirait de nouvelles perspectives avec la chute de l’Empire ottoman. Après l’expédition des Dardanelles l’Italie présente une liste de revendication en échange de son entrée en guerre (à Trentin, Sud-Tirol, Trieste, l’Istrie, la Dalmatie, le port de Valona en Albanie, Somalie-Erythrée). Grey (UK) et Déclassé (FR) acceptent précipitamment. C’est une aubaine pour eux, surtout que l’entrée en guerre de l’Italie risque d’entraîner celle de la Grèce, de la Bulgarie et de la Roumanie.
Les Russes (Sazonov) par contre acceptent difficilement les revendications italiennes ; Ils sont en effet les protecteurs des slaves dans les Balkans. Il faut donc leur concéder Constantinople, les côtes européennes des détroits ainsi que les îles Lemnos et Imbros : la carte du Proche-Orient serait définitivement bouleversée en cas de victoire de l’Entente.

Le partage du Proche-Orient
Les Britanniques oeuvrent pour que les Arabes aient leur propre Etat indépendant de l’Empire ottoman et dans lequel ils auraient des droits spéciaux. En mai 1916 les Arabes se soulèvent contre l’Empire ottoman.
Les Russes ont déjà montré l’ampleur de leurs ambitions
Les Français ne sont pas encore unis pour un projet précis : campagne de presse des lobbies coloniaux pour une Grande Syrie au profit de la France. Tractation franco-britanniques à accords Sykes-picot en novembre 1916 : partage de l’Empire après la guerre. Les négociation pour l’entrée en guerre de l’Italie ont amené les Alliés à préparer le dislocation de l’Empire ottoman et de l’Autriche-Hongrie : on est bien loin des réflexes défensifs de l’été 1914.

L’Italie entre en guerre
Ayant obtenu satisfaction de ses revendications avec le traité secret de Londres en avril 1915, l’Italie déclare la guerre :
- à l’Autriche-Hongrie en mai 1915
- à l’Empire ottoman en août 1915
- à l’Allemagne en août 1916
Tout comme le Japon l’Italie fait sa guerre pour emporter l’adhésion populaire.

L’entrée des Etats balkaniques dans la guerre (automne 1915-16)
La Bulgarie porte ses aspirations nationales sur a Macédoine et sur la Thrace, possédées par la Serbie et la Grèce (anciens adversaire de 1913). La Serbie est alliée à l’entente, et depuis que Venizélos est au pouvoir en Grèce (1915) ce pays penche vers l’entente. La Bulgarie ne pouvant donc satisfaire ses revendications en entrant dans l’Entente se tourne vers les centraux.
En octobre 1915 la Bulgarie attaque avec ses alliés la Serbie. Cette dernière ne peut qu’être sauvée par un effort massif des Alliés ou par la Grèce. Logiquement la Grèce de Vénisélos devrait se rallier à l’Entente. Mais le roi de Grèce, Constantin, parent de Guillaume II et germanophile, préserve la neutralité grecque. Les Britanniques et les français débarquent alors à Salonique pour aider les Serbes. La Grèce se trouve « occupée », car Constantin désavoue son PM et maintient sa neutralité. Cependant les Grecs ne réclament pas la « libération » du territoire par les centraux. Les troupes impériales n’entrent donc pas en Grèce au grand dam des Bulgares et les Alliés disposent d’un point d’appui en Salonique.
Le caractère indécis des combat (notamment avec cette « guerre d’usure » symbolisée par l’hécatombe de Verdun : 515 000 tués entre février 1915 et juin 1916) incitent les neutres à la prudence.
Le Portugal rejoint les Alliés en mars 1916. La Roumanie entre, elle, en guerre contre les Empires centraux à la fin du mois d’août 1916. Mais le moment est mal choisi. Elle subit une rapide défaite et voit son territoire occupé aux 2/3 trois mois plus tard. Les Français et les Russes n’ont plus les forces à ce moment de la secourir.
Avec une situation balkanique si favorable aux allemands leur buts de guerre restent élevés : la réalisation de la « Mitteleuropa » reste à l’ordre du jour pour Bethmann-Hollweg et le général falkenhayn. Ils prévoient la domination de l’alliance germano austro-hongroise et de la race allemande sur l’Europe continentale. La lutte avec la Grande-Bretagne devra se continuer en temps de paix sur le plan économique.

La guerre économique
La durée de la guerre implique d’envisager une stratégie économique. La consommation d’armement a quadruplée en 1916 par rapport à 1914. La collaboration entre hommes d’Etat et hommes d’affaires devient plus étroite et les comités, les association et syndicats représentant les intérêts privés entrent dans les négociations (à Comité des Forges en France, Comité de guerre de l’industrie en Allemagne…) L’Etat prend en mains la direction générale de la vie économique.
D’autre part la coopération économique entre les alliés se resserre à Conférences interalliées. Création de départements économiques, financiers et commerciaux dans les ambassades pour négocier l’obtention de part de marché, avec les Américain notamment. (NB : embryon des fonctionnaires internationaux)
La guerre économique commence en 1915 à l’initiative de l’Entente qui veut asphyxier l’Allemagne. But : empêcher les Empires centraux de s’approvisionner en nourriture, en matières premières et en armements.
Méthode 1 : blocus maritime. Mais pb juridique : violation des convention internationales qui risque de pousser les neutres vers les centraux. Inversement, l’Allemagne procède à la guerre sous marine jusqu’en 1917.
Méthode 2 : achat massif de denrées chez les neutres pour « assécher » leur offre envers les empires centraux.
Méthode 3 : surclassement industriel des ennemis. Investissements massifs à nécessitée de rentabiliser à l’avenir. Financement par des emprunts internes et externes (US). La guerre économique imprime sa marque dans les RI présentes et futures.
En Europe, seule la Grande-Bretagne semble en mesure de pratiquer une telle guerre. Elle peut même financer ses alliés jusqu’en 1917. Mais à ce moment, le Royaume-Uni doit suivre la voie française et se tourner vers les Etats-Unis. La balance commerciale française et britannique se dérègle dangereusement (déficit global français : 21 milliards de francs-or en 1916 contre seulement 3 milliards en 1914 !) Il s’agit alors de trouver des solutions de remboursement. Poincaré et Déclassé veulent pour cela obtenir l’Alsace-Lorraine, la Sarre et la Rive gauche du Rhin. La conférence économique interalliés de juin 1916 organise la solidarité économique pendant et après la guerre à la Grande-Bretagne abandonne sa doctrine du Free Trade et une sorte d’union douanière est créée entre les Alliés.

Propagande, cohésion nationale et haine de guerre
Puisque la guerre est longue il faut assurer la cohésion nationale c'est-à-dire soutenir le morale à « l’arrière ». L’Etat mobilise donc les moyens d’information et les loisirs. Il dénigre l’ennemi par la propagande à haine de peuple à peuple, ferment pour le nationalisme militant (ex : campagne selon le plan de Lord Derby en Grande-Bretagne en 1915).
Mais face à la répétition de la lutte de chacun pour des grand idéaux (Droit à l’existence, Justice…) et au maintien parallèle d’une diplomatie prosaïque et secrète à craquement du soutient. En 1916 les Union sacrées se défont un peu partout où sont du moins remaniées. La gauche et l’extrême gauche multiplient les conférences (Zimmerwald en septembre 1915, Kienthal en avril 1916) réclamant un « armistice immédiat ». Le cas de la Russie est extrême et débouche sur la révolution mais en France l’état d’esprit de 1914 n’a pas totalement disparu.
Réveil des minorités en Europe centrale.
Les autorités turques procèdent au génocide arménien au nom de la cohésion nationale (1915).
Irlande : révolte armée de Dublin en 1916. L’insurrection qui fait 3000 victimes est préparée avec le soutient logistique de Berlin.

Chapitre 2
Nouveaux mondes et vieilles nations

Les tournants de l’année 1917

Les craquement chez les belligérants
Le 12 décembre 1916, les gouvernement centraux donnent leurs condition de négociations et 20 décembre Wilson demande aux Etat belligérants de faire connaître leur condition de paix afin de trouver un compromis. Mais les Etat n’ont pas de volonté de compromis et ont des « programmes annexionniste » (Pierre Renouvin). Le 20 janvier 1917 les Alliés rejettent la proposition de négociation des Empires centraux.
Les mois de guerres font naître des fissures :
· Du côté des responsables : En Allemagne, Falkenhayn est remplacé par Ludendorff et Hindenburg après son échec à Verdun (21 février 1916 à octobre 1916 : 500 000 morts). En France, Joffre est remplacé par Nivelle après son échec lors de la bataille de la Somme (1er juillet 1916 à novembre 1916 : 620 000 morts Alliés, 450 000 morts Allemands) et après la critique parlementaire de la conduite du gouvernement Briand. Mais la vanité de Nivelle le met à l’écart au profit de Pétain qui préconise une attitude défensive et réservée.
· Du côté des civils : la propagande ne peut pas contenir le moral de l’opinion. La littérature héroïque doit laisser la place à la littérature réaliste (Duhamel) voire pacifiste (Barbusse, Le Feu, journal d’une escouade). La majorité des Français est lassé par la guerre et souhaite qu’elle cesse, même sans victoire. Les mutinerie de du printemps 1917 le montrent la fatigue des troupes.
Difficulté financière de l’Alliance face aux Etats-Unis dont les banques commences à rechigner pour concéder les prêts.

De la Russie ancienne à la Russie nouvelle
Au printemps 1917 la Russie est la plus affaiblie des puissances belligérantes. Le tsarisme, jugé incapable de mener la guerre, est impopulaire dans toute la société russe. Corruption de l’Etat, difficulté financières, hausse des prix aidant et grèves aidant le tsarisme s’effondre au mois de mars 1917. Les Alliés reconnaissent facilement le nouveau régime avec Milioukov (membre du parti KD) au ministère des Affaires étrangères partisan d’une politique d’expansion nationale. La situation interne rend cependant difficiles les relations avec les Alliés ; En effet le gouvernement provisoire souhaite poursuivre ses engagement mais il n’a pas l’assentiment de la population et il est confronté aux révolutionnaires. Pour les Occidentaux il est claire que l’anarchie va durer ; ils envisagent même une tutelle sur la Russie.

La révolution bolchevique : diplomatie nouvelle, négociations anciennes
[La révolution de février donna naissance à deux organes de pouvoir. D’un côté le gouvernement provisoire basé à Moscou et dominé par les constitutionnels-démocrates (KD). De l’autre côté le Soviet de Petrograd divisé entre trois tendances les socialistes-révolutionnaires (SR), les mencheviks et les bolcheviks (minoritaires). Ces trois courants ne sont pas d’accord ni sur les suites à donner à la guerre ni du moment propice à la révolution qui doit aboutir par la lutte des classes à la disparition de la dictature bourgeoise. Majoritaire au début les bolcheviks réussissent (notamment grâce à Lénine qui rentre de Suisse en avril 1917) à s’emparer des levier du pouvoir. Ils sont favorables à l’arrêt de la guerre]
Survient alors la révolution d’octobre : les bolcheviks prennent le pouvoir. Le premier acte du nouveau gouvernement est le « décret sur la paix » du 8 novembre 1917 qui fixe « une paix sans annexion ni indemnité ». Le nouveau gouvernement opte pour une diplomatie ouverte, révélant les traité secret conclus entre mars et octobre (à aussi afin de discréditer le gouvernement provisoire). Après 3 mois de discutions et de tension internes (entre Lénine, Boukharine et Trotski) la paix est signée à Brest-Litovsk le 3 mars 1918. (NB : ≠ paix dictée)
En façade les Alliés dénoncent la trahison, mais la véritable stratégie est plus complexe :
- Il faut empêcher les Allemands de se ravitailler et si possible reconstruire un deuxième front
- Il faut aussi poursuivre le démembrement de l’ancien empire en se basant sur des mouvements nationalistes.
Trois faits peuvent être retenus :
- Rupture des Alliés avec les bolcheviks en avril 1918. Avant on avait encore l’espoir de faire peser une menace sur l’Allemagne en soutenant les bolcheviks.
- Appuis progressif aux troupes anti-bolcheviks, quitte à entrer en contradiction (affaiblissement favorable à l’Allemagne + soutient aux troupes favorables à un retour du tsar)
- « Découpage » de la Russie en zones d’influences économiques : GB : Caucase ; FR : Bessarabie, Ukraine, Crimée. Prévision d’intervention des Etats-Unis et de Japon en Sibérie.

L’intervention américaine dans la guerre
31 janvier 1917 : l’Allemagne annonce la guerre sous marine à outrance.
3 février 1917 : les Etats-Unis rompent leurs relations diplomatiques avec l’Allemagne.
2 avril 1917 : le Congrès américain vote la déclaration de guerre à l’Allemagne ;
(En décembre 1917 déclaration de guerre à l’Autriche-Hongrie)
Raisons de l’entrée en guerre des Etats-Unis :
- Guerre sous marine à perte de trois navires en mars 1917
- Interception du télégramme de Zimmermann (l’Allemagne propose une alliance au Mexique) : Wilson en fait grande publicité à retournement de l’opinion traditionnellement pacifiste.
- Contexte financier et commercial : soutient des débiteurs européens
- Fin de la Russie tsariste : « l’Amérique se joint au bloc des démocraties contre les régimes autoritaires »
Militairement l’aide est d’abord plutôt restreinte. Mais l’aide économique considérable apportée par les Américain est une aubaine pour les Alliés. A ce propos Wilson écrit en juillet 1917 : « L’Angleterre et la France n’ont aucunement les mêmes vues que nous sur la paix. Quand la guerre sera finie, nous pourrons les forcer à suivre notre manière de penser, ils seront parmi d’autres choses, financièrement dans nos mains. »

Les Etats-Unis en Amérique du sud
[…]

La victoire et la paix (1918 – 1919)

La diplomatie wilsonienne

Le 8 janvier 1918, Wilson loue devant le Congrès la démarche russe consistant à négocier ouvertement la paix (traité de Brest-Litovsk). Il énonce par la même occasion ses 14 points :
5 points généraux : diplomatie ouverte – liberté absolue de naviguer de paix comme en guerre – suppression des barrières économiques et commerciales – réduction des armements – argumentation en faveur des revendications coloniales.
8 points concernant des litiges particuliers : évacuation du territoire russe pour laisser au peuple le choix de ses institutions – restauration de la Belgique comme Etat souverain – libération des territoires français (y compris l’Alsace-Moselle) – rectification des frontières italiennes selon le principe des nationalités – souveraineté et intégrité des régions turques de l’Empire ottoman – développement des autres « nationalités » — création d’un Etat polonais.
Dernier point : constitution d’une « association générale des nations » afin de garantir une justice pour tout les peuples et toutes les nationalités. (Avant de devenir Président du Conseil Clemenceau ironisait sur Wilson : « Il s’élance, d’un magnifique essor, par delà le temps et l’espace pour planer dans le vide au dessus des choses qui ont l’infériorité d’être. »)
Nouveauté apportées par Wilson : Diplomatie ouverte – pas de traités qui allie les Etats-Unis à l’Entente. Formulation d’idéaux à transmettre. Avant on se faisait la guerre pour des cause concrètes (menaces, invasions, occupations…) à nouvelles motivation de guerre : messianisme. (Mais bon derrière ces grands idéaux Wilson a aussi ses intérêts…)

La conduite de la guerre en 1918
Au début de 1918 la carte de guerre parait toujours favorable aux Empires centraux. L’effondrement de la Russie oblige la Roumanie à signer l’armistice de Foczani du 9 décembre 1917 avec les Empires centraux. Le corps expéditionnaire allié basé en Grèce est trop faible pour intervenir. En Italie la population est lassée. L’armée subit un désastre à Caporetto (octobre 1917) : l’Autriche-Hongrie enfonce le front oriental. Malgré les renforts franco-britanniques envoyé durant l’hiver à Piave, la situation reste critique pour l’Entente.
Dès lors le sort de la guerre dépend essentiellement du front établit en France :
- Renforts américains : 300 000 hommes en avril à 1,8 millions en novembre !
- Supériorité matérielle grâce à l’aide « yankee[1] » (avions / blindés)
- Les Empires centraux, eux, ne peuvent plus suivre.
- Centralisation de la direction des opérations dans le Conseil de guerre interallié sous la conduite de Foch.
Situation politique dans les 4 grands Etats Alliés : Concentration du pouvoir et détermination à la victoire. En Grande-Bretagne Lloyd George est Premier ministre depuis décembre 1916, il dirige le pays avec un cabinet de 5 membres, le War Cabinet. En France Clemenceau est appelé par le Président Poincaré le 16 novembre 1917, il gère l’Etat avec une poigné de collaborateurs. De même en Italie où Vittorio Orlando devient chef du gouvernement après le désastre de Caporetto. Wilson de son côté répète aussi volontiers qu’il est prêt à mener la guerre à son terme sans compromis ni marché avec l’adversaire.
Par contre pour l’Américain les européens son « opportuniste » car ils veulent la victoire pour des buts de puissance nationale (Suprématie maritime pour la Grande-Bretagne ; sécurité sur le Rhin pour les Français ; réalisation de « l’unité » italienne) à normal les dirigeants européen ont été élevé à l’école diplomatique du XIXème siècle.

Le détonateur nationaliste
[…]

La paix de Versailles
Un mois avant la signature de l’armistice de Rethondes (11 novembre 1918) l’Allemagne et les Etats-Unis s’échangent des notes diplomatiques. Ludendorff essaye de dégager l’armée des conséquences politiques d’une véritable défaite militaire à rôle d’arbitre de Wilson dans la conclusion de la paix.
La République allemande est proclamée le 9 novembre 1918 ; abdication de Guillaume II
Les négociations s’ouvrent à Paris en janvier 1919 Le traité d’armistice se fait sur la base des « 14 points » de Wilson. Mais en général on peut dire que « la paix est dictée aux vaincus ; elle est négociée entre vainqueurs » (Girault-Frank).
Seuls les 5 grands participent aux décision importantes alors que la coalition regroupait 27 Etats. Les décisions essentielles sont discutées entre Wilson, Clemenceau et Lloyd George. Ces derniers sont épiés par l’opinion et se gardent donc de froisser les mentalités nationales. Wilson au sommet de sa popularité, joue des déclarations de principe qui tendent à fonder la paix sur le DDPDEM et la SDN. George assure sa vision impériale des responsabilités britanniques. Il veut minimiser l’importance de l’armée française en Europe, ce qui le conduit à modérer l’écrasement de l’Allemagne. Clemenceau veut s’assurer de la domination militaire française sur l’Allemagne et garantir la sécurité de son pays. Il obtient des précaution concernant la militarisation de l’Allemagne ; mais la Sarre lui échappe : elle sera administrée pendant 15 ans par la SDN
L’article 231 du traité justifie le payement des réparations allemandes en établissant comme vérité historique sa responsabilité dans le déroulement de la guerre. Mais la question des réparation est laissée ouverte faute d’accord : les pays fortement touchés (Serbie, France Italie Belgique) demandent de fortes indemnisation alors que les anglo-saxons tempèrent de peur de provoquer une faillite des RI. Aucun compromis ne semble réalisable sans l’appuis des « yankees », or, le 19 mars 1920, le Sénat refuse de ratifier le traité de Versailles….


[1] Terme cher à Girault-Frank utilisé pour ne pas confondre les étatuniens et les habitant du contient américain…

Résumé de "Turbulente Europe et nouveaux mondes 1914-1941" (Girault, Frank) Deuxième Partie

LES RELATIONS INTERNATIONALES DANS L’APRES-GUERRE


Le 11 Novembre 1918 la guerre officielle entre Etats est terminée, pourtant le sang coule encore. Les guerres civiles, révolutionnaires, contre-révolutionnaires prennent le relais. La grande guerre a imposé aux populations d’énormes sacrifices et a surtout réveillé de nouvelles forces. Les dirigeants ne se renouvellent pas et ont du mal à percevoir le nouvel équilibre qui se met en place ; puissances des vainqueurs, humiliation des vaincus et frustrations des populations ont en effet abouti à un nouveau « système des RI ». Avec ces données la paix ne peut qu’être fragile.
Certains imputent la fragilité des RI au système mis en place par le traité de Versailles, ses failles et ses injustices. D’autres mettent le doigt sur le contexte économique troublé par la crise de 1929.
En tout cas on peut découper cette période en trois temps :
- Jusqu’en 1924, reconstruction.
- De 1924 à 1929/30, retour à la prospérité
- Après 1929, crise économique et déstabilisation politique qui débouche sur la WWII.

Chapitre III
La mutation des forces profondes

Conceptions géopolitiques et réalités démographiques

La WWI a contribué à la naissance d’un nouvel ordre dont le centre s’éloigne de l’Europe. La WWI a vraiment mondialisé les RI. Rien d’étonnant si le pdt Wilson propose une nouvelle diplomatie gérée non plus par le vieux continent mais par une organisation qu’il voulait universelle.

L’Europe au centre du monde ?
Mais dans un premier temps il semble que tout tourne encore autour de l’Europe. En effet le 19 mars 1920 le Congrès des EU refuse de signer le traité de Versailles, à cause notamment du pacte de la Société des Nation qui lui parait trop dangereux pour l’indépendance du pays. Le théâtre des querelles se situe tjs en Europe entre les « satisfaits » et les « mécontents »
o Satisfaits : France, la Tchécoslovaquie et la Yougoslavie fraîchement crées, la Roumanie et la Pologne qui voient leurs territoires agrandis.
o Mécontents :l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie , la Turquie, la Hongrie vaincues mais aussi l’Italie qui se sent insuffisamment récompensée.
Les nouvelles obsessions :
La France : sécurité => encercler l’All et la Russie. C’est chose faite en s’alliant avec la Pologne, la Tchécoslovaquisme, la Roumanie et la Yougoslavie. En effet elle crée ainsi d’une part un encerclement de l’All et d’autre part un « cordon sanitaire » contre la Russie. En général ils sont fiers d’eux et se repose sur leur « force noire » dont ils viennent de découvrir les avantages.
Les Italiens : ils ont les yeux rivés sur le terres promises par les alliés en1915 et que Wilson ne leur a pas accordées en 1919.
L’Allemagne : elle est privée de ces ambition de Weltpolitik.
La Russie enfante difficilement de la révolution. Le nouveau régime se voit attaqué de tout part (anglais et fr sur la Baltique, la mer blanche, Noire Caspienne ; et les Japonais et les Américains sur la côte Pacifique.) => complexe d’assiégés, menacés par les ennemis de l’extérieur et les traîtres de l’intérieur. Ils doivent renoncer à exporter la révolution.
Russie + All sont tentés de s’allier comme par le passé pour court-circuiter l’encerclement.

La vision anglo-saxonne
Les Britanniques sont conformes a leur théorie de « balance of power » : une fois l’hégémonie germanique stoppée ils s’emploient a ce que la Fr ne s’étale pas trop. Il s’agit pour eux aussi de maintenir leur suprématie maritime et de gérer la paradoxale concurrence/coopération avec les EU devenus la première puissance mondiale. Ils gardent une vision globale alors que leur force diminue.
A l’inverse la puissance naissante américaine se replie sur elle. Les américains jugent a posteriori la WWI inutile. Leur sécurité est assurée par les barrières naturelles que sont les océans. Seul souci : limiter l’expansion Japonaise. Ils prônent des valeurs libérales présentées comme universelles et pouvant assouvir le BE de tous. Mais ceci est aussi de l’opportunisme pour la nouvelle puissance (^) économique.

Une réalité : la redistribution des forces démographiques
L’Europe perd près de 9 millions d’hommes à cause de la WWI. A ceci s’ajoute la « grippe espagnole » qui provoque la disparition de 1 million de personnes. Toute une génération manque, c’est la « classe creuse ». => Déficit des naissances. L’Europe n’est plus le moteurs démographique du monde. Pourtant globalement qd même croissance démog.
Aux EU la vague d’immigration reprend (800 000 en 1921, contre 1 200 000 avant WWI) et l’Etat instaure des loi de Quotas restrictives (1921 et 1924).
Le cas de la Fr est particulier. Elle perd 10.5% de sa population càd 1,4 millions de personnes. Elle souffre donc de son déclin démographique amorcé à la fin du XIXème. C’est un pb car face à l’All l’armée ne reçoit plus grand monde pour le service militaire + elle a un taux de natalité de 28‰ alors qu’en Fr il n’est que de 18‰. La Fr accueille donc des immigré pour faire face à ce pb (2 890 000 en 1931 [7% de la population] contre 1 160 000 en 1911).

Les bouleversements économiques

Plus important encore sont les mutations économiques qui transforment le rapport de force sur la scène internationale.

La puissance économique des Grands
Aux E-U : déjà première puissance industrielle en 1914 les E-U sont après WWI les premiers sur le plan commercial et financier. Avant le R-U les devançaient à cause de leur force navale, mais en 1920 leur tonnage triple atteignant 16 millions de tonne alors que le R-U stagne avec 18 millions de tonnes. De même au niveau financier après WWI s’est imposé. Ils accumulent un stock d’or tjs plus grand et le dollar est pour qq. années la seule monnaie convertible. Dans le même temps les valeurs américaines détenues par l’étranger diminuent de moitié alors que les invest US à l’étranger doublent.
Les avoirs es pays européens dans le monde fondent. Une partie sert à couvrir les importation une autre est perdue dans la révolution bolchevique. Ainsi les All perdent 83% de leurs avoirs étrangers, les Fr. en perdent 58%, la GB 25%.
Comment les E-U vont-ils gérer cette nouvelle puissance ? A ce moment ils n’ont en fait pas encore pas la conscience de leur force (comme ce sera le cas après WWII). Ils sont encore imprégnés du passé isolationniste. De plus ils surestiment la force de l’Europe. Cette dernière n’est non plus pas encore totalement à terre. Elle totalise encore 45% des exportations mondiales et 52% des importations pour respectivement 15% et 12% pour les E-U. La supériorité US n’est ni écrasante ni celle d’une superpuissance.
Le réflexe défensif US est à l’origine de certains déséquilibres. Les capacités de prod se sont sensiblement accrues et la question des débouchés commence à émerger. L’agriculture par exemple s’est endettée pour fournir le marché européen et en plus l’inflation voit le jour. Pour eux il n’est pas question d’exonérer les pays européens de leurs dettes.

Le commerce mondial aux prises avec les nationalismes
Si la prod globale a augmentée, le commerce mondial lui, stagne. Pendant la guerre chaque Etat a protégé son économie. Après 1918, malgré les « 14 points de Wilson » le protectionnisme reste la règle.
Aux E-U les taxes douanières sont portées de 21 à 38% en 1922. Le président s’autorisant même à passer à 50% pour les nations qui ne lui accorderaient pas la clause de la nation la plus favorisée. D’un autre côté ils essayent de pénétrer sur les marchés étranger : incohérence entre les pratiques protectionnistes et un discours libre-échangiste.
De même en Europe la Fr. le tarif douanier est élevé deux fois de 30% en 1926 (car il est ad valorem et compte tenu de l’inflation…). La GB, pourtant championne du LE maintient le tarif McKenna. Le cas de l’All est particulier car sa souveraineté douanière a été écornée par le Traité de Versailles. En général le commerce intra européen diminue, d’une part car le poumon allemand est blessé et d’autre part à cause des nouvelles frontières apparues avec la disparition de l’Autriche –Hongrie.

Sources d’énergie et relations internationales
La question de l’énergie qui était déjà une préoccupation stratégique au XIXe siècle devient une affaire d’Etat.
Le traité de Versailles l’illustre bien en ce sens que la France s’attribue les mines de la Sarre. Initialement la Haute Silésie devait être cédée à la Pologne. On citera aussi les livraisons de charbon à titre de réparations.
Enfin l’utilisation de chars, d’avions… donne une place de plus en plus importante au pétrole : le M-O ce fait une nouvelle place dans les RI.


Capitaux en mouvement et monnaies incertaines
Détenteurs de capitaux les E-U ont été jugés sévèrement car d’une par ils n’ont pas redistribué (tt de suite) les capitaux et d’autre part car leurs frontière sont restées fermées, de telle sorte que les pays du vieux continent ne pouvaient pas faire redémarrer leur économies.
En effet l’apparition de l’inflation et de l’instabilité des monnaies en Europe rend risqué tout investissement. Privés des capitaux US l’Europe doit emprunter sur le marché intérieur et faire marcher la planche à billets. La masse monétaire est multipliée par 6 en Fr. par 9 en All. Csq : les monnaies ne sont plus convertibles en or et l’inflation fait rage à tour de rôle dans tt les pays. (En 1914 un dollar vaut 4.2 marks, en novembre 1923 il en vaut 4200 milliards)
La stabilisation monétaire s’opère en 1924 pour le mark, en 1925 pour la livre et en 1926-28 pour le franc.
Surtout la monnaie tient à présent une place nouvelle et centrale dans les RI. Elle est un enjeu de puissance, avoir une monnaie convertible permet d’être créancier. Elle est aussi source de rivalité et une arme pour les impérialismes. Elle donne enfin un rôle de premier plan aux banquiers, en particulier les directeurs des grandes banques centrales. Qui sont confrontés aux choix de politiques monétaires divers qui ont forcement leurs avantages et leurs inconvénients.
La restauration d’une monnaie (comme en GB) contente les banquiers mais implique des sacrifices à cause des mesures de déflation (restrictions). Sur le plan extérieur une monnaie forte attire les capitaux mais rends la production nationale moins attractive à l’étranger car chère. A l’inverse une monnaie faible érode l’épargne mais peut faire baisser le chômage et relancer l’économie. Les politiques de déflation créent du chômage ; l’inflation ruine les rentiers. Le dilemme est de taille surtout que tout responsable doit aussi tenir compte de la crise des opinions publiques.

L’ébranlement idéologique et psychologique.

Durand le conflit, la mobilisation des esprits par les états, les « unions sacrées » et les joies de la victoire ou les humiliations des défaites ont fortifié le sentiment patriotique. Mais la mort, la « fatigue des peuples » à partir de 1917, et les promesses imprudentes des gouvernants ou aussi créés des déchirures et des remises en questions dans le tissu des consciences nationales.
Pour comprendre l’évolution des psychologies collectives et leurs influences sur les RI il faut passer en revue qq unes de ses composantes essentielles :
- Les idéologies : (nationalismes, pacifisme, libéralismes, socialisme…) réservoir d’idées structurées ou s’abreuvent les « agitateurs » pour influencer leurs contemporains.
- Les sentiments collectifs : très stables mais aussi assez diffus ils jouent un rôle puisqu’ils puisent dans l’inconscient collectif toute une série d’émotions enracinées, de valeurs morales, de préjugée ou de stéréotypes culturels.
- Les opinions publiques : nourries par les idéologies, les sentiments profonds, les impressions laissées par les événements, c’est l’état chimique de toutes ces attitudes mentales à un moment donné.
Les systèmes représentatifs sont donc bouleversés par WWI. La violence a fait naître deux « culture » opposées et pourtant imbriquées : la culture de paix et la culture de guerre. Ce couple engendre des antagonismes entre libéralisme et autoritarismes, nationalismes et pacifismes, totalitarisme et démocratie. Lequel des éléments va-t-il l’emporter.

Triomphe du libéralisme et de la démocratie ?
La chute du régime tsariste et des dynasties séculaire en Allemagne et en Autriche-Hongrie sonne le déclin du monarchisme. La victoire de 1918 semble être celle de la démocratie et du libéralisme politique.
En effet la république s’installe en All, en Fr. elle se montre triomphante et récupères les provinces perdues par Napoléon III. Les derniers obstacles au SU sautent en It. et en GB ou le vote des femmes est institué.
Pourtant la démocratie est sérieusement concurrencée par les idéologies nouvelles nées de la guerre.

Nationalismes et mouvements nationaux
Le nationalisme prend différentes forme si l’on se place du côté d’un Etat-nation déjà constitué où il fait appel à une rhétorique ultra-conservatrice ou si l’on se place du coté de peuples aspirants à un état et ou on doit plutôt parler de « mouvements de nationalité ». Les uns dde à entrer dans le jeu des nations les autres veulent affirmer leur supériorité.
Hors d’Europe l’essor des mouvements nationaux sont annonciateurs de troubles futurs.
En Europe ces mouvements ont conduit à la dislocation de L’A-H, la restauration de la Pologne, l’agrandissement de la Roumanie, l’indépendance de la Finlande et des Etats Baltes. Mis à part l’Irlande toutes ces nationalités se transforment en Nation constituées.
Une fois les Nations constituée c’est là que le sentiment nationaliste change et ne vise plus à acquérir qqch mais à le maintenir voir à l’étendre (Pologne vs Russie 1920-21)

Le nationalisme des Etat constitués : idéologie et sentiments.
Le nationalisme, au delà d’un sentiment patriotique, devient une mystique qui s’oppose au parlementarisme jugé faible et qu socialisme, traître de la patrie. Il sert à justifier les ambitions extérieures comme les objectifs intérieurs.
Illustrations :
En It. Gabriele d’Annunzio exploite le thème de la « victoire mutilée » et s’empare en sept 1919 de la ville de Fiume que Wilson se refuse d’attribuer à son pays. En All on développe le mythe du « coup de poignard dans le dos », l’armistice est un « diktat ». En Fr. on entretient la peur du bolchevique, la haine du « Boche » et la colère contre la GB qu’on accuse de prendre le partit de l’All (ces idées sont notamment véhiculées par Charles Maurras et Maurice Barrès). Enfin en GB on s’en prend aux ambitions navales des E-U.

Le cas américain.
Les citoyens US, et en premier lieu les agriculteurs, ne voient pas pourquoi ils devraient par les impôts rembourser eux-mêmes l’argent prêté aux Européens. Ils estiment avoir assez consentis de sacrifice en étant entré ds une guerre qui ne leur a rien rapporté. Pour eux tt les avantages sont allés aux financiers et aux industriels. Aussi le traité de Versailles qui comprend le pacte de la SDN est –il mal accueillit par l’opposition républicaine (avec Henry Cabot Lodge à sa tête) et par la presse dirigée par W. Hearst. Malgré les efforts de Wilson pour sensibiliser l’opinion, le vote en faveur du la SDN ne réunit pas les 2/3 du Sénat le 19 mars 1920. Il y a donc un puissant courant nationaliste aux E-U, tt à fait original dans sa forme et dans son contenu : l’isolationnisme. Cet isolationnisme est très populaire de telle sorte que les E-U vont voir leur marge de manœuvre réduite à l’extérieur.

Les nationalismes sont donc différents : « de colère et d’humiliation chez les All et les Hongrois, de frustration et de revendications chez les italiens de hargne et d’inquiétude mêlées chez les Français, de replis chez les Américains : l’idéologie y souvent un moindre rôle que la passion. »

Les Pacifismes
En effet si comme idéologie nationalisme et pacifismes s’opposent souvent, comme sentiment, ils sont encore moins contradictoires qu’avant la guerre.
Le pacifisme sentimental : le refus de la guerre se trouve au cœur des nationalismes. Aux E-U comme en Fr. il faut éviter la guerre car celle si ne serait qu’une guerre de revanche All. L’ex des anciens combattants le montre bien, ils sont très nationaliste mais tiennent la guerre comme une horreur. Tt les monument aux mort expriment plus le deuil et la pitié que la gloire. « Plus jamais ça ! » c’est leur seul cri. (Bien sur le nationalisme révisionniste All des Casques d’acier n’est pas pacifique).
Le pacifisme idéologique est tout autre. Il propose une philosophie internationaliste en matière de politique extérieur. Les pacifistes proprement dits font pression sur leurs gouv. pour le désarmement, ou du moins la baisse du budget militaire, et la sécurité collective à travers le respect du pacte de la SDN. (Art 10 : germes de la sécurité collectives). Le pacifismes idéologique est porté par la gauche en général (syndicaliste, socialistes, radicaux, socio-démocrates, travaillistes…) par les protestants et , fait nouveaux après la WWI par les catholique que Pie XI a su convertir après l’échec de Benoît XV durant la guerre (l’Eglise condamne par ex l’Action Française de Ch. Maurras).

Nationalismes et pacifismes étaient déjà connus avant guerre mais cette dernière favorise l’éclosion de deux nouveaux courants totalitaires : le communisme et le fascisme.

Le totalitarisme communiste : l’horizon de la révolution.
La révolution bolchevique influe sur la diplomatie au moment des accords de paix et est annonciatrice de temps nouveaux et d’un nouvel ordre international. Elle laisse des traces dans les mentalités collectives aussi bien par les espoirs que par les peurs qu’elle suscite.
Nombre d’ouvrier, d’étudiants etc. déçus par la guerre et les injustices sociales adhèrent à cette nouvelle vision. Pourtant ils ne voient pas l’Etat totalitaire qui est en germe à travers les liquidations etc. posées par Lénine dès le dbt de la Russie soviétique. Leurs espérances se confortent par les événements de 1919 à Berlin (révolution spartakiste), à Munich (création d’une république des conseils, à Budapest (mouvement communiste de Béla Kun). Des grands mouvements de grèves parcourent la Fr. et l’It. en 1920.
Ces événements confortent aussi les bolcheviks qui pensent que finalement (car ils se sentent attaqués de tt les côtés) la révolution peut prendre une ampleur européenne. Lénine veut coordonner le mouvement et créé la IIIe Internationale en mars 1919. Au cours de la deuxième réunion en juillet-août 1920 il édicte les « 21 conditions » pour adhérer au Komintern : rupture avec le réformisme, nécessaire dictature du prolétariat, obéissance aux directive de l’Internationale…
Cependant le mouvement d’expansion est vite combattu. Avant la fin de 1919 les insurrections all et hongroises sont écrasées. Les mvt ouvriers en Fr. et en It. sont affaiblis par les scissions entre communistes qui acceptent et socialistes qui refusent la IIIe Internationales (congrès de Tours en 12/1920 et de Livourne en 01/1921). Dès lors le Komintern et les partis communistes deviennent plus un relais de propagande pour l’URSS (créée en 1922) que pour l’idéologie communiste.
Le phénomène créé aussi des réactions hostiles. En Hongrie la violence révolutionnaire déchaîne la violence contre-révolutionnaire et l’amiral Horthy instaure un régime autoritaire. De même l’extrême droite s’installe dans les pays frontaliers de l’URSS ce qui facilite les Occidentaux qui cherchent à l’isoler.

Le totalitarisme fasciste et nazi : l’horizon de la guerre.
Produit indirect de la guerre et des insatisfactions que celle-ci suscite en Italie le fascisme est créé au début des années 1920 par Mussolini. Il inspire beaucoup le nazisme. L’existence de cette nouvelle idéologie montre les conséquences des lacunes de la gestion politiques, sociales et diplomatiques de l’après-guerre.
Le fascisme = thèmes du nationalisme d’extrême droite (exaltation de la patrie + militarisme + antiparlementarisme + antisocialisme) moins le coté élitiste de la droite traditionnelle. En fait le fascisme s’adresse à la Masse.
P. Milza distingue 3 phases dans le fascisme :
· Tire pari de l’humiliation de la guerre, déstabilise le pouvoir libéral en place, combat à la fois les socialistes et les milieux des affaires pour recruter dans la classe moyenne frustrée
· Se rallie aux décideurs économiques en vue de pouvoir arriver au pouvoir
· Une fois installés au pouvoirs (légalement) mise en place d’un Etat totalitaire qui va au-delà d’une simple dictature : « embrigadement des masse, adhésion à la fois forcée et volontaire au culte du chef, du régime et de la patrie par la propagande, la terreur et l’action psychologique le but final étant de créer un « homme nouveau » ». Le nazisme allemand rajoute à cela le racisme.
Le fascisme exalte la grandeur de la patrie et est de ce fait dépendant des réalisations en politique extérieure : son caractère belliqueux le rend dangereux pour la paix.
Le fascisme exerce un pouvoirs d’attraction mais on ne créé pas d’organisation internationale semblable que chez les communistes.

Culture et Nation : le rôle des médias
Les représentations mentales deviennent un enjeu important pour les dirigeants. Ils ont en effet appris durant la guerre que les esprits devaient être mobilisés. Le conflit terminé il faut maintenir la cohésion intérieure, les médias sont une nouvelle arme pour atteindre l’opinion qui ne se résume plus aux seuls intellectuels mais devient un phénomène de masse.
La presse : elle joue un gr rôle ds la construction de stéréotypes. Les campagnes d’information peuvent prendre de l’ampleur considérable (Hearst vs Wilson 1919/20). Elle permet à l’Europe de découvrir l’Américain. En Italie et en Russie elle prend un caractère de propagande. De plus les pays payent les journalistes pour s’attirer leurs faveurs.
La radio : elle devient peu à peu un moyen d’information politique. En 1923 le pdt Harding est le premier à faire un discours radiodiffusé. Le nombre de poste passe de 50 000 en 1921 à 10 millions en 1929 aux E-U. En Europe on est moins rapide, en 1929 la GB a 3 millions de poste et la Fr. en a 600 000. A partir de 1924 les « journaux parlés » sont quotidiens. En Russie les premier programmes apparaissent en 1922 Lénine voyant dans ce média un bon moyen de propagande sans frontière. Néanmoins il faut attendre les années 30 pour que la radio ait un réel impact sur l’opinion publique.
Déjà avant la guerre il est devenu une industrie (Ch. Pathé et L Gaumont en Fr. ; W Fox et les frères Warner aux E-U) A travers les western l’Amérique se forge une image mythique. En URSS le cinéma permet de populariser la révolution. (Eisenstein : La grève, 1924 ; Le cuirassé Potemkine, 1926) En All le cinémas exprime à travers l’art expressionniste les angoisses d’une sté (Métropolis, et Nosferatu, le vampire, 1922) Le cinéma parlant qui s’impose au début des années 30 permet de développer les actualités cinématographiques, puissant moyen d’influence sur les opinion publique.
En littérature il y ceux qui se font l’écho des haines populaires. Ainsi René de Touches (Pages de gloire et de misère, 1917) et Henry Malherbe (La flamme au poing, prix Goncourt 1917) pour la France. D’un autre côté certains écrivain comme Henri Barbusse (Le Feu, prix Goncourt 1916) sont pacifiste ou bien simplement réaliste, décrivant les horreurs des carnages (R. Dorgelès, Les croix de bois, prix Femina en 1919 ou Maurice Genevoix, Sous Verdun, 1916). En fait le nombre croissant de traductions contribue à connaître mieux l’étranger et donc à moins procéder des amalgames, il naît en fait une distinction entre une All militariste et belliqueuse et une autre romantique et libérale.
Le monde scientifique reste plus rigide. Les rancoeur contre les anciens ennemis persistent Ainsi lorsque est créé le Conseil International de Recherche en juillet 1919 les puissances centrales ne sont elles pas invitées. Seul Einstein, invité à présider la Commission internationale de la coopération intellectuelle de la SDN, fait exception.
Le sport, loin de se conformer à l’idéal formulé par P. de Coubertin en 1896, il est devenu un moyen d’expression de la puissance des nations. L’All n’est admise aux JO qu’en 1928. Et le premier match de foot France-All en 1931 provoque de vifs incidents entre supporters.
Le tourisme international permet aussi de former les images que les gens se font d’un pays. En Fr. ont voit affluer les Anglo-Saxons sur les champs de bataille.

Les images des autres
La révolution Russe donne une image menaçante du Bolchevique (cosaque avec un couteau ensanglanté entre les dents). En Fr. on se souvient de la trahison de Brest-Litovsk. Et on ne pardonne pas la non reconnaissance des dettes. Avec la fin de la guerre civile les contacts se « normalisent » et chacun voit en Russie ce qu’il aimerait y voir selon ses affinités politiques.
L’image des All n’est pas la même en Fr. qu’en GB on l’a déjà évoqué.
Les Anglais n’ont pas bonne presse à l’étranger. En Fr on leur reproche leur proximité avec l’All. Aux E-U la GB est une rivale en matière navale. Et enfin l’extrême gauche dénonce la puissance de la City et l’empire colonial (notamment la répression en Inde)
L’image des Fr. est changée par la guerre. En plus de la réputation intellectuelle s’ajoute maintenant la ténacité guerrière. L’intransigeance envers l’All et l’occupation de la Ruhr donne lieu à des interprétations diverses selon les bords politiques.

La politique culturelle, partie intégrante de la politique
Dès la fin de la WWI les Etats prennent conscience de l’importance de leur image de marque dans le monde. D’où l’intérêt qu’ils portent à leur politique culturelle.
En Fr. le Service des œuvres françaises à l’étranger doit assurer « l’expansion intellectuelle fr au dehors ». La même année est fondé le Service de presse et d’information. En 1922, création de L’association française d’action touristique liée au Quai d’Orsay. La GB suit l’exemple et fonde en 1934 le British Council.
A la propagande de guerre succèdent des initiatives privées pour diffuser la langue, ouvrir des écoles… C’est une des armes de l’impérialisme des grandes puissances.


Chapitre IV
La nouvelle vie internationale

Emergance des E-U, isolationnisme de l’opinion américaine, déclin économique de l’Europe, eurocentrisme des Européens, irruption du communisme et du fascises, exaspération des nationalismes et aspirations profondes à la paix voilà qq unes des mutation provoquées par WWI. Les responsables politiques ont du mal à se faire à cette nouvelle donne et à redéfinir leurs politiques extérieures et leurs ambitions.

Le redéploiement des impérialismes

Qu’est –ce qu’une grande puissance ? Ou le club des sept.
· La puissance : « capacité d’imposer sa volonté aux autres »
· Une puissance : « Etat capable de modifier la volonté d’individus, groupes ou Etats étrangers » A la limite tt Etat est une puissance puisqu’il peut imposer son existence.
· Une grande puissance : « Etat qui à lui seul assure sa sécurité contre tout autre puissance prise isolément » Mais la grande puissance n’est pas que militaire et diplomatique il faut aussi prendre en compte des critère économiques, et culturelle. De plus ses dirigeants doivent manifester leur volonté de peser sur la scène internationale.
En 1914 huit pays pouvaient prétendre à ce titre : la GB, l’All, la Fr, l’A-H, la Russie, l’It, le Japon et les E-U. En 1918 ce chiffre est descendu à cinq ou sept selon que l’on enlève la Russie et L’All en plus de l’A-H ou pas. Comment ces puissances ont-elles adaptées leurs ambitions nationales après les bouleversements provoqués par la guerre.

Les puissances vaincues ont-elles des ambitions ?
La Russie soviétique connaît de phases ds sa politique extérieure : Jusqu’en 1920/21 elle est révolutionnaire, encourageant les autres pays la révolution et défensive, puisque attaquée. Après cette date la révolution s’apaisant, le réalisme s’impose. Elle tente de rentrer à nouveau ds le jeu des puissances en normalisant ces relations diplomatiques. Le mot d’ordre pour Tchitcherine est la « coexistence pacifique ». Pour se faire entendre la Russie n’hésite pas à lier des liens avec l’All.
L’All de son côté veut briser le carcan du traité de Versailles et retrouver sa position de 1914. Ne pouvant espérer une révision des traités sur les questions territoriales et de limitation de la souveraineté (Sarre, militaire…) ils sont pourtant tous d’accord de se battre contre le diktat de l’article 231. Deux techniques s’offrent à eux : la politique de résistance refuse tout compromis (soutenue par H. Stinnes) et la politique d’exécution (soutenue par W. Rathenau). Jusqu’en 1923 c’est la résistance qui prévaut (sauf lorsque Rathenau est ministre).

Ambitions italiennes et japonaises.
L’objectif des vainqueurs est de profiter de la guerre. Cependant l’It et le Jap doivent se résigner à revoir leurs objectifs à la baisse.
L’Italie est frustrée de la tournure que prend le règlement de la paix. Les promesses ne sont pas tenues malgré les sacrifices consentis. On distingue les « dalmatiens » qui revendiquent l’application du traité de Londres de 1915 (annexion de la Dalmatie + protectorat sur une partie de l’Albanie) et les « renonciateurs » qui prônent un rapprochement avec la Yougoslavie et réclament en échange la ville de Fiume. Entre 1919 et 1922 les gouvernements se résignent à la conciliation.
N’oublions pas que la dislocation de l’A-H, permet aussi de nouvelles ambitions économiques. L’impérialisme italien peut suivre d’autres voies que celle des revendications territoriales. D’ailleurs en arrivant au pouvoir Mussolini hésite à adopter la politique extérieure qu’on lui connaîtra plus tard.
La guerre renforce la puissance du Japon. L’industrie profite de l’éclipse des Occidentaux dans la région durant le conflit. Le Japon voit dans la Chine la solution à tout ces problèmes (matière première, produits alimentaires, débouchés pour la prod…). Sa position est déjà forte par sa présence économique en Mandchourie, militaire en Russie et dans les anciens comptoirs all et son influence sur la Corée. Les japonais espèrent transformer la Chine en un protectorat par l’application du « traité des 21 dde ». Mais lors de la conférence de Washington en 1921-22 les puissances occidentales donnent un coup d’arrêt à l’expansion japonaise qui doit se limiter à des ambitions économiques pacifiques.

La Grande-Bretagne ou la puissance satisfaite.
Le RU peut être considéré comme le principal bénéficiaire du règlement de la paix. Ces objectifs sont tous atteints : la fin de la suprématie économique de l’All, le désarmement naval de Reich, une grande influence ds la SDN, l’obtention de nombreuses colonies en Afrique et surtout une position de force au M-O. En plus du contrôle de l’Anglo-Persian et de la Turkish Petroleum datant d’avant la guerre, la GB obtient les mandat sur la Palestine, la Mésopotamie (accords de San Remo et traité de Sèvre) et sur la Perse (accord avec Téhéran). Certain ont parlés de « pax britanica ».
En fait malgré le début du déclin de la GB (la prod manufacturière de 1929<1914) align="justify">Le mythe de l’isolationnisme américain.
Les E-U doivent résoudre la contradiction inverse : l’opinion est profondément isolationniste alors que les E-U ont acquis la force de pouvoir intervenir.
Si le principe de base est dès lors le non-entanglement (le fait de n’être lié à personne) la politique US n’est pas isolationniste ds las faits, la devise de Harding est « America first ». L’impérialisme américain est musclé en Amérique du sud. Ils arrivent à imposer leur volonté lors de la conférence de Washington (égalité navale avec Gb notamment). Au M-O le bras de fer avec la GB permet aussi aux entp US de profiter du pétrole à partir de 1928.
Ce n’est qu’en Europe que les E-U semblent vouloir éviter tout engagement. Non ratification du traité de Versailles, intransigeance quant aux remboursements de la dette compromet le redressement de l’Europe. Si bien sur les E-U agissent sous la pression du Congrès et du « Farmer bloc » c’est aussi pour marquer leur supériorité face à la GB. La faiblesse de l’Europe (dollar gap notamment) permet aux E-U de substituer la diplomatie du dollar à celle ouverte.

La France entre sécurité et puissance.
En 1919 la Fr est victorieuse, elle est perçue comme confiante et sûr d’elle-même à l’étranger. Mais de l’intérieur les dirigent trouvent leur situation trip précaire. Le refus de signer le traité de Versailles annule les garanties des frontières fr par les E-U et la GB. De plus l’All est intacte et sa population est largement supérieure à celle de la Fr : La supériorité de la Fr risque d’être temporelle. L’objectif de sécurité devient prioritaire, il faut à tout prix maintenir l’All ds une position de faiblesse.
Pour y parvenir deux méthodes sont utilisées. Jusqu’en 1924 la droite au pouvoir adopte une politique d’intransigeance face aux all demandant l’application totale du traité de Versailles. Ceci comporte un risque : donner une image impérialiste de la Fr et l’isoler. Aussi à partir de 1924 le cartel des Gauche privilégie une politique plus conciliante. Il s’agit aussi de s’assurer la sécurité mais par une autre méthode.
Un trait commun persiste : la volonté d’encercler l’All. La Fr se rapproche pour cela des pays voisins de l’All (Belgique, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Roumanie). Pour autant elle ne développe pas l’armée mobile qui devrait compléter cette politique. (Ligne Maginot !)
En dehors de la recherche de sécurité la Fr a une incontestable volonté de puissance e d’expansion économique. 4 domaines d’illustrations :
· Elle développe un « projet sidérurgique » qui doit asseoir son hégémonie dans le domaine. Pour cela elle compte tirer tout les profits possibles du traité de Versailles qui lui ouvres les porte de l’All pendant cinq ans (l’All doit céder les mines de la Sarre, lui livrer près de 27 tonnes de charbon, lui accorder pendant cinq ans la clause de la nation la plus favorisée)
· La Fr a des ambitions économiques en Europe centrale. En effet en plus de la dislocation de l’A-H le traité oblige la liquidation des entp all sur ce territoire. Les Fr en profitent : la firme Schneider se constitue un véritable empire avec 73% de Skoda, la majorité des mine d’Ostrawa et des usines métallurgiques de Trinec, enfin elle pénètre aussi le milieu bancaire (Bodenkrédit, Autriche et Banque générale de crédit hongrois)
· La troisième action est pétrolière. Le commissaire aux Essence Henry Bérenger remarque la dépendance néfaste de la France sur le plan énergétique. Après de longues négociations le s accords de San Remo donnent les parts que la Deutsche Bank détenait de Turkish Petroleum à la Fr. Cela lui assure dore et déjà 25% de la production, de pétrole qui pourra être découverte en Mésopotamie. En Roumanie 12.5 % de la Steauna Romana sont détenus par des capitaux fr. En 1924 la création de la Compagnie fr des pétroles sous l’impulsion de Poincaré, démontre la volonté d’échapper aux directives des Anglo-saxons.
· La quatrième ambition est un projet d’impérialisme colonial. Il ne s’est pas vraiment concrétisé mais on en voit les traces. La Fr, contrairement à la GB ne s’appuie pas complètement sur les ressources des colonies pour développer l’économie de la métropole. Pourtant avec la guerre on commence à entrevoir les possibilités qu’offre l’Empire. Albert Sarraut ministre des colonies prépare en 1921 un plan de 4 milliards de francs-or pour équiper et mettre en valeur les colonie au profit de la métropole. Le plan Sarraut est sans lendemain. L’engouement des capitaux privés reste extrêmement ciblé (Indochine, Maroc, Syrie, Liban). En 1928 les importations coloniales représentent seulement 12% des importations totales, pour les exportations ce chiffre est de 16% (cf. chiffres de la GB)

Le redéploiement de l’impérialisme français.
Après WWI aux horizons perdus, russes et ottomans, succèdent, à la faveur de la victoire, les espaces nouveaux de l’Europe centrale. Pour Schneider « Skoda doit remplacer Poutilov ». D’autre part alors qu’avant WWI on pouvait parler d’un impérialisme bancaire fr, le conflit profite aux industriels. En effet grâce aux commandes militaires leurs moyens sont considérablement accrus et leurs liens avec le pouvoir se sont renforcés. Ce sont eux, et non les banquiers, qui accueillent avec enthousiasme la baisse du franc qui fav les exportations.
Le Parti colonial et les Partisans de l’expansion en Europe centrale sont des groupes de pressions qui se forment alors pour faire coïncider la carte des alliances militaires avec la pénétration industrielle. A la différence de la GB ou des E-U l’impérialisme fr est par contre très dirigé par l’Etat. Le rôle du Quai d’Orsay et du ministère des finances est primordial alors pour établir les stratégies.
Finalement les capitaux fr tiennent la première place en Yougoslavie et en Pologne (quoiqu’ils soient à peine plus nombreux que ceux US), ils occupent la deuxième place derrière la Gb en Tchécoslovaquie et dans le pétrole roumain.
(Relation parfois difficiles entre administration et industrielle car buts différents : sécurité et puissance)

Une nouvelle diplomatie ?
Le 1er des « 14 points de Wilson » montre l’idée de s’acheminer vers une nouvelle diplomatie, ouverte, déployée au grand jour et sans alliance secrète. La diplomatie connaît certes des changements, mais ils sont bien plus lents que ne l’aurait voulu le père spirituel de la SDN.

Les diplomates : traditions et changements.
Après WWI un certain nombres de défis attendent les diplomates : l’écroulement des Empires, l’émergence de nouveaux Etats et de nouvelles idéologies, l’irruption de l’inflation sur la scène internationale, la pression de plus en plus forte de l’économie et des finances sur les négociations internationales et la mise en place de la SDN. Si ils ne se sont pas entièrement adaptés il serait faux de prétendre qu’il n’y ait eu aucun changement.
En France la formation des diplomates reste la même. Ils sont recrutés par le grand et le petit concours du Quais d’Orsay créé en 1877. Deux langues sont requises et les « notes de stage » permettent de vérifier les « bonnes manière » des futurs diplomates. De plus les dédommagements accordés aux diplomates étant peu élevés il était important de disposer d’une fortune personnelle pour pouvoir tenir bonne table à l’étranger. Ainsi on recrute dans l’aristocratie, la haute bourgeoisie. L’attachement aux traditions ne favorise pas les changements. Malgré cela Béranger (ambassadeur aux E-U) était parlementaire, Francois-Poncelet (en All) était agrégé de lettre et fonctionnaire et Herbette (URSS) publiciste.
De même en GB, en All et en It l’aristocratie reste globalement en poste. En Russie soviétique les changements sont plus radicaux.
Rôle des diplomates change en ce que les chefs d’Etat et de gouvernements voyagent plus et traitent directement entre eux. Les ambassadeurs prennent alors de plus en plus le rôle d’informateur à l’étranger. Ils sont pour cela aidé par des attachés militaires et financiers. Les diplomates qui restent dans la capitale assurent la continuité de la politique étrangère face aux changements de ministres. En Fr ce sont en particulier le secrétaire général du Quai d’Orsay.

La naissance de la SDN.
L’idée d’une organisation supranationale qui puisse régler les conflits est ancienne. La conférence de La Haye de 1899 décide la fondation d’une Cour permanente d’arbitrage. Ces compétences restent limitées car les Etat sont libre d’avoir recours ou non à sa juridiction. La notion de « société des nation » apparaît lors de la seconde conférence de la Paix à La Haye en 1907 mais elle n’a alors qu’une signification morale. Elle prend une sens politique et juridique précis dans l’ouvrage de L. Bourgeois Pour la Société des Nation (1910). Le conflit mondial donne de la force à son idée qui est soutenue par Wilson depuis 1916. En 1918 le dernier des quatorze points porte sur la formation d’une « association générale des nations ». La même année lord Robert Cecil prend la tête de la League of Nation Union qui regroupe des assoc fav au projet. De même en Fr. L. Bourgeois fonde L’Assoc fr pour la SDN.
Le pacte de la SDN est adopté à la conférence de Paris le 28 avril 1919. Ce texte est incorporé à tous les traités de paix. Le Conseil se réunis pour la première fois le 6 janvier 1920 à Paris alors que l’assemblée est convoquée en novembre à Genève, siège de l’organisation.
Dès le départ la SDN doit faire face à deux faiblesses :
· Le refus des E-U d’y adhérer en mars 1920 efface l’universalité de la SDN qui devient une organisation européo centrée. L’absence des E-U, de la Russie soviétique et de l’All nuisent à se représentativité. Pourtant les 42 membres originaire (vainqueurs plus 13 neutres) regroupent ¾ de la population mondiale. Plus tard l’Asie, l’Afrique et l’Amérique du Sud resterons marginalisées, d’autant plus avec l’entrée des vaincus (entre 1920 et 1922, l’All en 1926) l’entrée des Etats Baltes et de la Finlande en 1920-21, de l’Irlande en 1923 et de l’URSS en 1934.
· Les autres faiblesses résident dans ses institutions et son mode de fonctionnement. L’unanimité requise par l’art 5 donne un droit de veto à tous les membres petits ou grands ceci menace son efficacité. La SDN n’a donc pas de pouvoir supranational elle reste une simple alliance d’Etats souverains. Les compétences reparties entres l’Assemblée et le Conseil ne sont pas bien définies.
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SDN

Le Secrétariat Le Conseil L’Assemblée
Prépare les documents - Membres permanents Se réunis tous les
les rapports et les réunions. GB, FR, IT, JAP, (US) ans en septembre
(ALL en 1926, URSS en 1934) à Genève
- Membres non permanents
4 à l’origine, 6 après 1922,
9 après 1926, élus par l’Assemblée

Article 5 : les décisions doivent être prise à l’unanimité
Article 10 : garantie mutuelle de la sécurité entre les membres de la SDN
Article 16 : prévoit des sanctions pour tout Etat qui ne respecterait pas les règles du pacte
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Le rôle principal des organes est d’inciter au désarmement sur les bases de l’article 10. Mais d’une part même si les sanctions économiques sont obligatoires les sanctions militaires sont que facultatives, les Etats ne sont pas obligés de les appliquées. D’autre part les vision de la GB et de la Fr diverge : la première prône le désarmement immédiat alors que la Fr craignant une attaque allemande veut la « sécurité d’abord ! »
En 1922 l’Assemblée adopte la résolution XIV qui affirme que le désarmement est subordonné à la sécurité des pays. En 1924 le protocole de Genève semble résoudre le problème en introduisant l’arbitrage obligatoire. Mais le projet avorte avec le retour des conservateurs au pouvoir en GB. Dans ce domaine la SDN est notoirement inefficace, elle ne peut empêcher les nombreux conflits entres 1920 et 1923 : les guerres russo-polonaises et greco-turques, la crise de Fiume, l’annexion de Vilno par les Polonais et celle de Memel par les Lituaniens.
Les mandats ne lui posent pas trop de problème en ce sens qu’elle n’y prête pas un œil très attentif.
L’administration de la Sarre est une tache délicate mais relativement bien remplie.
L’administration de la ville de Danzig est plus laborieuse.
En revanche l’arbitrage pour le partage de la Silésie de Nord qui aboutit en 1921 est une réussite.
La SDN n’a en effet pas faillit dans tous les domaines. Ses succès sont pour la plupart pendant son age d’or de 1925 à 1930. Un nouveau type de fonctionnaires est né dont Jean Monnet est le prototype. Il y en a 120 en 1919 et 700 en 1931. Il faut aussi souligner le rôle qu’est joué par les organismes auxiliaires comme l’OIT avec son secrétariat permanent le BIT, le HCR, l’Organisation économique et financière. Très vite la SDN eu aussi une vocation économique. La conférence de Bruxelles en septembre 1920 n’arrive pas unir les pays pour tenter de freiner la crise financière. Pourtant la SDN réussi à sauver l’Autriche de l’effondrement monétaire en 1922

Les délaissés ou les relations internationales hors de l’Europe

La dépendance coloniale
Même si WWI a commencé à secouer les équilibres coloniaux la marque de la dépendance est encore très forte. Elle se voit dans les domaines politiques, économiques, et culturels. Devant chaque gestion et devant chaque réaction des « indigènes » différente, bref face à la diversité des situations les historiens ont tendance à parler des impérialismes au pluriel.
Un trait demeure constant pourtant c’est le fait que les habitants des colonies sont considérés comme des « mineurs » qui n’ont pas droit de citer. La remise en cause de la colonisation par les intellectuels ou par les partis communistes affecte peu les consciences.
Pour les mandats la SDN crée une commission permanente des mandats qui doit veiller à ce que l’acheminement vers l’indépendance se fait mais la majorité de ces membres sont issus des grandes puissances coloniales. La GB donne par exemple un semblant d’indépendance à l’Irak qui peut gérer des chemins de fer qui ne lui appartiennent pas ou qui doit demander l’autorisation de la puissance britannique pour effectuer des mouvements militaires. Pour les mandats A de la Fr sur la Syrie il faut attendre la révolte sanglante des Druzes en 1925 pour qu’on commence à réfléchir à la question. En fait les puissances coloniales on acceptées le principe de self government de Wilson sans penser le mettre réellement en pratique.
Les premier remous se font sentir dans les colonies ou les structures traditionnelles sont restées très présents, ou la religion est puissante et ou les cadres locaux formés aux principes démocratiques les retournent à leur avantage.
C’est le cas en Inde ou Gandhi organise une nouvelle forme de lutte : la désobéissance civile qui réuni les paysans et les castes supérieures. En Indonésie le Sarekat Islam, créé en 1912, et le Parti national indien, créé en 1927, et dirigé par Soekarno demandes aux Néerlandais de participer à l’administration du pays. En Indochine l’industrialisation est plus avancée et les revendications sont appuyées par les idées socialistes (mouvement dirigé par Nguyên Ai Quôq, futur Hô Chi Minh) mais les résultats sont encore faibles. En Egypte l’arrestation de Zaghloul Pacha leader du parti indépendantiste Wafd en 1919 entraîne un soulèvement national durement réprimé. Finalement Londres reconnaît l’indépendance de l’Egypte en 1922 (mais elle y maintient des bases militaires et contrôle le canal !!)

Secousses au Moyen-Orient
En Turquie les Grecs essayent de conquérir du terrain mais le Général Kemal avec son mouvement de libération –unité repousse les Grecs. En avril 1920 une Grande Assemblée nationale réunie à Ankara consacre la naissance de la nouvelle Turquie. La consécration de la victoire est obtenue lors de la conférence de Lausanne qui fixe les frontières du nouveau pays en juillet 1923. Certes cette libération ne se fait pas sans douleurs et de haine => grands déplacements de populations turques et grecques avec la mise en place des nouvelles frontières.
En Afghanistan et en Perse les jeunes chefs Amanulah (nouvel émir de Kaboul) et Reza Kahn (devient shah en 1925) font jouer les rivalité entre les bolcheviques et la GB pour obtenir l’indépendance politique. Les accords sur le retrait des troupes européennes sont signés en 1919-1920 pour l’Afghanistan et en 1920-1921 pour la Perse.
La libération économique de la zone par contre ne se fait pas dans les années 20. En effet les compagnies pétrolière usent des rivalité locales pour asseoir leur hégémonie, alors que les locaux ne sont pas encore à même de faire jouer les rivalités entre les firmes pétrolières pour les affaiblir. En général les européen maîtrisent la zone malgré l’intérêt grandissant de l’URSS.

L’Extrême-Orient s’éveille
Cette région (Chine et Japon) parait beaucoup plus susceptible d’engendre des conflits.
· Situation du Japon : dès le début de WWI le Japon entreprend son ascension vers le statu de grande puissance et la guerre va aider ce mouvement grâce à la paralysie de l’Europe qui favorise le commerce nippon. L’indice de production industrielle passe de 10 en 1910-1914 à 160 en 1915-1919. Le nombre d’ouvriers a augmenté de 60% et le commerce extérieur qui représentai 15% du revenu national avant guerre passe à 20% à la fin du conflit. Malgré les conflits sociaux de 1920-1921 l’importante hausse démographique ne ralenti pas, le taux de natalité est tjs supérieur à 30‰. Dès lors la question est de savoir où est ce que le Japon va écouler sa production industrielle et ou est ce qu’il va chercher la nourriture et l’espace pour la population grandissante. Il a des vues sur la Chine. Mais les Anglo-saxon se méfie de cette puissance grandissante. Le japon a multiplié les bases dans le Pacifique ce qui inquiète les américains aussi bien que la GB traditionnelle puissance maritime dominante. C’est pourquoi le pdt Harding organise la conférence de Washington. Durant cette conférence ils arrivent à freiner le Japon, mais surtout les E-U obtiennent l’égalité des forces navales avec la GB qui doit abandonner son Two Power Standard. Cette conférence consacre les nouvelles puissances Américaine et japonaise.
· Situation de la Chine :
Depuis la chute de la dynastie manchoue en 1911, les rivalités entre seigneurs affaiblissent le pays. Elle n’a aucune raison de s’engager dans le conflit. Finalement les Alliers obtiennent son entrée en guerre (envois de 200 000 coolies en Europe) contre une dispense de payer ses dettes pendant cinq ans. Là est justement le pb de la Chine : elle est très endettée, principalement envers le Japon. Par les 21 demandes de 1915 le Japon s’octroi un quasi protectorat sur une partie du territoire de la Chine et aussi sur la police, l’armée et la marine et dans de vastes domaines économiques.
Le sentiment national de la Chine s’exprime lorsqu’elle est reléguée au deuxième plan lors des délibérations de paix à Versailles. Le 4 mai 1919, à Pékin se déroulent une puissante manifestation étudiante qui s’étend dans le pays dénonçant l’occupation japonaise et les impérialismes occidentaux. Ces troubles n’ont pas beaucoup de résultat et la Chine reste soumise à des traités inégaux. Ce qui lui profite par contre c’est la peur qu’ont les occidentaux de l’expansion nippone. Lors de la conférence de Washington (nov. 1921-fév. 1922) la coalition anglo-saxonne réussit freiner les ambition Japonaises sur la Chine (il doit notamment restituer le Shandong à la Chine).
A partir de 1924 le Guomindang, coalition hétéroclite de communiste, de bourgeois et de nationalistes, réussit à fédérer le pays en s’affirmant contre les seigneurs de guerre et les impérialismes occidentaux. Le mouvement révolutionnaire est soutenu par l’URSS qui instruit les cadres du parti. Pourtant la bourgeoisie n’entend pas trop bouleverser les rapports sociaux et alors que le leader du mouvement, le général Tchang Kaï-chek a presque unifié les pays on assiste à une rupture entre les nationalistes et les communistes. Le gouvernement de Tchang reste le seul maître. Mu par le nationalisme la Chine réussit à obtenir l’autonomie douanière et la souveraineté pour la levée de l’impôt. Les grandes puissances commencent à la prendre en compte sans pour autant s’en inquiéter.
· Les autres régions :
Des mouvements indépendantiste ou nationaux naissent mais ils ne sont pas encore assez puissants pour remettre en cause l’hégémonie du colonisateur et en particulier la GB. L’Inde est plus remuante, les promesses de self-government ne sont pas tenues (massacre d’Amristar du 13 avril 1919) ce qui pousse le Congrès Party à ne plus coopérer. A la fin des années 20 : campagne de désobéissance civile. La crise économique des années 30 renforce encore le mouvement.

L’Afrique oubliée
L’Afrique est un territoire partagé entre les grandes puissances les territoire des perdants de la WWI sont redistribué par la SDN (Mandats A, B, C) et personne ne conteste le « découpage » donc ce continent reste en dehors des troubles. Les quelques soulèvement (guerre du Rif en 1925 et parti Wafd en Egypte) ne parviennent pas à contaminer le continent.

L’Amérique latine sous tutelle
L’Amérique latine est le terrain de chasse privé des yankees. Les E-U croient encore à la doctrine Monroe selon laquelle la destinée des E-U est de contrôler l’évolution du continent. En Amérique du sud la présence économique des E-U est prédominante. Les capitaux US sont deux fois plus élevés que ceux de la GB et 15 fois plus que ceux de la Fr. De plus ils entretiennent le commerce en achetant des matières premières et en vendant des produits manufacturés. En 1928 les E-U achètent 37% des exportations d’Amérique latine.
La domination est aussi politique la SDN manque d’autorité pour gérer les conflits entre le Chili et le Pérou et entre la Bolivie et le Paraguay et c’est une commission américaine qui joue les négociateurs. Du coup plusieurs pays quittent la SDN.
Dans les Caraïbes les E-U agissent sans complexe : c’est la politique du « Big stick ». Les marines interviennent directement au Nicaragua, au Salvador, à Honduras… Pourtant on sent une volonté de changer de méthode. On créé un tribunal de l’Amérique centrale qui a pour mission de régler pacifiquement les litiges. Le pdt Hoover déclare lors de son élection vouloir ouvrir un désengagement et une politique de bon voisinage.

En résumé les relations Internationales dans les années 1920 sont relativement paisibles. Les mouvements d’indépendance ne donnent pas encore lieu à des décolonisations mouvementées. C’est seulement en Europe que les relation restent vivent et déterminantes.


Chapitre V
La faillite de l’ordre versaillais (1920-1924)
[…]

Chapitre VI
L’Europe stabilisée par le dollar (1924-1929)
[…]

Résumé de "Turbulente Europe et nouveaux mondes 1914-1941" (Girault, Frank) Troisième Partie

LES RELATIONS INTERNATIONALES EN CRISE ET EN GUERRE (1929 - 1941)

Chapitre VII
La crise économique mondiale et les politiques extérieures

Réalités et perceptions par les contemporains de la crise économique mondiale
La crise dépasse le domaine économique. Elle a des effets politiques mais aussi des conséquences dans le domaine social et culturel. Elle touche tous les pays mais de manières différente. Elle s’abat sur les contemporains qui la « subissent sans bien en comprendre les causes ; du coup ils sont encore moins capables d’y porter rapidement remède. On saisit mieux en sachant cela l’extrême poussée des égoïsmes nationaux qui partout prévalent sur une solidarité internationale pourtant mieux adaptée à résoudre un problème d’ordre global.»

La crise de 1932-1933
On date souvent le début de la crise au krach boursier du 24 octobre 1924 mais ce n’est qu’une origine à une multiplicité de causalités interdépendantes. De même pour la répercutions vers l’Europe, il ne faut pas oublier que dès avant 1929 les indices de la prospérité étaient en baisse. Pourtant il y a un moment ou tout les indicateurs sont dans le rouge : 1932-1933, la crise est alors mondiale.
C’est aussi en 1933 qu’échoue la conférence internationale de Londres. La France, la Grande-Bretagne, et les Etats-Unis ne trouvent pas de compromis. C’est alors la porte ouverte à de nouvelles perspectives telles l’autarcie Allemagne et Italiennes, la préférence impériale britannique ou l’isolationnisme américain.
Les Etats-Unis semblent le plus touchés par la crise. Les indicateurs du chômage, de la production industrielle, des prix de gros du commerce sont les plus affectés aux Etats-Unis. Pourtant elle conserve le stock d’or le plus élevé. L’Allemagne est plus touchée aussi que ses voisins. L’industrie subit une sévère secousse, le chômage est considérable et surtout elle perd une grande partie de son stock d’or. La France parait relativement épargnée. La production industrielle faibli, mais n’étant pas très développée le chômage reste plutôt bas. Surtout elle augment rapidement son stock d’or, les spéculateurs internationaux considérants que le Franc est déjà trop dévaluer pour risquer une autre baisse. La Grande-Bretagne par contre doit annoncer le 21 septembre 1931 la fin de la convertibilité-or de sa monnaie. En avril 1932 la livre se stabilise après une baisse de 33% de sa valeur antérieure. Une autre tradition britannique s’efface avec la mise en place en mars 1932 d’un tarif général des douanes. Les pays du Commonwealth en sont épargnés (conférence d’Ottawa, 1932). Mais un tel changement eut des effets prolongés ; il aboutit notamment à la dévaluation du dollar de 40% en 1934. Les pays neufs, exportateurs de matières premières et importateurs de produits manufacturés, déjà atteints par la chute des prix de gros depuis 1929, subissent les manipulations monétaires. Le prix de coton indice 100 en 1929 atteint l’indice 35 en 1933 ; de même le sucre descend jusqu’à 48% de sa valeur de 1929. En 1932 le commerce mondial baisse de 36% par rapport à 1929. Les pays neuf sont pourtant inégalement touchés selon leur attache à une métropole colonisatrice ou non. Ainsi, les pays d’Afrique sont moins touchés que les pays d’Amérique latines ou le Japon. Ce dernier avait doublé son commerce entre 1913 et 1929, il chute de 35% en 1932 pour retrouver son niveau de 1929 en 1936.

La perception de la crise par les contemporains
Les contemporains sont attentifs aux aspects spectaculaires de la crise que sont le chômage et la destruction des produits agricoles, devenus invendable avec la baisse des prix. Ainsi avec quelques exemples symboliques tels le café brésilien brûlé dans les locomotives ou la destruction volontaire du blé dans les Grandes Plaines américaines, une symbolique du désordre mondial s’installe. Au font les opinions publiques sont plus marqués par les conséquences sociales. Les décideurs politiques agissent et interprètent du coup aussi la crise sous ce point de vue. L’incapacité des experts à donner des solutions viables et l’ignorance de la majorité des responsables accentuent les réponses politiques données à la crise.
Dans les démocraties les effets négatifs des deux solutions disponibles, la déflation et la relance par l’Etat, sont systématiquement reprochées à l’adversaire politique. La seule explication à la crise qui créé le consensus est finalement que le problème vient de l’extérieur. Chaque pays se replie donc progressivement sur soi. L’autarcie, partielle ou totale devient le remède. Inconsciemment, les hommes retrouvent les réaction réflexe de repli sur soi : le nationalisme.
Le Krach étant considéré comme le la cause de la crise et celui-ci ayant eu lieu aux Etats-Unis, il s’installe en Europe un certain antiaméricanisme. Vice-versa en Amérique on reproche l’ingratitude européenne. Devant la baisse des prix on accuse le voisin de pratiquer le dumping, ce qui aboutit finalement les milieux syndicaux et patronaux à soutenir le protectionnisme avec des slogans tels « Achetez Français ! » ou « Guy British ! ». On en vient même à vouloir exclure les minorités du droit du travail. La campagne contre les « métèques » en France et les vagues d’antisémitisme en Europe ou les attaques contre les immigrants prolétaires aux Etats-Unis le montrent bien.
La crise nourrit la xénophobie et le racisme et l’égoïsme national prime toujours sur une quelconque solidarité internationale.

L’impossible concertation internationale (1930-1933)

Contrairement à l’idée que la crise internationale naît suite à la chute de la bourse new-yorkaise, on remarque en fait que des facteurs concomitants aggravent la crise. Pour résumer :
- l’incapacité des grands Etats riches et puissants à organiser un système cohérent des échanges internationaux, en acceptant de jouer collectivement les règles du libre-échange et en aidant les pays en difficulté ;
- le mélange de considérations purement politiques et de considération économiques qui interdit certaines solutions pourtant bénéfiques ;
- la médiocrité et la confusion des analyses théoriques économiques et monétaires, incapables de proposer des schémas claires et efficaces, adaptés à l’ampleur du séisme, d’où de multiples tâtonnements dans le choix des solutions.

Le serpent de la crise se déroule : Etats-Unis, Allemagne, Autriche (1930-1931)
La crise aurait pu avoir des effets salutaires si elle avait débouché sur un assainissement des pratiques boursières. Cette tendance eu bien lieu mais elle fut accompagnée d’autres effets beaucoup plus pervers. Contrairement aux espoirs de la conférence économique mondiale de 1927 les Etats-Unis mirent en application le tarif Smoot-Hawley en juin 1930. Cette décision protectionniste entraîna non seulement une diminution du commerce extérieur américain, et donc des difficultés chez les pays producteurs, mais aussi une vague des hausses tarifaires dans tout le monde.
La France élève ses droit de douane à trois reprises en juillet 1931, mars 1932 et juillet 1933. La Grande-Bretagne se donne les moyens de moduler ses tarifs selon les zones et les produits avec l’Import Duties Act de février 1932. En Europe centrale chacun tente de se barricader par le protectionnisme et le contingentement. La politique adoptée par les dirigeants allemands ne fut pas plus adaptée. Brüning arrivé en mars 1930 au pouvoir décide un active politique de déflation. Conséquence : de 2 millions de chômeurs en 1929, l’Allemagne passe à 3 millions de chômeurs début 1931. Le chancelier dissout alors le Reichstag, ce qui permit aux extrêmes de faire un bon en avant (le NSDAP passant de 12 à 107 sièges). Les épargnants retirent leurs dépôts et les américains retirent leurs investissements. Ces comportements dévoilent la faiblesse de la structure économique de l’Allemagne. En mai 1931 la Kredit-Anstalt fait faillite et en juillet c’est au tour de la Danat, entraînant avec elles d’autres faillites. Le moratoire d’un an sur les dettes intergouvernementales décidé Hoover le 20 juin 1931 ne réussit pas à arranger la situation.

La Grande-Bretagne prend le large (1931-1932)
Depuis quelques semaines, au printemps 1931, pour se prémunir contre la perte de change, des banques d’Europe du nord et celles du Benelux ont converti leur avoir en sterling contre de l’or. De plus les experts critiques le budget du gouvernement travailliste de MacDonald, trop déficitaire. Certains critique les français pour n’avoir rien tenter pour venir en aide à la Grande-Bretagne. Mais en fait personne ne croit que la livre, alors beaucoup trop surévaluée, puisse se maintenir. L’inévitable su produit le 21 septembre 1931, le nouveau gouvernement d’Union nationale décide de ne plus reconnaître la convertibilité-or. Vingt cinq autre pays suivent la Grande-Bretagne (Commonwealth, Etats scandinaves, Argentine, Portugal, Egypte…). La livre perd 25% de sa valeur en quelques jours.
Comme les américains la Grande-Bretagne refuse de jouer le rôle qui lui à été assigné (réguler les échanges mondiaux en tant que première puissance commerciale) pour se concerter sur ses intérêts nationaux. Pendant l’été 1931 la crise est en effet devenue « incontrôlée ». Malgré de vaines négociations menées à Paris et à Londres, le fossé se creuse entre les puissances européennes. Les Français ont obtenu le retrait du projet d’union douanière austro-allemand. Les anglais aussi bien que les allemands les considèrent comme des égoïstes attachés au Traité de Versailles, incapables de sauver l’Europe malgré l’or amassé par la BDF. => soupçons réciproques. Les États-unis pour leur part refusent la demande française d’abandonner les remboursements des dettes de guerre. La Grande-Bretagne, soucieuse de ses relations avec les États-unis continue à rembourser ses dettes (un versement en décembre 1932).
En 1932 l’impasse est complète tout le système financier construit pendant les années 20 s’écroule.

L’impossible concertation pour sauver les Etats danubiens (1932)
[…]

L’échec décisif : la conférence économique internationale de Londres (1933)
A l’échelle mondiale on ne parvient pas d’avantage à trouver de solution globale négociée. Vu les avis et les priorités différents de chaque pays on ne peut réalistement croire en une telle solution.
La France forte de ses stocks d’or veut que les monnaies soient définies sur l’or afin de revenir au système de libre-échange des années 20, tout en refusant d’abaisser ses barrières protectionnistes et de payer ses dettes de guerre. Les États-unis sont farouchement attachés au paiement des dettes de guerre et veulent laisser baisser le dollar pour relancer la hausse des prix sur leur marché intérieur. La Grande-Bretagne débarrassée du libéralisme entend protéger « sa » zone de commerce face à la concurrence « déloyale » des États-unis. Les Allemands comptent sur leur dynamisme industriel pour s’imposer avec des accords économiques bilatéraux ou par la formation de cartel. Les Italiens et les Japonais veulent construire une zone privilégiée, respectivement dans les Balkans et en Chine.
Aussi la conférence débute le 12 juin 1933 dans un pessimisme généralisé. De fait chacun tient à exprimer ses vues et à laisser aux autres la responsabilité de la rupture. Ce sont les Américains qui font finalement échouer la conférence : Alors que la France et la Grande-Bretagne sont sur le point de trouver un accord, Roosevelt envoi un message faisant savoir que, pour lui, la stabilisation monétaire devait se faire à partir de critères intérieurs et non pas sur une base internationale négociée. Le 27 juillet la conférence prend fin sans solution.

La crise nourrit les crises : Mandchourie et désarmement

L’affaire de Mandchourie
Septembre 1931 : l’armée japonaise occupe la Mandchourie. Octobre 1931 : le Japon refuse d’obéir à une résolution de la SDN lui enjoignant de retirer ses troupes de la Mandchourie. 27 mars 1933 : le Japon, unanimement condamné par la SDN un mois plus tôt, quitte la SDN.
L’initiative japonaise trompe les observateurs contemporains car le Japon avait l’air d’un Etat modernisé ayant adopté les principes démocratiques (SU masculin en 1925 ; occidentalisation de la société avec l’essor économique et démographique) et une politique étrangère conciliante depuis la conférence de Washington en 1922 et les accords de 1922 remettant à la Chine T’sing Tao et une grande partie du Shandong. La politique nippone était de poursuivre sa pénétration économique chez ses voisin certes mais de manière pacifique en suivant le credo américain de la porte ouverte. Encore en 1930 le Japon accepte de réduire sa flotte lors de la conférence navale de Londres.
C’est la crise économique qui inverse en fait la donne. Elle dura relativement peu mais fut brutale, pour ce pays très ouvert sur l’extérieur car les marchés extérieurs se fermèrent. Les exportations de soie qui représentaient 36% des exportations japonaises s’effondrèrent de moitié entre 1929 et 1930. Durant la même période le revenu des agriculteurs est divisé par deux. La crise économique et sociale intérieure révéla la fragilité extrême de la « démocratie » japonaise. Les paysans, les ouvriers, les intellectuels étaient déçus du régime politique qui avait selon eux amené la misère. Ceci facilite l’installation d’un nationalisme ardent, par les groupes aristocratiques. Les « sociétés patriotiques » n’avaient jamais cessées d’exister, elles trouvèrent dans la crise un nouveau souffle.
L’ultra-nationalisme se manifestait surtout dans l’armée qui prenait de plus en plus d’indépendance vis-à-vis du pouvoir politique. Ainsi en septembre 1931 sans prendre l’avis du gouvernement l’armée basée dans le sud de la Mandchourie (malgré le traité de 1922 reconnaissant la pleine souveraineté de la Chine sur la région) occupent la ville de Moukden, puis bientôt toute la mandchourie. La Chine incapable de parer l’initiative nippone s’adresse à la SDN. Mais la chute du gouvernement libéral au Japon en décembre 1931 et l’arrivée au pouvoir du conservateur Inukaï puis du général Araki bloque toute solution négociée. En janvier 1932 le Japon attaque la ville de Shanghai. En même temps il met en place en Mandchourie un gouvernement fantoche à la tête d’un Etat lui étant en fait soumit : le Mandchoukouo. En mars 1933 il poursuit son avancée dans la province du Jehol au nord de Pékin. Finalement un armistice est conclu le 31 mai 1933.
L’autorité de la SDN qui ne peut rien entreprendre est directement mise en cause. Elle se voit en fait pour la première fois confrontée à une politique de force de la part d’une puissance. Seule l’intervention des autre puissances pourrait forcer le Japon à reculer. Or les Hoover ne peut admettre l’agression du Japon mais sa force navale est trop faible, il se contente de ne pas reconnaître le Mandchoukouo (csq : élévation du budget pour la flotte de guerre en 1933 et 1934 aux États-unis). De son côté l’Angleterre hésite à se heurter à ses anciens alliés. L’Allemagne est divisée entre pro-chinois et pro-japonais et l’URSS n’est pas membre de la SDN et ne veut se mêler des affaires impérialistes.
Au final le Japon garde la Mandchourie et la SDN est affaiblie. La guerre est de nouveau à l’ordre du jour.

Les conférences sur le désarmement
Dans cette situation tendue le désarmement devient encore plus important, cependant toute tentative est un échec.
A la fin de la WWI le retour à la paix aurait du être synonyme de désarmement. L’article 8 du pacte de la SDN prévoyait en effet une diminution contrôlée des armements. En réalité seul les Etats vaincus avaient été contraint de réduire leurs forces armées. Dès lors on assiste à un dialogue de sourds : les vaincus demandent aux vainqueurs de désarmer pour aboutir à une égalité pendant que les vainqueurs attendent une reconnaissance formelle de leur sécurité par les vaincus avant de baisser leur niveau d’armement.
Les accords de Locarno en 1925 avaient paru constituer un début de véritables négociations ; mais la crise économique complique la donne.
La question du désarmement touche toutes les sphères de la société : les militaires qui ne sont prêt à réduire quantitativement leur stock qu’à la condition d’acquérir des armes plus efficaces, les financiers privés ou étatiques dont le commerce d’arme représente des intérêt non négligeables et enfin elle pose des questions morales et psychologique dans une société fortement touchée par l’hécatombe de la WWI (cf. anciens combattant et mouvement pacifistes) (en mai 1932 lors des élections française 88% des candidats prennent position sur le problème). C’est donc un problème clé des RI durant les années 30.
La France en apparence épargnée au début de la crise est suspectée de vouloir profiter de sa situation pour renforcer sa suprématie militaire. Mais à y regarder de plus près elle n’est plus dans la position de force dans laquelle elle avait été en 1914, « les observateurs lucides découvrent une armée désarticulée, dépourvue d’une stratégie cohérente et mal équipée » (Vaïsse). L’Allemagne sont principal adversaire, ne veut négocier qu’à la condition d’obtenir une révision du traité de Versailles. En contrepartie de son annulation ils proposent aux Français une collaboration économique en Europe. Ils ont aussi l’appui des Anglo-Saxons, prêts à abandonner les réparations et résignés à la Gleichberechtigung. Mais en France personne ne veut aller si loin. Elle est accusée de non coopération et isolée. Dès lors le désarmement est un sujet récurent à la SDN. Les Français qui savent que l’Allemagne se réarme clandestinement essayent de l’en empêcher (plan Tardieu en février 1932, « plan constructif » de l’été 1932, tentative de bonne volonté de Herriot après).
La conférence générale sur le désarmement qui s’ouvre en février 1932 à Genève voit donc la France épaulée des Etats de la Petite Entente essayer de retarder le réarmement allemand. Durant la conférence Hitler arrive au pouvoir en Allemagne. Le 14 octobre 1933 il fait savoir que son pays ne participera plus à la conférence et cinq jours plus tard il quitte la SDN (geste symbolique approuvé par 95% des Allemands lors d’un plébiscite). Dans le domaine militaire le règne du chacun pour soi a (aussi) commencé.

Finalement fin 1933, après quatre ans de cris le paysage des RI est bouleversé. La SDN est affaiblie (Mandchourie, quatre des grandes puissance n’y siègent pas : États-unis, URSS, Japon, Allemagne). Le traité de Versailles est caduc (sauf pour les clauses territoriales). La crise a facilité la destruction du fragile équilibre. Un monde incertain est désormais à la merci de ceux qui sont résolus à l’action.



Chapitre VIII
Les défis fascistes et les reculs des démocraties (1934-1936)

Les dictatures et la politique internationale

Les dictateurs « nationaux »
En 1934 la liste des dictatures est considérable. Sous des formes différentes et usant d’idéologies variées elles s’étendent sur une grande partie de l’Europe :
La Hongrie de l’Amiral Horthy (1919), l’Italie de Mussolini (1922), la Turquie de Mustafa Kemal (1923), la Lituanie de Voldemaras (1926), et le Portugal du professeur Salazar (1926) sont le premier groupe de dictature.
La Yougoslavie du roi Alexandre (1929), la Pologne du maréchal Pilsudski (1930), l’Allemagne de Hitler (1933), l’Autriche du chancelier Dollfuss (1933), la Lettonie du président Ulmanis (1934), l’Estonie du général Laidoner (1934) et la Bulgarie du général Georgief (1934) les rejoignent dans un second temps.
Enfin la Grèce du général Metaxas (1936), la Roumanie du roi Carol (1938) et l’Espagne franquiste (1939) s’ajoutent au groupe.
Il ne faut pas oublier l’URSS stalinienne dont la dictature se renforce après l’assassinat de Kirov (déc. 1934).

Pouvoir personnel et nationalisme
Une telle monté en puissance des dictatures change la donne des relations internationales. Les leaders cherchent une légitimation de leurs pouvoirs sans limites dans une politique extérieure qui exalte les aspirations profondes de leurs peuples respectifs. Les Etats vaincus en 1918 cherchent la révision des clause des traités de paix ; pour les Etat à « minorité remuante » il s’agit de souder la Nation en un bloc uni ; pour les Etats estimant ne pas avoir encore acquis l’unité du territoire national il s’agit de « délivrer » les frère vivant hors des frontières. Le chef devient ainsi l’incarnation de l’idéal national ; sa politique extérieure se fonde par principe sur le nationalisme.
Ainsi Mussolini exprime sa latinité par le retour au mythe de l’Empire romain ; Kemal se veut turc et non ottoman ; le roi Alexandre est d’abord serbe même s’il est aussi le souverain, en théorie, des Croates et des Slovènes ; le général Pilsudski ne reconnaît pas les Ukrainiens, les Biélorusses et les Juifs peuplant son pays ; Hitler élève en dogme le mythe de l’Arien et fait du racisme l’axiome de toute sa politique. A sa manière aussi Staline privilégie le national car le mouvement communiste international est subordonné à la défense de l’URSS.
La politique extérieure pour l’exaltation de la nation semble prendre le dessus. Cette volonté est naturellement accompagnée d’une militarisation accrue. D’ailleurs la plus part des « conducteurs » (Führer, Duce, Caudillo, Conduttore, Voïvode…) s’il ne sont pas déjà des généraux, aiment à se montrer en tenue militaire. L’armée pour autant est toujours bien subordonnée au pouvoir politique (cf. purges de l’Etat major allemand par Hitler en 1937 et les purges des généraux en URSS la même année). Mais la préparation des forces armées est souvent bien moins avancée que ce que laisse entendre la propagande.
Dans les relations internationales c’est le camps des dictature qui mène le jeu en n’hésitant pas à recourir à la menace armée, donnant un poids décisif au rapport de forces militaires.

Le rôle de la propagande
Afin de recueillir l’assentiment de la majorité, les dictatures usent d’une nouvelle méthode : la propagande. Déjà expérimentée pendant WWI, elle est ici utilisée en temps de paix. Elle passe par le cinéma, la radio, la censure des journaux, les associations paramilitaires pour la jeunesse. Elle est ponctuée par des énormes rassemblements populaires ou défilés militaires, qui à Nuremberg, qui sur la Plaza del Popolo à Rome, qui sur la place Rouge de Moscou.
La propagande a aussi un impacte fort sur les populations des pays voisins, notamment les démocraties qui sont émerveillée d’une telle « efficacité », d’une telle « adhésion » des foules à leur régime alors que l’on voit justement les difficultés du parlementarisme. D’autre part les dirigeants français ou anglais (interchangeables) semblent ridicules par rapport à Hitler, Mussolini ou Staline chefs irremplaçables. L’organisation de « voyage d’information » ou l’exposition internationale de Paris en 1937 sont d’autre occasion de propagande de la part des dictatures (cf. Hitler et Mussolini)

La « diplomatie-spectacle »
Le chef prédestiné, l’homme d’action, a besoin à tout prix de réussite rapide et spectaculaire ou au moins d’apparente réussite. On dramatise donc les enjeux pour donner un résultat plus brillant et on n’hésite pas à utiliser l’outrance dans les termes de la négociation.
Les dictateurs sont beaucoup plus portés à user d’une diplomatie « ouverte » en affirmant haut et fort leurs intentions que la diplomatie classique. Les discours devant de larges rassemblements humains sont aussi l’occasion de faire « ratifier » leurs politiques. La politique est devenue spectacle.
D’autre part les tactiques changent. N’ayant plus à répondre de leurs actes devant un parlement et leurs décisions, en tant que chef, étant toujours la bonne, les dictateurs peuvent facilement opérer des virages dans leurs stratégies. Jouant ainsi sur le bluff et prenant à revers les adversaire les dictateurs changent les règles du système international : la stabilité laisse place à l’irrationalité.

Hitler temporise, Mussolini s’interroge : les illusions de la négociation

La politique extérieure hitlérienne
Lorsque Hitler est devenu légalement chancelier du Reich le 30 janvier 1933 de nombreux observateurs ont cru qu’il serait manipulé par la droit allemande et suivrait la politique menée jusque là, c'est-à-dire la révision du Traité de Versailles et le rétablissement de la puissance de l’Allemagne. Pendant un an il se tient en effet à cela et joue le jeu des négociations.
Mais dès le début Hitler à en tête la réalisation d’un gigantesque plan. Il le dévoile déjà le 3 février devant les chefs militaires et le 8 février au Conseil des ministres. Il s’agit d’abord de donner au Reich un espace vital suffisant (Lebensraum). Celui-ci comprend l’Europe de l’est jusqu’à la Russie et l’ancien empire Austro-Hongrois. Dans cet espace la race allemande doit domestiquer les races locales. Deuxièmement il s’agit d’éradiquer le communisme (ce qui permet d’acquérir un territoire très vaste par la même occasion). Et enfin il faut « purifier » la race allemande par l’expulsion et l’élimination des juifs.
Est-il dès lors dans la continuité de Bismarck ou de Guillaume II ? Certes on retrouve le programme d’expansion hégémonique sur l’Europe continentale déjà présent dans l’idée de Mittel-Europa. Mais cette volonté est poussée à l’extrême par l’emploi de la force et la composante raciste est neuve. Sur le point de l’emploi de la force armée la détermination de Hitler est immédiate dès février 1933 la Wehrmacht est placée au centre du système politique, économique et culturel nazi. Trois conséquences en découlent. 1) il faut redonner à l’armée une capacité d’action. Il décide en décembre 1933 de porter ses effectifs de 100 000 à 300 000 hommes et lorsque la France refuse de continuer les vaines négociations sur le désarmement (déclaration du 17 avril 1934) il donne six mois à l’Etat major pour réaliser ceci. 2) Il faut placer l’économie au service de l’armée. La Wehrwirtschaft suppose une prise en main de certain secteur de l’économie par l’Etat. Enfin 3) La propagande doit permettre à l’armée de retrouver son prestige auprès de la population. Dès mai 1933 les ouvrages pacifistes sont brûlés sur la place publique.
Avec ces décisions Hitler peut encore paraître comme un continuateur. Bon nombre d’Allemands sont satisfait car ils croient assister à l’achèvement rapide de la politique révisionniste précédente (sortie de la SDN et réarmement). L’armée est satisfaite. Le patronat aussi avec l’épuration des syndicats. Hitler a les mains libres à l’intérieur pour mener sa politique extérieure.
Dans un premier temps il fait preuve de modération. Mussolini avait proposé en 1932 une sorte de concertation entre les quatre grands (Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie) pour maintenir la paix tout en admettant la possibilité de révision des traités de 1919. Hitler approuve cette proposition (discours au Reichstag du 23 mars 1933). Ainsi lorsque la France, elle, refus il passe pour un champion de la paix.
En fait Hitler poursuit un double objectif : éviter l’isolement en cherchant des allié durables en Europe et ne pas se faire encercler militairement. Sur le premier point les alliés potentiels sont l’Italie et la Grande-Bretagne. Sur le deuxième objectif il faut empêcher la France de trouver des appuis militaires réels (Pologne, Petite Entente), notamment en faisant clairement comprendre que tout rapprochement avec l’URSS serait un obstacle définitif au rapprochement franco-allemand. Même si Hitler sait depuis le début que la réalisation du Lebensraum ne peut se faire qu’avec un France affaiblie, il évite dans un premier temps les provocations car son réarmement n’est pas encore effectif.

Patte de velours et coups de griffes : réarmer d’abord (1934 – 1935)
Durant ces deux années Hitler continue officiellement de mener une politique conciliante. Mais il profite en même temps de ce calme pour réarmer.
D’abord en janvier 1934 il signe avec la Pologne une déclaration de non recours à la force. Le dictateur Pilsudski se sent en effet plus proche de l’Allemagne que des Français dont l’alliance est perçue comme stérile. (Du coup les français pensent à une alliance avec l’URSS ce qui les éloigne encore plus de la Pologne).
Si Hitler agit de la sorte c’est qu’une politique de force est encore prématurée. Une vaine tentative d’Anschluss en juin 1934 le montre. [Au printemps 1934 Hitler veut accélérer la prise de pouvoir de l’Etat allemand par le parti nazi. Pour cela il faut éliminer les opposants au sein de sa coalition et ceux de gauche. C’est chose faite après la « nuit des long couteaux » (30 juin 1934).] Les nazis autrichiens conforter par le « processus révolutionnaire » allemand essayent de prendre le pouvoir en Autriche. Ils assassinent le dictateur Dollfuss le 25 juillet 1934. Mais contrairement à leurs attentes von Schuschnigg lui succède immédiatement et leur tentative échoue. Résultat : Mussolini place deux divisions aux frontières de l’Autriche pour la protéger face aux « barbares » allemands.
Pas encore assez forts les nazis poursuivent leur politique de temporisation. En février 1934 Hitler donne son accord à un plan de MacDonald autorisant une armée allemande de 200 000 hommes. S’en suit une proposition allemande de limiter le tonnage de sa marine en novembre 1934. En réalité Hitler réarme à tour de bras, mais il ne veut pas être celui qui déclanche la spirale. Ainsi il attend le 16 mars 1935, après le vote de la chambre français d’une prolongation du service militaire et la publication d’un livre blanc britannique justifiant l’augmentation des dépenses militaires, pour, lui aussi, « à contre cœur », instituer le service militaire.
Les négociations de « rapprochement » avec la Grande-Bretagne ne cessent pas. Après l’accord de clearing de novembre 1934, un accord naval est signé le 18 juin 1935. Ainsi Hitler peut dépasser les moment critiques où la faiblesse militaire est trop criante.

Mussolini en position d’arbitre
L’Italie semble devenue une puissance dont il vaut mieux cultiver l’amitié. Mussolini hésite longtemps entre la France et l’Allemagne.
Débarrassé des opposants, emprisonnés ou exilé, et réconcilié avec l’église depuis les accords de Latran en 1929, Mussolini doit encore faire face en 1932-33 à la crise économique et sociale. Il mène une politique de grands travaux, d’assistance sociale et d’encouragement à la natalité. Parallèlement il pratique l’autarcie économique. Toutes les branches de l’économie sont insérées dans un système corporatiste afin d’éviter un désastre commercial et monétaire. On essaye alors de masquer les faiblesses intérieures (1,1 million de chômeurs fin 1933) par des buts expansionnistes sensés assurer la réussite économique. Pratiquement la logique revient à dire : Expansionnisme → conquête territoriales → besoin de forces → « hommes nouveaux ». Mais où faire porter cette volonté expansionniste ? Sur la mediterrannée orientale (ancien empire ottoman, de la Palestine jusqu’au Balkans) ou sur la « corne de l’Afrique » ? Ce qui est sûr c’est qu’il opte pour une politique révisionniste sans laquelle aucune action n’est possible.
Jusqu’en 1934 l’Italie semble s’intéresser aux balkans. Elle dispose déjà d’un « protectorat » sur l’Albanie (traité de Tirana en 1926-27) et mène une politique hostile à la Yougoslavie (revendication de la côte dalmate). Mussolini voudrait profiter des difficultés économiques des Balkans pour s’imposer. Mais c’est d’une part sans compter que lui aussi est en difficulté (baisse de 28% des réserves d’or italiennes depuis 1929) et d’autre part oublier les intérêts que la France et l’Allemagne portent sur la région, respectivement avec la Petite-Entente et le Lebensraum.
Lors de la tentative d’Anschluss Mussolini fais explicitement le choix de l’Afrique pour s’arroger la protection de la France et de la Grande-Bretagne et ainsi éviter que Hitler s’empare de l’Autriche qui est pour l’instant une barrière de protection. La politique de rapprochement entre la France et l’Italie est interrompue par la mort du ministre des affaires étrangère Barthou, victime indirecte de l’attentat perpétré contre le roi Alexandre de Yougoslavie à Marseille par des nationalistes croates aidés de fascistes italiens, le 9 octobre 1934. (Pierre Laval reprend les relations avec le Duce en janvier 1935.)

Les démocraties tentées par l’apaisement

La politique extérieure de Pierre Laval
Pierre Laval est ministre des affaires étrangère de 1934 à 1936. Il se détourne un peu de la politique d’entente avec l’Europe de l’est menée jusqu’à là.
Pendant la durée de ses fonctions on assiste à une résurgence des cartels qui avaient plus ou moins disparus avec la crise de 1929. Début 1933, nouveaux accords de l’Entente internationale de l’acier (EIA) ainsi que d’autre accords sur les quote-parts à l’exportation, sur les comptoirs, ou sur les catégories de produits (Fr, All, B, Lux). 1935 : face au succès rencontré, adhésion de la Grande-Bretagne à ces accords. 1935 : le cartel européen de l’acier est élargi à la Pologne, en 1936 à la Tchécoslovaquie. Laval semble décidé à la conciliation avec les puissances dites fascistes. Dès 1934, Laval dit son « désintéressement » pour la Sarre. Le retour de la Sarre à l’Allemagne après le plébiscite apaise le contentieux franco-allemand. Avec l’Italie la discussion est plus difficile mais finalement Laval est près à payer le prix qu’il faut pour s’attirer le soutien de Mussolini. Lors de leur rencontre en janvier 1935 Laval «laisse les mains libre » à son homologue pour intervenir en Afrique (Abyssine). Les chefs d’état major des deux pays élaborent des accords militaires (jamais signés). Mussolini fixe la date d’intervention en Afrique à l’automne 1935. (NB : les régimes autoritaires ont besoin d’une politiques extérieure expansionniste pour se légitimer)

Les sources de « l’appeasement » britannique
La politique extérieure britannique ne freine pas non plus Mussolini. Octobre 1931 : élection législatives : 56% des voix pour les conservateurs à gouv. d’Union Nationale. Il à 3 principes :
- éviter un affrontement social à l’intérieur car période de tension socialeà le fossé entre riche et pauvres est grand, la relative reprise économique de 1935 ne profite pas à tout le monde à il faut éviter une lutte des classes (remonté des travaillistes aux élections de novembre 1935 : ils passent de 30 à 38%)
- Renforcer la cohésion du Commonwealth et de la zone Sterling.
- Éviter un engagement militaire en Europe où les volontés de changements allemands sont compréhensibles.
Le dernier point est notamment justifié par l’opinion anglaise profondément pacifiste. En 1935 l’Union pour la SDN lance un référendum privé avec 5 questions concernant la SDN : c’est le « peace ballot ». Le résultat est reprit par Baldwin dans sa campagne pour les législatives : « oui à toutes les sanctions, sauf la guerre ». De plus les trois autorités que sont les Foreign Office, le Treasury et les chefs militaires regroupés dans le Commitee of Imperial Defence pensent que la Grande-Bretagne n’a pas les moyens financiers, économiques et militaires pour répondre à une guerre. L’apaisement est le reflet des mentalités et des moyens disponibles.
Il y a aussi des choix qui sont fait : la priorité est donnée à la reprise économique intérieure. Les demandes de crédits des militaires sont repoussés ou amoindries jusqu’en 1935. De plus à partir de 1935 le réarmement est concentré sur l’aviation pour éviter une attaque aérienne allemande et sur la flotte de guerre pour sécuriser les routes maritimes. La préparation d’un corps expéditionnaire pour aider l’Europe continentales est plus ou moins abandonnée : Un nouveau Locarno vaut mieux qu’une entente cordiale renforcée.

La campagne d’Ethiopie (octobre 1935-juin 1936)
La Grande-Bretagne est soucieuse de conserver l’amitié italienne pour freiner l’avancée allemande. Les dirigeants britanniques abandonnent donc leur idée de maintenir un statu quo dans la corne de l’Afrique. Officiellement la Grande-Bretagne dénonce fortement l’attaque de l’Ethiopie le 3 octobre 1935. Mais elle n’est prête à réagir que si la France e la SDN la soutiennent. Finalement aucune sanction militaire n’est prise. On adopte seulement le 11 octobre à Genève un embargo économique vers l’Italie ; mais celui-ci ne touche pas les matières essentielles destinées à la poursuite du combat (fer, acier, pétrole). De plus les États-unis et l’URSS déclarent ne pas tenir compte de l’embargo. à On accepte de laisser tomber l’Ethiopie pourvu que les apparences fussent respectées.
En secret les ministres des Affaires étrangères P. Laval et Samuel Hoare élaborent même en décembre 1935 un plan de partage de l’Ethiopie en zone d’influences économique Italienne, françaises et britanniques. De plus la Grande-Bretagne savait pertinemment qu’elle n’avait pas les moyens de mener une action militaire.
Le 9 mai 1936 le roi d’Italie devient « Empereur d’Ethiopie » et le 4 juillet 1936 la SDN lève les sanctions appliquées à l’Italie.
CSQ : Mussolini abandonne sa politique favorable à un équilibre entre l’Allemagne et le couple franco-britannique + Il se tourne vers Hitler car il a apprécié sa neutralité dans cette affaire. (NB : il lui renvoie l’ascenseur et se garde bien de protester quand celui-ci remilitarise la Rhénanie en mars 1936). In fine il nomme Ciano, conciliant envers l’Allemagne, au ministère des Affaires étrangères le 11 juin 1936.

Les limites économiques du réarmement allemand et le tournant de 1936
Après une période de tâtonnement pendant laquelle il s’agit de relancer l’économie. En septembre 1934 le ministre de l’économie, Schacht, propose un « nouveau plan » pour assurer les bases industrielles de la Wehrwirtschaft réduire les importations et exploiter pleinement les ressources internes. En quatre ans l’Allemagne devait sortir de la crise économique. Dès 1934 la moitié de 6 millions de chômeurs ont retrouvé du travail et la politique de grands travaux (autoroutes, chemins de fer, ports) relance l’économie. Or, malgré l’ingéniosité de Schacht qui maintient une politique des changes stricte, maintient l’autarcie, met en place un système de « speermarks » (ouest) et de troc (est) l’économie allemande se dirige vers l’impasse (le déficit budgétaire double presque entre 1934 et 1936). Il faut trouver une solution à la politique relativement « modérée » de Schacht.
Deux solutions : 1) détendre l’économie de guerre pour relancer le pouvoir d’achat et la consommation des ménage, 2) renforcer encore la Wehrmacht au prix de pénuries pour les civils. En avril 1936 Hitler tranche : se seront «les canons au lieu du beurre ». La politique extérieure du Reich change alors de visage. Non seulement l’économie doit être au service de l’armée mais puisque celle-ci ne suffit pas le territoire doit être agrandi. (Hitler est encouragé par l’exemple de Mussolini)
7 mars 1936 : remilitarisation de la Rhénanie. C’est une initiative personnelle car ces généraux ne le lui conseillent pas. Il gagne le coup de poker car la France ne réagit pas. Certes Sarraut affirme : « Nous ne laisserons pas Strasbourg sous le feu des canons allemands » mais ce ne sont que des paroles. Hitler met à jour la faiblesse française. La puissance militarise est en effet isolée et affaiblie militairement. De toute façon qui à cette époque aurait voulu s’opposer au « fascisme » ? Pour beaucoup d’historien la faiblesse française est le commencement de la fin.

Politiques extérieure et politique intérieures dans les démocraties
Au milieu des années 1930 les faiblesses des démocraties posent la question de la voie à suivre en politique extérieure. Elle prend de plus en plus de place dans le débat politique intérieur. Notamment aux élections législatives (novembre 1935 en Grande-Bretagne, février 1935 en Espagne, mai 1936 en France). Même à l’intérieur des partis il s’opère des séparations quant à la question de savoir quelle attitude adopter vis-à-vis des « fascismes ».
En Grande-Bretagne on assiste à un affrontement dans la presse pour savoir quelles csq tirer de l’échec de la SDN. Le parti libéral et les travaillistes dans l’opposition reviennent sur une position intransigeante contre les fascismes, mais la majorité reste fidèle à l’idée d’une politique isolationniste (non intervention sur le continent) ou d’alliances traditionnelles. La voie des concessions est d’autant plus large que les militaires britanniques sont pessimistes quant à leur force. Le réarmement est essentiellement conçu pour la défense de l’île. On réfléchit même à une alliance avec l’Allemagne. En tout cas lors de la remilitarisation de la Rhénanie en mars 1936 la réaction du Colonel Pownall secrétaire au Comité impériale de Défense est : « Je ne vois pas pourquoi notre pays devrait entrer en guerre parce que quelqu’un a occupé son propre territoire, aussi indécent soit sa manière de le faire. »
En France si Laval est mis en minorité la 22 janvier 1936 c’est certes pour sa politique déflationniste menée contre les fonctionnaires, mais le poids des questions de politique extérieure grandi aussi. On distingue trois positions qui ne recoupent pas les clivages politiques traditionnels :
- Les partisans d’un régime politique autoritaire (version française du fascisme) qui sont prêt à une alliance avec Rome et Berlin quitte à se payer sur l’URSS. Ils sont conscients que la France, vu ses faiblesses, ne peut plus être le gendarme dans l’Europe de l’Est. Cette position est soutenue à droite par P. Laval, A. Tardieu ou Pierre-Etienne Flandrin. Elle intéresse une minorité du parti radical autour de Emile Roche, Joseph Caillaux et Georges Bonnet (sans la remise en question du régime)
- Les défenseurs d’un pacifisme fondé sur la sécurité collective et sur le désarmement (SDN). Il pensent que seule la SDN peut concilier les aspiration françaises à la sécurité et au désarmement. La gauche et la majorité du parti radical suivent cette option. (Mais une fois au pouvoir Herriot, Daladier ou même Blum admettent la nécessité de réarmer)
- Un troisième groupe très hétérogène veut clairement s’opposer à Hitler. Il comprend, à droite Louis Barthou, Paul Reynaud, Luchaire ou le journaliste Henri de Kérillis ; à gauche Pierre Cot, Jean Zay. Or pour eux le choix des alliance était restreint : la Grande-Bretagne se maintenait dans sa position isolée et une alliance avec l’URSS était problématique.
En effet une telle alliance pour peux qu’elle est signée par un homme politique de gauche est taxée de pacte avec le diable. Les militaires aussi sont divisés sur la question. En septembre 1935 le général Loizeau rentre de Moscou favorable à un accord. Mais les généraux Colson et Gamelin sont d’un autre avis (notamment favorable à une alliance avec l’Italie). Dès lors le pacte d’assistance mutuelle signé le 2 mai 1935 à Paris par Laval et Potemkine et sans réelle valeur, faute de majorité pour le soutenir. Il a tout de même un avantage : le changement de position des communistes français qui soutiennent à partir de là la politique « belliciste » (≠ sabotage de l’armée). Mais cet accord va être repris par les uns et les autre comme moyen de propagande. L’Allemagne prend le prétexte de l’encerclement pour justifier la remilitarisation de la Rhénanie. Et la droite française pour discréditer le Front Populaire.
En Belgique aussi les divisions internes sont criantes. Le 6 mars 1936 le gouvernement belge décide d’abandonner sa politique d’amitié franco-britannique pour une position de neutralité totale calculant sur le fait que la passivité face aux puissances fasciste sera payante.

Les début de la guerre d’Espagne
[...]


Chapitre IX
La course vers la nouvelle guerre civile européenne (1937-39)

Les égoïsmes des nouveaux mondes : URSS, Etats-Unis

La stratégie stalinienne
Staline décide en 1928 de quitter la NEP pour foncer vers l’industrialisation de la Russie soviétique au détriment de la campagne. Le plan qui se prépare en 1927-28 exclu un recours à des capitaux étrangers mais opte pour l’exportation de matière première à grande échelle pour pouvoir importer des machines et de l’équipement. Des accord commerciaux dans se sens sont signés en avril 1930 avec la Grande-Bretagne, en avril 1931 avec l’Allemagne, avec l’Italie en août 1931.
Un autre élément qui doit servir à financer cette industrialisation à grande vitesse : la richesse des paysans. Les koulaks sont présentés comme des paysans enrichis, ennemis de la révolution. Les campagnes de dékoulakisation débutent avec le premier plan quinquennal en 1929-30.
Mais puisque l’on fournit un effort à l’intérieur il ne faut pas risquer de se voir engagé dans un conflit à l’extérieur. Le slogan « classe contre classe » adopté lors du 6ème Congrès du Komintern empêche les PC de s’allier à des Fronts Populaire ce qui évite en même temps l’URSS de devoir se lier à un quelconque pays.

La tactique stalinienne
Pendant les années 1920 l’URSS s’était rapprochée de l’Allemagne par une volonté de révision du traité de Versailles. Leurs relations politique et économiques sont cordiales. Encore en 1931 un nouvel accord germano-soviétique vient conforter cette entente. Mais avec la venue qu pouvoir d’Hitler et l’accélération du réarmement allemand il s’agit de se méfier un peu plus. L’URSS multiplie les signes de rapprochement avec les autre pays de l’Europe de l’Est. En 1933-34 beaucoup de pays dont les Etats-Unis reconnaissent le régime soviétique. Staline propose une convention de défense mutuelle à la France, la Belgique, la Pologne, la Tchécoslovaquie et les Etats Baltes.
En décembre 1933 le comité central du PCUS avait en effet admit le principe de la signature de pactes de défense mutuelle et même une éventuelle entrée dans la SDN. Voilà comment Staline compte maintenir la paix en 1933-1935.

Vers le front anti-fasciste ?
L’URSS entre à la SDN en septembre 1934.Lors du 7ème Congrès du Komintern En août 1935 une nouvelle stratégie est définie, le rapprochement avec les autres parti de gauche est maintenant possible afin de former des fronts anti-fascistes. On a déjà vu la tentative de rapprochement avec la France. Mais face aux coups de forces des régimes autoritaires et à la passivité des démocraties l’URSS semble toujours menacée.
S’ouvre alors en 1936 une grande vague d’épuration et d’arrestations en 1936-37.

La neutralité payante
Dès lors la tactique soviétique évolue sur deux plans. D’un coté face aux agressions nazies et japonaise l’URSS participe à toutes les organisation de défenses susceptibles d’enrayer les empiètement à condition toute fois d’être assuré de faire partie d’un mouvement généralisé. Car en effet d’un autre côté l’URSS évite tout geste de déclaration officielle qui susciterait un prétexte d’action de la part des pays fascistes.
Or plus le temps passe et plus la faiblesse des démocraties se fait jour. En Chine l’attaque du Japon en juillet 1937 n’entraîne que de molles réactions. L’Anschluss en mars1938 est accepté sans broncher et la conférence de Munich marque le sommet du « défaitisme » des démocraties. De plus l’URSS est de plus en plus inquiète face au Japon. En juillet août 1938 une guerre localisé avec les forces nipponnes a lieu en Corée. En mai-août 1939 un autre affrontement a lieu en Mongolie-Mandchourie. Comme en Espagne Staline est prêt à aider ceux qui luttent en évitant toute fois de se faire engager dans un conflit. Moscou à en fait peur de se voir attaquée sur deux fronts. Lors du 19ème Congrès du PCUS en mars 1939 une nouvelle ligne est perceptible : l’URSS n’ira pas « tirer les marrons du feu » à la place des démocratie. Le 3 mai 1939 Litvinov, qui était favorable à un rapprochement avec les démocraties, est remplacé, au ministère des Affaires étrangères, par Molotov. Moscou initie une nouvelle politique illustrée par les négociations commerciale qu’elle entreprend alors avec l’Allemagne. Un retour à Rapallo est possible, tout dépend de Hitler.

L’isolationnisme de l’Amérique rooseveltienne
L’égoïsme sacré se manifeste aussi aux Etats-Unis. Pendant les années 1930 les Américain font preuve d’un isolationnisme inégalé. Ils sont peu conscient de la responsabilité qui leur in combe et se conduise comme une puissance régionale à l’échelle de leur continent. Face à la crise Roosevelt à le choix : soit comme Cordel Hull (secrétaire d’état) il relance la machine économique par une concertation internationale ; soit comme le lui conseille son conseillé Raymond Moley il opte pour la ligne « nationale » selon laquelle les Etats-Unis se débrouillent seul et sans se soucier des autres pour résorber la crise. C’est la deuxième solution qui est choisie. Elle est appuyée par
- le Congrès dont les élus sont soucieux de répondre aux intérêts de leurs électeurs (fermiers du Middle-west, cotonniers, métallurgistes).
- Le Sénat le enquête en 1934 sur le rôle de l’industrie de l’armement dans l’entrée en guerre de 1917 à nombreux procès de banquiers et de marchand de canons.
- Loi Johnson de 1934, interdisant tout prêt à un pays qui n’a pas au préalable remboursé toute ses dettes.
Alors que le pacifisme des années1920 semblait être motivé par un non retour à la guerre, celui des années 1930 semble trouver sa légitimité dans l’isolationnisme.
De plus les problèmes européens semblent très éloignés :
- Certaine minorité soutiennent leurs pays (Italiens, Allemands)
- Accueil en héros de Charles Lindbergh
- L’arrivée de réfugiés politique ou raciaux émeut les intellectuels mais ne touche que peu la masse.
- Roosevelt est avant tout préoccupé par la politique intérieure.

Neutres, sauf en Amérique latine
Même si le Président Roosevelt pourrait se permettre une politique extérieur après son triomphale réélection de 1936 il préfère laisser sa majorité adopter une série de lois de neutralités.
- Première loi de neutralité (31 août 1935) : embargo complet sur les ventes d’armes à tout Etat, agresseur ou agressé.
- Seconde loi de neutralité (1er mai 1937) : guerre civile et guerre traditionnelle sont assimilées à pas de vente d’armes à l’Espagne.
- Loi de Cash and carry : toutefois les transactions étaient autorisées pour la vente de produits d’approvisionnement (matières premières, pétrole) pourvu que l’acheteur paye comptant (cash) et qu’il transporte lui-même les marchandises dans son pays (carry).
- Janvier 1936 : loi interdisant tout prêt à un Etat belligérant.
àToute les précaution semblent prise pour éviter un engagement militaire.
Sur le continent américain la logique est autre. Roosevelt veut poursuivre la politique de bon voisinage amorcée par Hoover (mais là aussi c’est pour éviter tout risque de conflit). Le rapprochement sera basé sur deux innovation : en Amérique centrale, le retrait des « marines » et en Amérique latine, le recours aux conférences inter-américaine pour régler les litiges (non intervention étasunienne). Et effectivement l’armée américaine se retire du Nicaragua en 1933 puis de Haïti. En ce qui concèrne Cuba, le Congrès annule le symbolique amendement Platt un traité américano-cubain permet juste le maintien de la base de Guantanamo.
Si lors de la conférence panaméricaine de Montevideo en décembre 1933 la méfiance se sent encore et l’adoption d’un projet d’accord commercial de libre-échange échoue, en décembre 1938 la conférence de Lima montre la solidarité des Etats américains qui décide de s’aider mutuellement si l’uns d’entre eux se voyait agressé.

Assurer la sécurité
Même si dès sont arrivée au pouvoir Roosevelt montre son intérêt pour la stratégie maritime (il fut secrétaire d’Ettat à la marine), au milieu des années 1930 la flotte américaine n’avait pas atteint les plafond fixés par les conférences de Washington en 1922 et de Londres en 1930.
La menace japonaise et les accords navals passés entre la Grande-Bretagne et le Reich en juin 1935 incitent à la prudence. Dès le printemps 1936 demande un gros effort dans le but de renforcer la flotte de guerre. Au début de l’année 1938 il obtient un milliard de dollars de la part du Congrès auxquels s’ajoutent encore un demi milliard après la conférence de Munich.
(La récession de 1937-38 peut aussi expliquer l’intérêt porté au réarmement).

L’apaisement à l’américaine
Pourquoi les Etats-Unis devraient-ils intervenir pour soutenir une France décadente et injuste par sa volonté de maintenir l’ordre de Versailles ? Et pourquoi aider la Grande-Bretagne qui fait de l’ombre au commerce américain en n’ouvrant pas son empire ? Enfin la situation économique des Etats-Unis à l’échelle mondiale s’est un peu dégradé depuis 1929. (Pour cela, création de l’Export Import Bank en 1934 en vue d’aider l’expansion commerciale yankee)
Répartition du commerce mondial en 1935 :
Europe : 50% des exportations mondiales et 55% des importations mondiales
Amérique latine : 8% du commerce mondial
Asie : 15% du commerce mondial
Amérique du Nord : 17% des exportations mondiales et 13% des importations mondiales

Volonté de maintenir la paix par l’entente économique mondiale et la réforme de la SDN. Echec.

De crise en apaisements (1938-1939)

1937 : Les choix silencieux
Après 1936, l’année 1937 apparaît comme un moment de répit. Certes la guerre civile en Espagne continue. Mais si le coût humain est élevé la menace de « dérapage » du conflit reste minime. Après la conférence de Nyon Mussolini qui est peut-être le plus intéressé dans un e action directe renonce à la piraterie dans la Méditerranée. Hitler non plus ne veut pas s’engager pour lui il s’agit plutôt d’une « répétition générale ». La guerre d’Espagne est le théâtre de l’affrontement des idéologies, c’est plus un symbole qu’un véritable enjeu dans les stratégies des puissances européennes. (Illustration par les deux immenses pavillons allemand et soviétique qui se font face à l’exposition universelle de Paris au printemps 1937.)
Quels sont alors les buts de Hitler. Il les exposes lors d’une réunion organisée par le colonel Hossbach le 10 novembre 1937 : Vu que l’autarcie devient problématique et que un rapprochement des démocraties est exclu. Vu que la France et la Grande-Bretagne ne tolérerons pas très longtemps la prédominance allemande en Europe. Il faut continuer la politique de réarmement et prévoir un conflit armé. Cette conférence marque la fin de la politique de prudence. Hitler annonce la nécessité d’édifier par la violence un espace vital sur le continent européen, et révèle à ses généraux ses plans d’annexion. Il fixe la guerre au plus tard en 43-45.
La France est affaiblie et ne peut vraiment gêner Hitler. Chautemps Bonnet et Flandrin ne sont même pas forcement opposés à l’expansion allemande à l’Est. Le problème des relation avec le Royaume-Uni est plus complexe. Von Neurath veut s’en rapprocher alors que Ribbentrop prône une politique plu s radicale. Lord Halifax (ministre des Affaires étrangères) se montre conciliant lors de sa visite à Berlin en novembre 1937. Finalement le 4 février 1938 Hitler choisi von Ribbentrop comme ministre des Affaire étrangères. Alea jacta est. L’Anschluss, début 1938, constitue un bon « test » de la réactivité franco-britannique et puis les gains potentiel valent bien les risques encouru.
Les raisons de l’ « apeasment » :
- Pessimisme des chef militaires : un large accord se dégage des décideurs pour préconiser une stratégie défensive et sans intervention sur le continent.
- Dirigeants politiques acquis à l’ « apeasment » (Antony Eden secrétaire au Foreign Office depuis 1935, remplacé par lord Halifax en février 1938 ; Chamberlain)
- Intérêt économique de la relation avec l’Allemagne : l’Allemagne est un des principaux partenaires économique de la Grande-Bretagne (accords sur les ventes de charbon 13 avril 1933, sur les dettes allemandes, 25 juin 1934, sur le commerce, 1er novembre 1934, reconfirmés en juillet 1938)
La stratégie anglaise repose sur le fait que, divisés entre « modérés » et « fanatiques » l’Allemagne s’assagira si on mène une politique conciliante envers elle. Mais c’était se baser sur une vision erronée de l’hitlérisme et sur une mauvaise interprétation du seuil à partir duquel l’apaisement devient un leurre.
La reconstitution des empires centraux sous domination allemande

Anschluss 13 mars 1938, grignotage de la Tchécoslovaquie septembre-octobre 1938, absorption le 15 mars 1939 + Proximité avec la Hongrie du Général Horthy dont les vue sur la Roumanie oblige cette dernière à signer un accord avec Berlin le 23 mars 1939 à l’alliance de 1914 est à nouveau sur pieds.

L’Anschluss :
- Début 1938 la voie est libre (accord de Mussolini, apaisement britannique certain)
- Faiblesse française : le gouvernement Chautemps est en difficulté il démissionne le 9 mars
- Schuschnigg est isolé parmi des dirigeants favorables au rattachement.
- 12 février : Hitler convoque Schuschnigg et lui ordonne de modifier le gouvernement et d’y faire entrer le chef du parti nazi autrichien Seyss-Inquart.
- Schuschnigg veut organiser un référendum sur l’indépendance autrichienne
- 11 mars : Hitler contraint Schuschnigg de se retirer au profit de Seyss-Inquart
- 13 mars : deux lois, l’une allemande, l’autre autrichienne consacrent juridiquement l’annexion.
- 10 avril : plébiscite ratifiant le coup de force à 97% des voix.

Crise tchécoslovaque :
[…]

Le « chef-d’œuvre de l’apaisement », la conférence de Munich
[…]

1939 : l’année des doubles jeux
Les accords de Munich ont aboutis à deux résultats :
1) le triomphe de le la direction nazie, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. En Allemagne l’opposition est en effet muselée, incapable de contredire un chef qui réalise les souhaits allemands. Les personnes « indésirables » sont éliminées (nuit de cristal du 9 au 10 novembre 1938). La mentalité collective suit à présent totalement Hitler. A l’extérieur chacun se presse pour rallier l’Allemagne. Certains se servent de son appuis pour accéder à leurs revendications. Ainsi la Tchécoslovaquie cède Teschen à la Pologne le 2 octobre 1938 et la Hongrie récupère une bonne partie de la Slovaquie le 2 novembre 1938. La Yougoslavie de son côté accepte le principe de la « porte ouverte » pour le commerce allemand. En Espagne Franco accepte d’augmenter les concessions faites aux Allemands sur le terrain industriel-minier afin d’obtenir un renforcement de l’aide militaire. La légion Kondor joue un rôle important lors de la bataille décisive de Catalogne au début 1939. Et lorsque la guerre se termine en mars 1939 Franco signe directement le pacte anti-Komintern. En février la Hongrie avait fait de même.
2) La France est définitivement abaissée aux yeux de ses habitants mais aussi des étrangers.